Lettres: L'après-référendum

Il y a un élément dont la vérificatrice générale ne pouvait rendre compte dans son rapport puisqu'il sort du contexte d'une vérification comptable. Il s'agit de l'état d'esprit qui régnait au Canada anglais après le référendum de 1995 et de ses impacts sur la gouverne de l'appareil fédéral. À cette époque, tout semblait bon pour sauver le Canada. Au nom de cette guerre sainte, l'objectivité journalistique, le respect des droits individuels et l'intégrité intellectuelle ont tous été mis de côté sans aucune retenue.

Dans ce contexte, il est facile d'imaginer que plusieurs personnes ont cru pouvoir se livrer à tous les excès en toute immunité. On sauvait le Canada du péril séparatiste. Ce n'était pas un contexte ordinaire.

Aujourd'hui, certains médias de langue anglaise laissent entendre que le scandale des commandites n'est pas surprenant puisque telle est la façon québécoise de faire de la politique. Il serait utile de leur rappeler qu'ils ont activement participé à la création d'un climat propice aux glissements décrits par la vérificatrice générale. Pouvons-nous espérer que le Canada anglais reconnaisse que ses emportements postréférendaires sont en partie responsables de la situation actuelle? Était bon patriote du Canada celui qui ne reculait devant rien pour mater les séparatistes. Exprimer la moindre réserve sur les actions à entreprendre aurait été perçu comme un acte de trahison. J'ose espérer que les scandales qui viennent d'être dévoilés appelleront une réflexion plus large que celle qui a concouru à justifier les comportements aujourd'hui décriés.