Lettres: Un petit conseil

M. Martin, l'«affaire» des commandites vous embarrasse et, si on se fie à l'ardeur de vos adversaires, elle est loin d'être terminée. Je crois sincèrement que la meilleure façon de vous en sortir est de dire la vérité.

Avouez simplement: «Il est vrai que les membres du cabinet savaient — ou du moins soupçonnaient — qu'il y avait des tractations irrégulières dans le secteur des commandites; personne n'osait cependant en parler, par crainte de déplaire au grand patron, M. Chrétien, un grand ami du ministre Gagliano.»

Ainsi, M. Martin, vous feriez d'une pierre trois coups: vous donneriez l'image d'un politicien capable de dire la vérité (ce qui est rare, de nos jours!); vous empêcheriez vos adversaires de continuer à vous harceler et, ce qui n'est pas négligeable, vous retourneriez à votre «ami», M. Chrétien, l'une de ses gentillesses qu'il vous a manifestées en vous envoyant sur le banc des simples députés.