Lettres: Commandites, vivement la commission

La population canadienne a le droit de savoir tout ce qui s'est tramé dans l'affaire des commandites. Si des têtes doivent tomber, qu'elles tombent. Notre pays et notre démocratie ne s'en porteront que mieux. Cela, M. Martin l'a vite compris, et c'est sans hésitation qu'il a pris les mesures qui s'imposent.

M. Martin a choisi la clarté afin que toute l'histoire sur cette affaire soit mise au jour et que cessent l'obscurantisme et les complots. [...] En nommant un juge qui présidera une commission d'enquête et en désignant un avocat-conseil externe chargé de récupérer les sommes accaparées honteusement (le mot est faible), le gouvernement Martin n'a pas lésiné sur les moyens pour que la lumière soit faite. En cela, nous ne pouvons que l'en féliciter.

Le dépôt du rapport a été retardé jusqu'au 10 février dernier puisque l'ex- premier ministre, qui avait annoncé de longue date son départ pour le mois de février 2004, s'est ravisé pour partir en novembre 2003, évitant ainsi de répondre au rapport en sa qualité de premier ministre.

M. Martin aurait pu, après son assermentation, ne pas convoquer la Chambre et déclencher immédiatement des élections, voire ne le faire qu'au mois de janvier, reportant ainsi aux calendes grecques le dépôt du rapport. Non. En sa qualité de chef d'État, il n'a pas hésité à assumer ses responsabilités. [...] Un autre aurait pu les éluder. On ne peut donc pas mettre en doute l'intégrité et la sincérité du premier ministre actuel.

Pourtant, pour l'opposition, les mesures annoncées ne sont pas suffisantes. Se peut-il que les partis d'opposition en profitent pour augmenter leur capital politique? L'acharnement avec lequel l'opposition martèle le premier ministre de questions afin de tenter, en vain, de miner son intégrité, sa crédibilité, en cette année possible d'élections, peut le laisser croire. Cette question mérite d'être soulevée. L'opposition ferait oeuvre plus utile si elle demandait à connaître le mandat du juge qui présidera l'enquête.

L'affaire des commandites est trop importante pour la laisser aux seules mains de politiciens. Vivement le début de la commission d'enquête. Que les témoins y défilent. Que la vérité soit entendue et les fraudeurs démasqués.