Le Vieux-Montréal, patrimoine mondial?

Il serait très pertinent d’amorcer du moins une réflexion sur la question de savoir si le Vieux-Montréal pourrait bénéficier également du statut de site culturel du patrimoine mondial.
Photo: iStock Il serait très pertinent d’amorcer du moins une réflexion sur la question de savoir si le Vieux-Montréal pourrait bénéficier également du statut de site culturel du patrimoine mondial.

Le 17 juillet dernier, l’UNESCO a nommé la pointe Mistaken site naturel du patrimoine mondial. Cette nomination permet à Terre-Neuve-et-Labrador de bénéficier d’un quatrième site du patrimoine mondial. Et permet à cette province de posséder désormais deux fois plus de sites reconnus que le Québec.

À ce jour, le seul lieu au Québec qui est classé site culturel du patrimoine mondial est l’arrondissement du Vieux-Québec. Le parc de la Miguasha, en Gaspésie, est considéré quant à lui comme un site naturel du patrimoine mondial.

Montréal comme coeur économique du Québec peut faire des efforts pour la préservation de son patrimoine bâti et son 375e anniversaire peut également nous offrir l’occasion de poser des gestes forts pour le rayonnement de la ville.

Il serait très pertinent d’amorcer du moins une réflexion sur la question de savoir si le Vieux-Montréal pourrait bénéficier également du statut de site culturel du patrimoine mondial. Comme noyau historique de la ville, il s’agit d’un site de grand potentiel. Considérant que c’est un quartier aux limites juridiques et historiques claires, cela rend l’élaboration d’une proposition à l’UNESCO plus facile.

Si le canal Rideau à Ottawa et le Vieux-Lunenburg en Nouvelle-Écosse sont considérés également comme des sites culturels du patrimoine mondial, le Vieux-Montréal peut constituer un sérieux candidat.

Inscrire un lieu comme site du patrimoine mondial n’est pas une démarche qui se fait rapidement. Ce processus d’inscription se fait en plusieurs étapes et nécessite un engagement ferme de l’État ayant le site en plus d’une volonté politique claire de tous les ordres de gouvernement.

La première étape de ce processus serait d’inscrire le Vieux-Montréal sur la liste indicative des biens culturels importants du Canada. Tout État ayant signé la convention du patrimoine mondial possède une liste indicative nationale par laquelle il indique à l’UNESCO les sites culturels ou naturels qui peuvent potentiellement être soumis pour devenir des sites du patrimoine mondial. En 2017, dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, le gouvernement fédéral poserait un geste clair et fort pour la défense du patrimoine montréalais en inscrivant le Vieux-Montréal sur la liste indicative nationale.

On ne peut tenir le patrimoine culturel et bâti pour acquis, il faut comme société constamment se porter à sa défense et en prendre soin, car lorsqu’il est détruit, c’est une partie de notre histoire et de nous-mêmes qui s’en vont ainsi.

Un site du patrimoine mondial est prestigieux et constitue un atout pour une ville. Cette reconnaissance accroîtrait l’envergure de Montréal sur la scène mondiale et lui permettrait de faire partie du groupe très restreint des villes en Amérique du Nord ayant un site aussi réputé. De plus, cette classification encouragerait la protection de ce joyau de la métropole que nous devons continuer d’embellir. Le Québec est mûr pour se donner son troisième site du patrimoine mondial.

7 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 23 juillet 2016 03 h 24

    Attention Maître Jacques...

    "Le Québec est mûr pour se donner son troisième site du patrimoine mondial" ?
    Oui, pouquoi pas après tout ?
    Mais attention Maître Jacques, en consacrant du temps à cette cause, sans le vouloir, vous pourriez participer ainsi à convaincre que le site en question devrait être le bureau de Glibert Rozon plutôt que le Vieux-Montréal lui-même, tant ses succès commerciaux deviennent la solution universelle rêvée à tous nos maux contemporains...

    Tourlou !
    Et mes salutations les plus républicaines, Monsieur.

    • Gilles Théberge - Abonné 23 juillet 2016 12 h 23

      Gilbert Rozon......

      Il faut que ce soit bilingue!

      C'est compatible ou non avec l'Histoire de Montréal?

    • Hélène Paulette - Abonnée 23 juillet 2016 13 h 06

      Ouch! Ça fait mal...

    • Yves Côté - Abonné 24 juillet 2016 10 h 30

      Madame Paulette, ne dit-on pas que parfois, la douleur peut arriver à nous réveiller ?

      Mes amitiés républicaines, Madame.

  • Daniel Lemieux - Abonné 23 juillet 2016 21 h 19

    Un site « de grand potentiel »

    Il faudrait d'abord dépolluer les lieux de tous ces commerçants bas de gamme qui ne font que de l'exploitation touristique dans cet environnement patrimonial.

  • Denis Tremblay - Inscrit 24 juillet 2016 10 h 39

    Rapport d'un comité d'experts, 2003

    Une telle réflexion a déjà été entreprise de 2001 à 2003, par la Société de développement de Montréal. La présentation en est faite sur le site web du Vieux-Montréal à cette adresse : http://www.vieux.montreal.qc.ca/plaque/index.htm et le rapport est disponible en format PDF à cette adresse http://www.vieux.montreal.qc.ca/plaque/horizon/ima

    Les personnes suivantes formaient le comité de travail :

    Le groupe de travail, qui s’est réuni durant la deuxième moitié de l’année 2001, était composé des personnes suivantes.

    Sylvie Blais, historienne de l'art,
    ministère de la Culture et des Communications du Québec, Direction de Montréal

    Dinu Bumbaru, diplômé en architecture et en conservation,
    directeur des programmes d'Héritage Montréal

    Anne Marie Collins, muséologue,
    Société de développement de Montréal,
    présidente du comité

    Yvon Desloges, historien,
    Agence Parcs Canada, centre de services de Québec

    Jacques Des Rochers, historien de l'art,
    consultant en patrimoine et en aménagement

    Jean-François Gravel, architecte,
    Service du développement économique et urbain
    de la Ville de Montréal

    David B. Hanna, géographe,
    professeur à l'Université du Québec à Montréal

    Gilles Lauzon, historien et bachelier en architecture,
    Société de développement de Montréal,
    secrétaire du comité

    Jean-Claude Robert, historien,
    professeur à l'Université du Québec à Montréal
    et directeur du département d'histoire

    Brian Young, historien,
    professeur à l'Université McGill

    Le groupe de travail a été mis en place à l'instigation de
    Gilles Morel,
    de la Société de développement de Montréal