Lettres: Le gros bon sens

Hier, nous avions la technologie pour envoyer un homme sur la Lune; aujourd'hui, nous avons celle d'établir une station d'exploitation sur la planète Mars, mais nous n'avons pas encore la capacité de contrôler nos bandes criminelles ou de nourrir les affamés. Il y a 700 ans, nos ancêtres bâtissaient des cathédrales de pierre d'une beauté inégalée mais étaient incapables de contrôler leur criminalité ou de nourrir leurs affamés. Il y a 3000 ans de cela, nos lointains aïeuls bâtissaient des pyramides mais le monde d'alors connaissait aussi la violence et la faim. Il semble donc que les humains ont le même problème depuis longtemps.

Le comportement passé étant garant du comportement futur, il est donc facile de prédire d'une part que la faim, la violence, l'injustice et l'exploitation ne disparaîtront jamais de cette terre et, d'autre part, que des colonies d'extraterrestres vivront d'ici 30 ans sur la Lune, Mars ou sur d'autres satellites du système solaire.

Demain, nous aurons une technologie aujourd'hui impensable et pourtant, nos petits-enfants connaîtront eux aussi les gangs de rues, l'insécurité, la faim et la misère. On entendait souvent dire, comme un acte de foi, que la technologie de l'an 2000 réglerait tous les problèmes de l'Humanité. [...]

Morale de cette histoire: la plus grande réalisation humaine n'est pas la conquête de l'espace interplanétaire ou celle des espaces génétiques. Le plus grand exploit qu'un être humain puisse réaliser dans une vie n'est pas le record olympique, le prix Nobel ou l'intronisation au temple de la renommée des étoiles de rue mais bien l'acquisition du gros bon sens, valeur également connue sous le nom de sagesse. Il serait peut-être temps de chercher cet invisible désirable et d'en faire le sujet d'une émission de télé-réalité.