Les quatre legs des Jeux olympiques de 1976

Parmi les legs des Jeux olympiques de Montréal, il y a d’abord le stade lui-même, dont la conception architecturale suscite l’envie et la convoitise à l’échelle internationale.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Parmi les legs des Jeux olympiques de Montréal, il y a d’abord le stade lui-même, dont la conception architecturale suscite l’envie et la convoitise à l’échelle internationale.

Du 17 juillet au 1er août 1976, Montréal a été l’hôte des Jeux de la XXIe olympiade. Montréal allait enfin inscrire son nom dans le club très sélect des villes olympiques. L’événement n’était pas exactement prématuré, puisque depuis 1932 des efforts avaient été faits en ce sens.

Cela fait donc 40 ans, en ce mois de juillet 2016, que Montréal réalisait cet exploit de tenir des Jeux olympiques. Tout de cet événement est grandiose : 6084 athlètes provenant de 94 nations, 3 195 170 spectateurs et 1 milliard de téléspectateurs. Le stade lui-même, dont les coûts de construction se sont élevés à 998 millions de dollars, participe de ce mouvement avec ses 250 mètres de large par 350 mètres de long, ses 34 consoles et ses 77 000 sièges à l’origine.

On pourra d’ailleurs parcourir avec intérêt, et ce, jusqu’au 30 septembre prochain, l’exposition Les bâtisseurs des Jeux olympiques de Montréal présentée à la Maison de la culture Maisonneuve. D’entrée de jeu, l’exposition indique aux visiteurs combien la construction du stade a été marquée par l’ambition et la grandeur : « Pour accueillir les plus grands athlètes du monde, pas moins de 27 sites de compétition et 41 lieux d’entraînement doivent être aménagés. Pendant un peu plus de trois ans, des infrastructures sortent de terre et prennent forme, d’autres se modernisent. Au-delà de 80 000 personnes — architectes, contremaîtres, ingénieurs, gestionnaires, ouvriers et employés municipaux — travaillent sur les divers chantiers du Québec et de l’Ontario. »

Que ce soit à titre de député, de maire d’arrondissement d’Hochelaga-Maisonneuve ou de membre du Comité-conseil sur l’avenir du Parc olympique, j’ai été un témoin privilégié de l’évolution des débats entourant le Stade olympique et le devenir du pôle Maisonneuve. Je suis d’avis que la XXIe olympiade et le stade qui l’a si merveilleusement bien incarnée laissent aux Montréalais quatre legs qu’ils auraient tort d’ignorer.

Le stade et les événements sportifs

Il y a d’abord le stade lui-même, dont la conception architecturale suscite l’envie et la convoitise à l’échelle internationale. Le stade est associé dans l’histoire montréalaise à une puissance symbolique événementielle ; les Expos, la Saint-Jean, Pink Floyd, le combat Duran-Léonard, la canonisation du frère André, Diane Dufresne, Genesis, Jean Paul II et la colombe de Céline Dion, Madonna, l’opéra Aïda, les salons de l’auto et de l’habitation et les Outgames n’en sont que quelques exemples.

Le Stade olympique se classe, selon une étude de l’UQAM réalisée en 2011, au premier rang des symboles qui représentent le mieux Montréal à l’étranger, suivi de la Biosphère, du casino, de la basilique Notre-Dame et de l’oratoire Saint-Joseph.

Le deuxième legs est lié au thème du sport et des événements sportifs. Les Jeux olympiques de 1976 ont permis de mieux faire connaître des disciplines telles que la gymnastique, l’athlétisme et le volleyball, qui ont toutes connu un véritable essor après les Jeux.

Les installations sportives sont encore bien présentes dans le quadrilatère du Parc olympique, avec le Centre sportif du Parc olympique, les piscines et bassins olympiques, le Centre Pierre-Charbonneau, l’aréna Maurice-Richard et le stade Saputo.

Le Centre sportif a un statut particulier puisqu’il est une véritable interface entre le Parc olympique et la population. En 2011-2012, 60 % des abonnés proviennent de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et Rosemont-La Petite-Patrie. Une équipe d’entraîneurs professionnels, dont Émile Dorego, Louise Giroux, Chantal Rouleau, Karl Levesque, Jacques Trépanier, Christina Perroné, Karine Legendre, Christian Lapierre et Mathieu Thériault-Proulx, a développé une relation privilégiée avec les populations riveraines du Parc olympique.

Le Centre sportif est un véritable incubateur d’athlètes québécois. À l’occasion des deux derniers Jeux olympiques d’été, plusieurs médailles ont été remportées par des athlètes s’entraînant au Centre sportif. En effet, nous n’avons qu’à penser à Alexandre Despatie, à Émilie Heymans, à Jennifer Abel, à Roseline Filion et à Meaghan Benfeito.

Vie de quartier, tourisme et emplois

Le troisième legs appelle l’analyse du lien fonctionnel qui existe entre le Parc olympique et sa communauté d’insertion, le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Pensons, notamment, au leadership de Pierre Bibeau et de ses successeurs, dont David Heurtel et Michel Labrecque, qui se posent en véritables alliés du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Des liens de coopération sont établis entre les élus, les décideurs, la population et la direction du Parc olympique. Il s’est agi d’abord d’intégrer Hochelaga-Maisonneuve dans le circuit touristique du pôle Maisonneuve, au premier chef le Château Dufresne-Nincheri. Soulignons le choix du Bistro In Vivo, entreprise d’économie sociale, comme responsable de la gestion du café-terrasse au stade. Fait notable, depuis 2012, plusieurs navettes de vélo offrent un lien entre le quartier et le Stade olympique, une initiative du Carrefour Jeunesse Emploi Hochelaga-Maisonneuve, connu sous le nom de Vélopousse. Finalement, Michel Labrecque, actuel p.-d.g. du Parc olympique, est très engagé dans le verdissement de la rue Pierre-de-Coubertin, ce qu’avait appelé de tous ses voeux le rapport Bissonnette.

Le quatrième legs est la présence du Parc olympique comme vecteur d’achalandage touristique et de développement économique. Comment pourrait-il en être autrement avec ses 1035 emplois directs et indirects, la présence de plus d’un million de visiteurs par année et son rôle comme plus grand centre d’exposition du Québec ?

En cette année du 40e anniversaire des Jeux olympiques à Montréal, soyons fiers de notre Parc olympique et disons un immense merci à ses bâtisseurs.

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5 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 9 juillet 2016 07 h 23

    Enrichissons notre vocabulaire

    Dithyrambe :
    Louange enthousiaste et souvent excessive.

    • Pierre Robineault - Abonné 9 juillet 2016 14 h 24

      Ce qui se devait d'être dit!
      Merci, monsieur Dugal!

  • Sylvain Auclair - Abonné 9 juillet 2016 08 h 08

    94 nations?

    Comment connaissez-vous les nations dont faisaient partie les sportifs? Ne serait-ce pas plutôt 94 pays?

    Et il y avait bien moins de 6000 athlètes. L'athlétisme n'était qu'une des 21 disciplines. En plus des athlètes, il y avait des cyclistes, des boxeurs, de plongeurs, des nageurs et ainsi de suite.

  • Yves Côté - Abonné 9 juillet 2016 13 h 17

    Nadia et Alexandre...

    Mais aussi, combien de carrières d'éducateurs et d'éducatrices physiques, d'entraîneurs, de cadres administratifs, etc. ont-elles été déterminées chez nous des suites des Jeux de Montréal ?
    Surtout que pour les motiver à "Aller jouer dehors !" eux et surtout leurs enfants, les Québécois y avaient alors trouvé une reine qui méritait enfin leur attachement collectif.
    Elle venait d'une famille très modeste, mais avait une volonté et une détermination de travail et de réussite uniques.
    Elle était grosse comme une puce, mais prenait toute la place du rêve dans nos coeurs.
    Elle avait à peine quatorze ans et cumulait les 10 sur 10.
    Elle était Roumaine et avec raison, elle régna longtemps sur le Québec.
    Un de ses amis aussi, athlète plus âgé qu'elle, responsable plus tard de la fuite de Nadia de la dictature dans laquelle elle vivait, au moins autant que du dictateur Chaucescu, fit avec d'autres défection et devint lui-même Québécois : Alexandre Stéfu.
    Personne qui prit une part si importante dans les succès des installations sportives du Stade, qu'après la triste disparition de l'homme, une plaque fut installée à sa mémoire dans le hall d'accueil des piscines.
    Que donc nous rapporta les JO ?
    Bien plus que ce qui est chiffrable, je pense.
    Ceci-dit, sans en oublier pour autant les maux de tête durables que ses initiateurs en manque de sérieux nous ont aussi donnés...

    Tourlou !

  • Chantale Desjardins - Abonnée 9 juillet 2016 15 h 09

    Bravo au Maire Drapeau

    Il faudrait souligner le travail de cet homme de vision que fut JEAN DRAPEAU.