La phase II du Technopôle Angus ira de l’avant

«Le plan d’aménagement de la phase II du Technopôle Angus vise avant tout à favoriser la création d’emplois», écrit Christian Yaccarini, président et chef de la direction de la Société de développement Angus.
Photo: Société de développement Angus «Le plan d’aménagement de la phase II du Technopôle Angus vise avant tout à favoriser la création d’emplois», écrit Christian Yaccarini, président et chef de la direction de la Société de développement Angus.

Cette lettre vise à faire le point à la suite de la controverse des dernières semaines dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le projet de développement de la phase II du Technopôle Angus.

Plusieurs Montréalais se sont exprimés « pour » ou « contre » le projet. Beaucoup ont défendu les caractéristiques qui font de la phase II du Technopôle Angus une référence en matière de revitalisation urbaine novatrice et de développement durable. Une majorité de riverains s’opposent cependant à la demande de modification à la réglementation que nous avons déposée à l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, soit d’augmenter la hauteur permise de 20 mètres (plus 2 mètres d’appentis) à 25 mètres.

Nous croyons que le projet présenté dans sa forme actuelle respecte la trame urbaine environnante et s’y intègre de façon harmonieuse. Il a été mûrement réfléchi et il s’inscrit dans une logique de développement durable. Nous avons travaillé avec des professionnels de premier plan. Nous nous sommes engagés dans un processus de conception intégrée avec la firme d’architectes et d’urbanistes Provencher_Roy, les architectes paysagistes de NIPPAYSAGE, les ingénieurs en mécanique de Pageau Morel, les ingénieurs civils et en structure de Pasquin St-Jean ainsi que les entrepreneurs de TEQ. Nous étions tous animés par la même ambition : créer un environnement urbain et écologique hors du commun et sans précédent pour les résidants, travailleurs et commerçants de Rosemont.

Favoriser la création d’emplois

Le plan d’aménagement de la phase II du Technopôle Angus vise avant tout à favoriser la création d’emplois sur l’un des derniers terrains en friche du site, l’îlot central. Cela se traduit par l’implantation d’un véritable milieu de vie susceptible d’attirer et de retenir les entreprises sur le site.

La phase II offre donc des espaces de travail écologiques, des logements abordables pour les familles, du logement social, une école de quartier, aucun stationnement de surface pour éviter les îlots de chaleur, une rue piétonne, des corridors écologiques, un espace boisé en coeur d’îlot, deux places publiques encadrées de commerces de proximité, une gestion responsable de la neige et de l’eau et une boucle énergétique qui permet de récupérer la chaleur produite le jour par les bureaux et les commerces, pour alimenter les résidences le soir.

La hauteur demandée de 25 mètres permet d’offrir les unités résidentielles à prix abordable aux familles qui ne peuvent accéder à la propriété dans un quartier central de Montréal. Elle permet également d’absorber les coûts d’infrastructures, notamment, ceux de la boucle énergétique.

Malgré l’appui reçu du conseil de l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie le 2 mai dernier en première lecture, le feu vert du Comité Jacques-Viger ainsi que les trois prix canadiens majeurs octroyés au projet (le Prix national de design urbain 2016 de l’Institut royal d’architecture du Canada, le grand prix de l’Institut Urbain du Canada — le Brownie Award 2015 dans la catégorie « Meilleure initiative toutes catégories » — et le Globe Awards for Environmental Excellence 2013), la SDA s’est engagée auprès des résidants du quartier, lors d’une séance d’information le 25 mai, à revoir le projet selon la réglementation de hauteur permise actuellement par l’arrondissement, soit 20 mètres (plus 2 mètres d’appentis).

Le choix des citoyens

Nous allons tenir parole. Le Technopôle Angus est le fruit d’une mobilisation de la communauté de Rosemont–La Petite-Patrie après la fermeture des Shops Angus, alors que les citoyens ont fait le choix de devenir des acteurs du développement de leur territoire et firent front commun pour relancer cette zone d’emploi et combattre le taux de chômage élevé qui sévissait dans le quartier. Depuis sa création, la SDA, organisme à but non lucratif, a préservé le lien privilégié avec la communauté par l’organisation d’assemblées d’information, de consultations publiques, de redditions de comptes et de rapports de développement durable qui constituent autant d’occasions pour les citoyens et autres parties prenantes de participer au développement du Technopôle. Le projet de développement de l’îlot central s’inscrit dans cette tradition.

Notre défi sera maintenant de réussir à maintenir un projet du même niveau d’excellence tout en diminuant la densité. Nous souhaitons qu’il soit ainsi source de fierté pour toute la communauté.

1 commentaire
  • François Beaulé - Abonné 13 juin 2016 09 h 44

    Densité des habitations et développement durable

    La question de la densité des habitations est primordiale. Elle détermine le mode de vie dans ses aspects essentiels, l'habitat et les transports.

    Depuis une soixantaine d'années, les villes nord-américaines se sont développées dans un étalement destructeur des milieux naturels, notamment des boisés, et des terres agricoles. Il y a évidemment un lien direct entre la faible densité et l'étalement.

    Encore aujourd'hui, en 2016, le gouvernement du Québec, malgré son engagement à réduire les émissions de GES, n'impose aucune norme de densité aux municipalités, pas même pour les projets de développement immobilier. L'étalement se poursuit donc inexorablement.

    L'étalement n'est pas d'abord causé par le manque de densité des quartiers centraux des principales villes du Québec, comme Montréal et Québec. Mais plutôt par la très faible densité des banlieues.

    La densité du quartier Rosemont peut être qualifiée de moyenne, c'est-à-dire qu'il y a environ 10 fois plus de logements à l'hectare, en moyenne, que dans une banlieue typique. Voilà ce qu'il faut d'abord saisir pour évaluer la prétention de développement durable de monsieur Yaccarini. La densité qu'il propose est d'un tout autre ordre de grandeur. Elle ne satisfera jamais la plupart des acheteurs de logements qui continueront de fuir toujours plus loin du centre à la recherche de grands terrains pas chers.

    Les habitations typiques de quartiers comme le Plateau, Rosemont ou Villeray sont des duplex ou des triplex de moins de 8 m de haut, pour la plupart. Son projet initial propose des immeubles 3 fois plus hauts. Donc d'une forte densité. Ce qui implique une forte densité humaine et le blocage des rayons solaires, surtout en automne et en hiver.

    Une politique de développement durable des habitations passe par l'imposition d'une densité suffisante dans les banlieues, par le gouvernement provincial, et non pas par une sur-densification des quartiers centraux.