Jean-François Lisée donne l’heure juste

Le député de Rosemont et candidat à la direction du Parti québécois, Jean-François Lisée
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le député de Rosemont et candidat à la direction du Parti québécois, Jean-François Lisée

« Lumières ! Caméra ! On tourne ! Prise 2. » Est-ce bien le cas ? En deux ans, bien des choses ont changé. Nous sommes maintenant bel et bien en pleine déconstruction « structurelle » du modèle québécois de développement.

Outre les quatre milliards et plus de coupes cumulatives et le traumatisme très sévèrement et très coûteusement contre-productif infligés au système de santé (la moitié du budget du Québec), le régime Couillard a éliminé 26 programmes, pulvérisé 11 structures de dialogue social et de co-construction de politiques publiques, fermé une majorité de bureaux régionaux de huit ministères et éteint sept antennes internationales.

Ce que Charest avait amorcé comme virage marchand (privatisation de l’éolien, du gazier, de la surveillance des travaux publics, des CPE, etc.) et comme mise à l’écart de la société civile (abolition des conseils régionaux de développement, des régies régionales de santé, des CA de CLSC, etc.), Couillard l’a accentué et institutionnalisé. Et d’aucuns voudraient que la course à la direction du Parti québécois ne soit qu’une supplémentaire. La partie n’est plus la même.

2016 n’est plus 2014. Encore moins 1996 ou 1982, dates des grandes concertations, négociations et innovations sociales. Ce que la société civile plurielle du Québec, avec tous les gouvernements péquistes et celui de Robert Bourassa, avait construit comme mécanismes de dialogue social et de développement socio-économique a volé en éclats.

Des acquis ascendants

Pourtant, tous conviennent que le modèle québécois a produit des acquis ascendants en matière d’émancipation des droits, de démocratisation des pratiques politiques, de réduction des inégalités, d’explosion culturelle et de rayonnement international. La Révolution tranquille et le modèle partenarial en construction qui lui a succédé nous ont conduits à une société plus prospère, plus égalitaire et plus solidaire. Pour être précis, il faut dire « plus prospère et égalitaire parce que plus solidaire ».

Ce résultat tient à l’interaction de deux types d’acteurs : une société civile bien organisée et active dans le dialogue social et une classe d’hommes et de femmes politiques qui croient au rôle majeur de la puissance publique dans la promotion du bien commun, dans l’émancipation économique et sociale de la nation et dans la lutte contre les inégalités et contre les discriminations. Jusqu’à tout récemment, le Québec résistait mieux que quiconque à la dégradation de ses acquis ascendants. Aujourd’hui, la marche néolibérale forcée des régimes Charest et Couillard a inversé les indicateurs. Jusqu’à remettre en cause les bases mêmes du projet national.

Ce projet national n’a jamais été la propriété privée des souverainistes. À l’époque, tant les fédéralistes que les souverainistes portaient des propositions qui visaient le développement autonome du Québec et son épanouissement collectif. Bien qu’ils divergeassent sur la portée ultime de leurs démarches, les deux camps militaient pour garantir au Québec son avenir économique, social et culturel.

Depuis, le Canada s’étant verrouillé lui-même sur cet enjeu, les ténors fédéralistes québécois n’ont eu d’autre choix que de se mettre à militer pour la « canadianisation » du Québec. C’est une autre dimension de l’impitoyable et cruelle politique d’austérité du régime Couillard.

Érosion du sentiment d’appartenance

En quoi consiste-t-elle ? D’abord à renoncer au plein exercice de plusieurs de nos compétences. Aussi, à priver l’État du Québec de ses moyens en refusant systématiquement de revoir ses entrées de fonds. Également à sous-traiter à Ottawa nombre de ses responsabilités, dont la plus lourde de conséquences est le projet parfaitement anticlimatique d’Énergie Est.

Mais plus dramatiquement encore, la politique d’austérité de Couillard conduit à éroder le sentiment d’appartenance des Québécois et des Québécoises à leur État. Les plus vulnérables se sentent et se savent abandonnés. Idem pour les femmes, les régions, le monde rural, le mouvement communautaire et combien d’autres. Même des fleurons économiques quittent le Québec sous des haussements d’épaules de ministres.

Si au moins la commission Charbonneau avait dissipé les odeurs de corruption. Plus encore que la brisure du lien d’appartenance, c’est l’outil incontournable de développement que sont l’État québécois et son modèle partenarial sous-jacent qui s’effrite. Sans la restauration du lien de confiance et la restauration de l’État québécois dans ses fonctions régaliennes et de développement, l’indépendance deviendra objectivement impossible.

Lisée a raison

Jean-François Lisée a raison. 2018 est un enjeu déterminant : il faut d’abord sauver le Québec. Et en deux ans, il est possible de rassembler une majorité de Québécoises et de Québécois dans la poursuite de cet objectif. Il en faudra davantage pour réaliser l’indépendance.

Le mouvement indépendantiste québécois étant pluriel, converger vers l’indispensable feuille de route commune pour réussir prendra du temps et se conclura en dehors de la dynamique électorale. Les canadianistes ayant réussi à ce que la population méprise, sinon rejette le noble exercice démocratique qu’est le référendum, le réhabiliter supposera que le projet qui ultimement en sera l’objet soit débattu en long et en large de telle sorte que la population en arrive à trouver sain et normal qu’il soit démocratiquement soumis aux voix. C’est ce que Lisée propose comme enjeu de 2022.

Je n’ai pas été le seul, un temps, à partager l’avis qu’il fallait tout lier. Plus récemment, je souhaitais plutôt qu’on mette le cap sur l’indépendance. Aujourd’hui, je note que nous ne pouvons pas faire l’économie d’une remise à plat des orientations stratégiques en prenant en compte la pluralité des acteurs indépendantistes, l’oeuvre de destruction massive du régime Couillard et la nécessaire recrédibilisation des mécanismes de décisions démocratiques. Et ça ne peut pas se faire en un tour de main en mêlant à la fois tous les enjeux. À cette enseigne, Lisée donne l’heure juste.

40 commentaires
  • André Nadon - Abonné 24 mai 2016 06 h 14

    Le résultat de la démission des leaders souverainistes.

    Nous récoltons ce que nous avons semé: RIEN.
    Depuis le référendum volé de 1995, les leaders souverainistes ont cessé de ce battre pour l'Indépendance, épuisés au combat et en manque d'inspiration, assommée par les manoeuvres fédéralistes, au même titre que la population en générale, inconsciente des intérêts en jeu, habituée qu'elle était à se soumettre aux dictats de nos parvenus.
    Le résultat: tout est à recommencer pour stimuler l'énergie du Peuple qui est en friche depuis trop longtemps.
    Gérald Larose a raison.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 24 mai 2016 09 h 29

      Monsieur Nadon,
      Je crois que vous résumez assez bien la situation. Je mettrais cependant un nom aux responsables de l'effondrement de l'option souverainiste:

      " Le Parti Québecois récolte ce qu'il a semé: RIEN"
      Quant à Gérald Larose, il a raison, dites-vous?

      Il dit bien des choses Gérald... et c'est certain qu'il connaît de l'intérieur le PQ et qu'il fut continuellement conciliant avec les gouvernements et les différents chefs du PQ. Alors, qu'aujourd'hui il ajuste son discours d'ancien syndicaliste à la promotion de Lisée... rien de surprenant!

      Lorsque PKP a levé le bras pour l'indépendance d'abord, Monsieur Larose endossait alors le discours que l'indépendance n'était ni à gauche ni à droite! Et il n'y a pas de doutes, si Lisée ne passe pas, que Monsieur Larose saura réajuster son discours pour appuyer l'orientation du nouveau chef!
      Dans ses discours, Gérald Larose a toujours raison.

  • Christian Montmarquette - Abonné 24 mai 2016 06 h 59

    Pour qui les péquistes se prennent-ils?

    Corrigé.

    Pour qui se prennent-ils à la fin, ces péquistes qui viennent aujourd’hui dénoncer les politiques d’austérité des libéraux et qui appliquent exactement le même dogme du déficit zéro et les mêmes coupures dans les services publics quand ils sont au pouvoir?

    Pour qui se prennent-ils, ces péquistes qui dénoncent la corruption libérale et qui ont eux-mêmes utilisé à coups de millions le système frauduleux du financement sectoriel et dont deux des organisateurs viennent de se faire embarquer par l'UPAC?

    Pour qui se prennent-ils ces péquistes qui crient au drame de voir les libéraux démanteler notre service de santé public, alors qu’ils avaient eux-mêmes retiré 1500 médecins, 4000 infirmières et 1800 infirmières auxiliaires du système santé?

    Pour qui se prennent-ils ces péquistes pour venir nous parler de démocratie, alors qu'ils ont retiré le scrutin proportionnel de leur programme en 2011?

    Pour qui se prennent-ils ces péquistes, qui, exactement comme les libéraux ont gavé les banques, les multinationales et l'entreprise privée à raison de 10 milliards par année avec des publics qui auraient du servir au financement de nos écoles, de nos hôpitaux et de nos services publics?

    Pour qui se prennent-ils ces péquistes, qui viennent aujourd’hui nous parler de solidarité sociale, alors qu’ils coupent dans l’aide sociale à chaque fois qu’ils prennent le pouvoir et ont moins augmenté le salaire minimum que les libéraux?

    Et quand j’entends ces mêmes péquistes venir se lamenter aujourd'hui sur l’impossibilité de battre les libéraux en portant la question nationale. J’ai tellement envie de leur répondre que ce qu’il faut pour battre les néolibéraux du Parti libéral, ce ne sont pas les néolibéraux PQ incapables même d'être une bonne opposition. Mais les socio-démocrates de Québec Solidaire qui méritent 100 fois plus qu'eux de prendre le pouvoir à leur place.

    Christian Montmarquette

    • Jacques Morissette - Abonné 24 mai 2016 08 h 29

      En tous les cas, jusqu'à présent avec Lisée, un parti qui serait beaucoup connecté beaucoup mieux et plus à la réalité. J' le dis en toute objectivité, n'étant pas plus partisan d'un parti ou l'autre.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 mai 2016 08 h 41

      Correction: " 10 milliards par année avec des "deniers" publics.."

    • Serge Morin - Inscrit 24 mai 2016 09 h 29

      Très convaincant votre sermon , mon père.
      On l'a deja entendu 1000 fois.
      QS nous menera au paradis.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 24 mai 2016 09 h 40

      Comme toujours, Monsieur Montmarquette, vous faites très bien le tour de la question!

      Pour éviter tout équivoque, lorsque vous parlez des péquistes qui se lamentent "aujourd'hui sur l'impossibilité de battre les libéraux en portant la question nationale", vous incluez certainement Gérald Larose qui hier supportait PKP et aujourd'hui JFL?

    • Jean Jacques Roy - Abonné 24 mai 2016 11 h 51

      Monsieur Morin vous manifestez votre agacement devant les dénonciations de Christian Montmarquette!
      L'agacement n'est pas un démenti.

      Quant au paradis! Au cours des dernières années, ce sont les paradis fiscaux et la corruption qui sont dénoncés par QS! Est-ce que cela vous agace aussi que QS dénonce cette culture d'évasion fiscale et cette autre de corruption auquelle n'a pas échappé le PQ.

      Si le paradis consiste à lutter pour la justice, l'équité et la souveraineté! Tant mieux si QS est de ce combat.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 24 mai 2016 13 h 06

      Alors si je vous comprend bien,M.Montmarquette,on se doit de réelire Couillard et sa brillante troupe.En refusant de s asseoir a la table de discussion de la convergeance le QS appuie les destructeurs du Québec. Cout donc aimez vous le Québec ?Ou le detestez-vous a ce point ? Que c est triste.... J-P.Grise

    • Sylvain Auclair - Abonné 24 mai 2016 13 h 52

      Si QS prenait le pouvoir, il serait pris avec les mêmes fonctionnaires et la même culture de copinage avee le privé. Ce genre de chose ne se change pas en six mois.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 mai 2016 14 h 14

      À Jean-Pierre Grisé,

      JPG- "Si je vous comprend bien,M.Montmarquette,on se doit de réelire Couillard et sa brillante troupe."

      CM- J'ai déjà donné mon avis. À quoi bon remplacer les magouilleurs néolibéraux du Parti libéral par des magouilleurs néolibéraux du Parti québécois? Pourquoi ne militez-vous pas pour Québec Solidaire si vous êtes contre la magouille?

      JPG - " En refusant de s asseoir a la table de discussion de la convergeance le QS appuie les destructeurs du Québec. "

      CM - Je commence à en avoir raz-le-bol de répéter que cette pseudo convergence n'était qu'une coquille-vide sans proposition de plateforme. Pire encore, en rejetant le référendum comment pourrait-il y avoir une alliance pour l'indépendance? Tercio, c'est le PQ qui a retiré le scrutin proportionnel et qui a du coup divisé les partis et les députés souverainistes. 4- QS est déjà assis à la table de Oui-Québec et du Conseil de la souveraineté.

      JPG- " Cout donc aimez vous le Québec ? Ou le detestez-vous a ce point ? Que c est triste."

      CM- Pour qui vous prenez-vous oser dire que critiquer le PQ équivaut à détester le Québec? - C'est justement parce que suis préoccupé du sort des Québécois que je critique le PQ .

      Christian Montmarquette

    • Jean Jacques Roy - Abonné 24 mai 2016 14 h 40

      @ J-P Grisé
      Vous ne répondez pas aux critiques de Christian Montmarquette. Vous vous contentez d'énoncer un sophisme! Comme si le fait de comparer les politiques du PQ à celles des libéraux faisait de QS le complice de Couillard! Si vous considérez que les arguments de Monsieur Montmarquette sont sans fondement, à vous de le démontrer.

      @ Jacques Morisette
      Si j'ai bien compris, à partir de votre point de vue objectif, vous considérez Lisée mieux connecté à la réalité que les autres candidates et Cloutier. Il serait intéressant de savoir à "quelle réalité" vous faites référence?
      Vous savez bien, comme philosophe, qu'il faut être prudent pour la définir, surtout quand celle-ci renvoie aux antagonismes et à la diversité sociale aux niveaux des besoins et des intérêts! Il va de soi, si on est responsable, qu'il faut prendre parti et choisir! Et à ce niveau, parle-t-on d'objectivité, de subjectivité, de choix éthique ou d'option politique? C'est donc un autre débat, n'est-ce-pas!
      -:) JJR

    • Pierre Fortin - Abonné 24 mai 2016 14 h 55

      Le calvaire des Québécois qui se battent entre eux est encore loin de se terminer, pour le plus grand bonheur du PLQ.

      Pourtant, s'il y a un dénominateur commun sur lequel bâtir quelque chose, c'est que les deux tiers des Québécois refusent d'être dirigés comme ils le sont aujourd'hui.

      S'il faut attendre les formules parfaites offrant toutes les garanties pour agir, alors rien ne se fera. Toute proposition n'incluant pas la participation citoyenne ne mènera qu'à plus de controverse stérile.

      Et pendant ce temps, le PLQ est mort de rire.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 mai 2016 08 h 03

      À Pierre Fortin,

      «  S'il y a un dénominateur commun sur lequel bâtir quelque chose, c'est que les deux tiers des Québécois refusent d'être dirigés comme ils le sont aujourd’hui. » - Pierre Fortin

      1) Le PQ et le PLQ dirigent le Québec exactement de la même façon: déficit zéro; austérité; démantèlement des services publics au profit du privé; financement frauduleux et copinage avec les entreprises

      2) D'après ce que je comprends, vous avouez vous-même que la convergence proposée par le PQ n'est pas une convergence souverainiste, mais une "convergence électorale" péquiste créée pour battre les libéraux; une question réglée d'avance chez QS. Québec Solidaire n'est pas venu au monde pour aider le PQ à gagner ses élections.

      3) Les deux tiers des Québécois refusent aussi d'être dirigés par le Parti québécois.

      4) Les vrais morts de rire, ce sont les banques, les multinationales et le 1% de l’élite économique qui sont assurés de conserver leurs privilèges et leurs 10 milliards par année d'argent public, que ce soit le PQ, le PLQ ou la CAQ qui prenne le pouvoir.


      Christian Montmarquette

  • François Beaulé - Abonné 24 mai 2016 07 h 18

    Les indépendantistes sont en déroute

    Quand on constate à quel point Gérald Larose se contredit, lui qui était président du Conseil de la souveraineté jusqu'à 2013, on mesure l'ampleur de la crise qui secoue le PQ.

    Larose, à la suite de Lisée, suggère que le PQ cesse d'être indépendantiste pendant 6 ans. Personne ne les croira. Pauline Marois a déjà essayé et cela n'a pas marché. Elle n'a obtenu qu'un mandat minoritaire et puis, suite aux manigances entourant la fameuse charte dite des valeurs, avec laquelle les stratèges péquistes ont essayé de manipuler les Québécois, le PQ a mordu la poussière.

    Au contraire, le PQ doit s'assumer et affirmer haut et fort son article premier. S'il est vrai que le PLQ détruit le Québec, comme l'affirme Larose, et que la majorité des Québécois désapprouve la séparation du Québec, alors un minimum d'esprit démocratique devrait permettre l'élection d'un meilleur parti fédéraliste que le PLQ.

    À la prochaine élection, la CAQ pourrait gagner le pouvoir. Et si ce parti est trop orienté à droite, il faut fonder un parti fédéraliste de gauche. De toute façon, il faut que les indépendantistes cessent de tourner en rond.

    • Jacques Morissette - Abonné 24 mai 2016 08 h 32

      Avant de dire que Larose se contredit, le filtre de la subjectivité est fort, on lit donc souvent les choses avec une interprétation qui fait notre affaire.

    • Louise Melançon - Abonnée 24 mai 2016 11 h 03

      Il a raison Gérald Larose: il faut d'bord aller au plus pressé qui est essentiel... et qui pourrait rallier les forces vives du Québec... cela ne veut pas dire que le PQ renoncerait à son projet.

    • Jacques Lamarche - Abonné 24 mai 2016 17 h 44

      Monsieur, c'est tout le Québec qui en déroute! TOUS les Québécois se sont refusé le pouvoir et en paient le prix. La débâcle est celle de toute la société, comme si sa tête avait été amputée, comme si la sève de l'identité et de la fierté qui nourrisait et unissait ses membres avait été coupée! Le champ de ruines s'étale chaque jour devant nos pieds, le chacun pour soi a remplacé la solidarité! Nul besoin de pavoiser; nous sommes tous des naufragés!

      Le désastre est tel que, et là vous avez peut-être raison, la CAQ pourrait doubler le PQ en 2018 si les souverainistes jouent mal leurs pions sur l'échiquier! La partie sera corsée, même la souveraineté mise de côté! C'est dire la hauteur des difficultés à surmonter!

  • Claude Bariteau - Abonné 24 mai 2016 07 h 23

    L'heure juste, mais pas sur tout.

    À la fin de votre texte, très sobre mais piquant comme les propos de monsieur Lisée, vous signlez qu'il faille réhabiliter l'exercice réferendaire que les Canadianistes ont discrédité au point de le rendre object de mépris.

    Vous négligez, comme l'a fait Lisée, que le Canada s'est approprié le contrôle de ce processus démocratique avec sa loi sur la clarification. Pourtant, Lisée, qui le sait et l'a écrit, n'en dit plus rien et continue à marcher dans cette direction comme si elle était la seule qui tienne la route.

    Il y a d'autres voies qui conduisent à l'indépendance et l'alternative, plus décisive qu'un référendum, est une élection à double majorité portant sur l'indépendance, une majorité d'appuis issus de l'expression du vote en faveur de candidats qui s'affichent indépendantistes et l'élection d'une majorité d'entre eux.

    Elle est actuellement envisagée en Écosse comme alternative à un référendum dont la tenue serait banni par Londres et fut mise à profit en Catalogne. Au Québec, j'en fais la promotion depuis 2005 et Robert Laplante, aussi Jacques Parizeau et même Jean-François Lisée, pour ne nommer que ceux-là la considèrent comme la Cadillac dans la démarche du peuple québécois vers le contrôle de sa destinée.

    Il y a plus. Vous le savez aussi. Les spécialistes en droit international ne la discréditent pas. Ils la considèrent une alternative en l'absence d'ententes entre un gouvernement qui prend l'initiative d'une consultation populaire de ses électeurs et électrices et le pays et qui leur propose de quitter pour divers motifs légitimes. Des ententes qui concernent, la question, les pourcentages requis, le financement des pour et des contre, le recours aux médias, le déroulement et les suites, notamment la succession des pouvoirs, qui est un point incontournable pour assurer un déroulement démocratique.

    Or, Lisée ne donne pas l'heure juste ni n'envisage de marcher dans cette direction. Et vous faites de même. Pourquoi ?

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 24 mai 2016 12 h 24

      Monsieur Bariteau a raison. La démarche qu'il propose est conforme au régime politique britannique qui régit (malgré lui) le Québec. Ce qui devrait rallier tout le monde, même les fédéralistes attachés à la Constitution canadienne.

    • Raymond Labelle - Abonné 24 mai 2016 14 h 47

      "Pourquoi ?"

      Je ne sais pas ce que M. Larose répondrait, mais ma réponse serait la suivante.

      Parce que si les électeurs savent que le processus d'indépendance s'enclenche si les partis indépendantistes obtiennent plus de 50% du vote, les partis indépendantistes n'obtiendraient pas plus de votes, au total, que ce que le Oui obtiendrait à un référendum.

    • Claude Bariteau - Abonné 24 mai 2016 18 h 16

      Monsieur Labelle,

      votre réponse ne tient pas compte : 1) des points que j'ai mis en relief et qui piègent le recours au référendum, 2) néglige le fait qu'un référendum dans une monarchie constitutionnelle n'est pas décisif, car uniquement d'ordre consultatif, 3) qu'une élection décisionnelle comme celle que je préconise mandate les parlementaires de procéder et 4) que cette élection rend illigibles les interventions des oppostants qui ne sont pas des électeurs et des électrices du Québec.

      Aussi m'apparaît-elle un exemple parfait d'inadéquation avec la réalité politique.

    • Raymond Labelle - Abonné 24 mai 2016 23 h 37

      Je ne néglige pas "qu'une élection décisionnelle comme celle que vous préconisez mandate les parlementaires de procéder." Je dis que si les électeurs sont informés que l'on procède en votant pour un parti souverainiste, que le nombre d'électeurs votant oui à un référendum ou pour un parti souverainiste serait le même.

      Quant au fait "qu'un référendum dans une monarchie constitutionnelle n'est pas décisif, car uniquement d'ordre consultatif", Dans une monarchie constitutionnelle, le fait de voter pour un parti n'autorise pas non plus, par lui-même à faire sécession. Il ne faut pas ici être trop légaliste: c'est une question de poids politique. Et si l'élection était référendaire, on pourrait amender la loi sur la clarté pour qu'elle s'applique tout autant à l'élection référendaire. Un gouvernement indépendantiste utiliserait les mêmes arguments dans un cas ou dans l'autre. Il y aussi d'ailleurs plusieurs régimes républicains qui n'autorisent pas la Sécession. Exemple: la guerre de Sécession aux États-Unis. Je ne sais pas si la Constitution de la France autorise la sécession d'une de ses parties, mais disons que si la réponse était non, je ne serais pas très surpris.

      "Cette élection rend illigibles les interventions des oppostants qui ne sont pas des électeurs et des électrices du Québec." Les critères de résidence pour voter aux élections ou aux référenda sont identiques. C'est juste qu'aux référendas, certains vrais ou faux résidents temporaires faisaient plus d'efforts pour se faire mettre sur la liste. Ils feraient le même effort dans une élection référendaire.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 mai 2016 09 h 10

      « Je dis que si les électeurs sont informés que l'on procède en votant pour un parti souverainiste, que le nombre d'électeurs votant oui à un référendum ou pour un parti souverainiste serait le même.. » - Raymond Labelle

      M. Labelle apporte un argument rationnel ici.

      On ne dupe pas aussi facilement les gens en remplaçant une cage à homards par une autre. L’opposition n’en ferait qu’une bouchée sans compter que le débat ne pourrait que s'en trouver noyer dans la campagne électotale générale.

      Pour ma part, j'ajouterais que des élections à double majorité n’auraient pas l'effet mobilisateur d'une campagne référendaire spécifique, où l'on sait que le débat en lui-même a tendance à faire grimper les appuis à l’indépendance, comme l'Écosse dont les appuis au Oui sont passés de 20% à 45% en l'espace d'une seule campagne référendaire.

      Comme c'est le fait de repousser constamment le référendum comme le PQ le fait depuis 20 ans, qui fait stagner ou reculer la question nationale.



      Christian Montmarquette

  • François Dugal - Inscrit 24 mai 2016 07 h 51

    Excellent

    Monsieur Lisée est excellent dans tous les domaines, voilà pourquoi il ne sera jamais élu à la tête du PQ.

    • Jean-Marc Cormier - Abonné 24 mai 2016 11 h 16

      Il faudrait une fonction autre que «j'aime» et qui nous permettrait d'exprimer: «Désolé que vous ayez raison».

    • François Dugal - Inscrit 24 mai 2016 15 h 45

      Vous mettez le doigt en plein dessus le "bobo"numérique, monsieur Cormier.