Lettres: Un grand analyste et homme de foi

Essentiellement, Claude Ryan était un analyste, un grand analyste de la scène politique québécoise et canadienne. C'était aussi un homme de très grande foi. Je crois qu'on retiendra publiquement de lui surtout son passage comme directeur au Devoir et non sa carrière politique. Dans ce dernier domaine où l'émotion, l'apparence et la capacité de synthèse sont, comme la raison, de mise, M. Ryan était en position de faiblesse. Son jugement et flair politiques n'étaient pas à la hauteur de sa capacité d'analyse d'une situation. Il était plutôt fait pour être le conseiller du Prince, ce qu'il fut d'ailleurs pour M. Bourassa pendant plusieurs années.

Claude Ryan était de coeur un Québécois et de raison un Canadien. C'était son choix. Dans les grandes décisions politiques, telles les questions de la formule de Victoria, du rapatriement de la Constitution et de la Loi sur la clarté, j'aurais souhaité qu'il ait une vision plus large, plus ouverte, sur l'avenir des pays canadien et québécois. Il est demeuré plutôt attaché à une vision traditionnelle, défensive, du nationalisme québécois.

Claude Ryan, essentiellement un analyste, mais encore plus essentiellement un être profondément religieux, qui croyait, comme son auteur favori le cardinal John Newman, à la très grande importance de l'engagement politique pour les laïcs catholiques. Puisse-t-il laisser des traces pour les générations à venir.

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