Lettres: Entre les Dr Teasdale et Di Lorenzo, un continent

Il semble que l'hypocrisie ait une certaine cote de popularité au Québec. Et cette fois-ci, je ne parle pas de nos politiciens, mais de notre population: vous et moi. Et nos voisins. Et nos collègues. Il y a quelques années, nous semblions unanimes et admirions le courage du Dr Lucille Teasdale ainsi que son dévouement sans limite dépeints dans un ouvrage qui lui était dédié et dans la représentation cinématographique de sa vie, rôle interprété par Marina Orsini.

Femme de tête et de coeur, médecin émérite, nous avons à l'époque salué sa compassion et sa détermination. Nous avons applaudi au fait qu'au-delà de la maladie infectieuse qui la rongeait lentement mais sûrement, le Dr Teasdale avait continué à soigner et à opérer les malades en prenant toutes les précautions possibles pour ne pas les infecter.

Comme Lucille Teasdale, le Dr Maria Di Lorenzo a été contaminée en tentant de sauver une vie. Mais là s'arrête la similitude, parce le Dr Di Lorenzo a été mise, post mortem, au banc des accusés. Pourquoi donc notre réaction diffère-t-elle autant d'une professionnelle à l'autre? Est-ce parce que le Dr Teasdale pratiquait en brousse ougandaise et que la possibilité de transmettre le sida à un Africain ou une Africaine est considérée comme un acte moins grave? Je crois que cette question précise mérite notre réflexion.

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