Lettres: Fessez dans le tas!

Si l'on examine attentivement les nuances du jugement de la Cour suprême autorisant l'usage de la fessée, on peut trouver que cette décision est mesurée et raisonnable. Le hic, c'est que le Québécois moyen ne lit pas beaucoup et a très peu le sens de la nuance. Le Québécois moyen n'est pas non plus très fort en orthographe. Quand il entend «fessée», il risque de comprendre «fessez!», comme dans «Fessez dans le tas!».

Pour se faire «respecter», le batteur d'enfants, déclaré ou potentiel, (qui est aussi la plupart du temps batteur de femme) va encore moins hésiter, ayant reçu la bénédiction du plus haut tribunal du pays, à «tapocher» ses proches, suivant cette dynamique catastrophique malheureusement encore trop répandue dans notre Belle Province, et qui est illustrée de façon si saisissante dans la chanson des Cowboys fringants Ruelle Laurier:

«Mon père était un homme fier,

Il voulait pas que ma mère soit forte.

Pour que ça marche à sa manière,

Il la passait au travers de la porte»

C'est pourquoi, si cette décision n'est pas rapidement contrebalancée par une vigoureuse campagne de publicité dénonçant la violence familiale sous toutes ses formes, on peut prédire sans craindre de se tromper, que ce jugement ne va avoir, à court et à long terme, que des conséquences désastreuses.

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