Lettres: Moman m'attend...

J'avais huit ans et, un matin, j'ai préféré me joindre à un groupe de jeunes voyous plutôt que d'aller à l'école. J'étais certain que maman se limiterait à me faire la morale, comme d'habitude, mon père était absent pour plusieurs jours à cause de son travail. Je ne suis donc pas allé à l'école de la journée et, à mon retour vers la fin de l'après-midi, dans ma tête, j'avais bien l'intention de recommencer le lendemain. Je voyais d'avance ma «moman» me faire la leçon comme d'habitude, et c'était tout.

Surprise! En passant la porte, moman avait en main un bâton que j'ai reçu sur les fesses trois ou quatre fois. Comme j'avais porté la main aux fesses pour me protéger, c'est à la main que j'ai eu mal pendant quelque temps. Après une semaine, je n'en voulais plus à ma mère. Je savais maintenant qu'elle était capable de me donner une correction, le seul argument valable pour me faire réfléchir et choisir l'école plutôt que le jeu.

Je ne la voyais plus comme une personne facile à manipuler et qu'on pouvait exploiter. Je crois vraiment que c'est le manque d'amour qui marque un enfant pour la vie et non une fessée raisonnable donnée avec timing. Aujourd'hui, je suis grand-père et je remercie ma «moman» d'avoir trouvé la recette même si, aujourd'hui, elle pourrait se faire arrêter.