Lettres: Merveilleux FIND

Depuis que le FIND a annoncé sa fermeture, je n'arrive pas à me résoudre à cette mort. Chaque année, j'ai le plaisir d'assister à des spectacles de danse de calibre international. J'ai vu évoluer et grandir bon nombre de nos danseurs et de nos chorégraphes. C'est une joie unique de voir évoluer des danseurs que l'on sait exigeants et destinés à rejoindre les meilleurs du siècle. [...]

Nous sommes un petit pays avec de merveilleux danseurs. Nous sommes un petit pays reconnu pour son importance en danse contemporaine. En allant aux spectacles du FIND, on se savait aux premières loges de la danse internationale. La qualité de ce qui nous a été donné à voir ces dernières années nous a rendus perspicaces et capables de différencier les bons spectacles des excellents. Cette fidélisation du public, son éducation et son plaisir ne sont pas des choses qui s'improvisent; cela demande de la durée et une exposition constante à ce qui se fait de meilleur. De très bons jeunes danseurs ont été formés ici. Où iront-ils faire voir leur énergie et leur compétence?

Je suis donc en peine, mes amis aussi. Nous perdons une ressource culturelle de premier calibre. Il m'est impossible de savoir exactement où se trouvait le grain de sable qui a fait basculer tout l'édifice. Mais je voudrais que les danseurs, les chorégraphes, les éclairagistes, les musiciens et tous ceux qui nous ont offert tant de beauté ces dernières années sachent qu'il y a un public auquel ils manquent et qui ne souhaite qu'une chose: les revoir sur scène à Montréal très bientôt.

C'est trop facile quand on est élu pour quelques années de démolir ce qui a pris tant de temps et d'efforts à créer et à consolider. Il serait si intelligent et si avantageux pour notre culture et notre position dans le monde de permettre au milieu de la danse actuelle au Québec de continuer à vivre et à se développer. Est-ce trop demander?