Pourquoi pas des Jeux olympiques d’hiver Québec–Chic-Chocs?

Les Chic-Chocs pourraient devenir une région dominante de sports d’hiver dans le monde, selon Réal Pelletier.
Photo: iStock Les Chic-Chocs pourraient devenir une région dominante de sports d’hiver dans le monde, selon Réal Pelletier.

Le maire de Québec est parti en chasse d’une agglomération étrangère avec qui il partagerait les Jeux d’hiver de 2026.

Le cas de Whistler paraît tout à fait farfelu. La mairesse de Whistler, Mme Nancy Wilhelm-Morden, se trouve évidemment tout à fait flattée de la suggestion que vient de faire le maire Labeaume. Elle tient le raisonnement suivant : les Jeux sont une affaire de télévision. « Cela importe peu d’où les compétitions sont filmées. »

Il est vrai que les téléspectateurs ne subiraient pas le choc du décalage horaire en passant de Québec à Whistler ou vice-versa, ce qui n’est pas le cas cependant des athlètes, pour peu qu’ils doivent partager leurs performances entre les deux villes.

Sous ce rapport, l’hypothèse de partager des Jeux avec Lake Placid est beaucoup plus intéressante. Mais il faudrait tenir compte de l’infinité de mesures de sécurité que voudraient appliquer les Américains dans ce genre d’exercice international commun. Et les Américains, se révélant voraces, voudraient assumer la part des Jeux qui coûtent le moins cher et qui rapportent le plus.

Dans l’intervalle, le Québec raterait l’occasion de faire des Jeux entièrement québécois, en investissant massivement dans un programme de développement des sports d’hiver dans les Chic-Chocs.

Il conviendrait d’explorer si, techniquement, il y a moyen de répondre sous ce rapport aux exigences du CIO. Ce que l’on sait des Chics-Chocs, c’est que c’est une collection de 25 sommets qui atteignent les 1000 mètres et plus, avec le mont Jacques-Cartier, qui fait 1270 mètres. Pour avoir aperçu du sommet du mont Logan le golfe Saint-Laurent, je dois dire que la vue est de là imprenable.

Programme de développement pour la Gaspésie

Peut-être y aurait-il moyen de découper dans cet ensemble un espace particulièrement propice à la tenue des Jeux. Les Chic-Chocs ne sont pas les Alpes, bien sûr, mais ce massif offre probablement une densité de neige qu’envieraient Whistler, Lake Placid, voire une part croissante des Alpes certains hivers. On a déjà dit, à l’époque de l’amorce de la Révolution tranquille, qu’on pourrait imaginer des glisses de ski pouvant fonctionner six mois par année, avec des pentes pouvant atteindre les cinq milles (huit kilomètres).

Un aménagement de JO dans les Chic-Chocs constituerait le plus important programme de développement qu’a connu la Gaspésie. L’aéroport de Matane agrandi servirait ce développement pourvu qu’un grand lien routier soit établi entre l’aéroport de Matane et les Chic-Chocs.

Il faut se rappeler que les sports d’hiver au Québec dans son ensemble éprouvent de sérieux problèmes climatiques, tous les centres de la Montérégie et du Nord des États-Unis jouxtant le Québec paraissant avoir fonctionné à perte cette année. Il n’est guère probable que les conditions climatiques se révèlent plus intéressantes dans les décennies à venir. Ce qui est beaucoup moins le cas des Chic-Chocs, une région qui paraît promise à la densité hivernale la plus enviable de l’ensemble du Québec.

Ces jeux Québec–Chic-Chocs, rigoureusement québécois, constitueraient un outil de maintien de développement économique des sports d’hiver ici, assureraient des masses d’emploi importantes en Gaspésie, et projetteraient dans le monde l’image d’un Québec dynamique, capable de belle imagination en ce monde confronté à une baisse générale des accès aux sports d’hiver. Peut-être les Chic-Chocs deviendraient-ils une région dominante de sports d’hiver dans le monde.

Même Whistler — c’est connu — n’échappe pas à la rareté de neige certaines années, et cela ne devrait pas s’améliorer d’ici 2026.

1 commentaire
  • Jacques Tremblay - Inscrit 4 avril 2016 09 h 20

    Tant qu'à faire développont l'aéroport! de Sainte-Anne-des-Monts