Le Québec dans une francophonie du XXIe siècle

La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre

La Journée internationale de la Francophonie, célébrée chaque année le 20 mars, est une occasion de nous rappeler les avancées effectuées dans plusieurs domaines par le monde francophone. C’est aussi l’occasion de nous pencher sur les grands enjeux auxquels la Francophonie est et sera confrontée dans les années à venir.

Le 2 mars, j’ai eu le privilège d’ouvrir une première représentation diplomatique en sol africain, au Sénégal, en plein coeur de l’Afrique francophone. Marquant un moment fort et inégalé, nous y avons obtenu des privilèges et des immunités sans pareil pour notre bureau.

Alors que l’Afrique comptera plus de 90 % des jeunes francophones de 15 à 29 ans en 2050, nous souhaitons que la Francophonie devienne un univers de réussite professionnelle, d’occasions d’affaires et de prospérité. Le développement économique étant clé pour y arriver, le Québec se positionne en tant que leader à la suite de l’adoption de la Stratégie économique pour la Francophonie en 2014, lors du sommet de Dakar.

La Francophonie a toutefois été durement affectée par des actes d’une violence inouïe dans les derniers mois. Les tragiques événements, de Paris à Ouagadougou, en passant par trop d’autres villes, nous ont touchés directement au coeur. Cette langue qui nous unit, que nous aimons et partageons tous ne comporte aucun mot assez juste pour décrire notre colère et notre incompréhension face à cette violence qui a emporté tant d’innocentes victimes. Ces actes de terreur nous laissent sans voix et nous mobilisent dans notre volonté de contribuer à la recherche de la paix et d’un climat politique apaisé.

C’est pourquoi le Québec a annoncé qu’il accueillera cet automne des experts de partout dans le monde lors d’une conférence internationale, en collaboration avec l’UNESCO, portant sur la radicalisation menant à la violence à l’ère d’Internet. Le Québec entend veiller à ce que les différentes instances auxquelles il est partie se mobilisent en faveur de la lutte contre la radicalisation, un fléau qui nous interpelle tous aujourd’hui. Nous ne pouvons rester insensibles devant ces actes barbares.

Un autre dossier sur lequel le Québec se devait d’agir concerne la lutte contre les changements climatiques. Répondant à un appel des Nations unies et de la communauté internationale, le Québec a démontré l’importance qu’il accorde à cette problématique lors de la 21e Conférence des parties à Paris en novembre dernier. L’action innovante et précurseure du Québec, basée sur l’expertise québécoise, permettra de renforcer les capacités et accélérer les transferts technologiques auprès des pays francophones les plus vulnérables et plus exposés aux conséquences des changements climatiques.

Depuis bientôt 50 ans, le Québec, par ses forces, ses expertises et ses idées, participe activement à édifier la Francophonie internationale. Aujourd’hui, nous pouvons constater avec fierté la portée des actions que nous avons posées et écrire une nouvelle page de cette aventure.

La Francophonie d’aujourd’hui, c’est la prospérité pour le plus grand nombre, c’est un engagement ferme dans la mobilisation pour l’environnement, c’est contribuer à la solidarité et au dialogue entre les peuples, c’est la reconnaissance de l’importance d’atteindre l’égalité entre les hommes et les femmes, c’est agir pour favoriser les occasions de dépassement et d’accomplissement pour les jeunes, c’est un serment solennel à lutter contre les extrémismes menant à la violence, c’est contribuer à construire une Francophonie en paix et prospère. En célébrant annuellement la Journée internationale de la Francophonie, tous ensemble, société civile, jeunes, leaders économiques, créateurs, nous réaffirmons que cet espace est celui de la démocratie, de l’État de droit et de la justice.

10 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 19 mars 2016 02 h 02

    Sans horizons c'est la catastrophe

    Soyons francs et honnetes pour qu'une société soit paisible et prospère il faut aussi qu'elle soit concrète, une société qui investit que dans la haute thecnologie perd de sa consistance, que l'on le veille ou pas nous sommes des etres de chairs et de sens, peut etre ne faut-il pas investir seulement dans la haute thecnologie et les datas, enfin c'est mon opinion tot ou tard, il faudra qu'il s'opère un certain retour a la terre, elle est notre matrice principale

  • Yves Côté - Abonné 19 mars 2016 05 h 29

    Quelle mascarade, Madame la Ministre !

    "l’Afrique comptera plus de 90 % des jeunes francophones de 15 à 29 ans en 2050", dites-vous Madame ?
    Bien que ce soit vrai, la réalité est que ce n'est pas encore assez pour que le Canada et le Québec dirigé par des fédéraillistes aient appuyé la venue d'un Secrétaire Général de la Francophonie Africain.
    Quand il faut aider de manière concrète la représentation internationale française africaine à l'échelle mondiale, la vérité est que vous et votre gouvernement, pour favoriser la continuité de l'endormissement des Québécois et de l'opinion internationale sur les attaques répétés que votre propre gouvernement ne cessez de faire concrètement à l'usage partagé du français au Québec, vous êtes aux abonnés absents.
    Mais à partir du moment où vous êtes assurés que l'OIF ne pourra que fermer les yeux sur le sort véritable de cette langue et des francophones au Canada et au Québec, comme cela ne peut qu'être maintenant avec Madame la l'ex-Vice-Reine d'Angleterre au Canada à sa direction, il devient rentable politiquement de flatter les Africains francophones dans leur fierté (toute justifiée, ceci-dit)...
    Quelle mascarade vous nous faites, Madame Saint-Pierre !
    Accrochez-vous bien à votre siège ministériel, Madame.
    Parce que selon moi, les Québécois le rendront éjectable d'ici quelques mois.

    Mes salutations les plus républicaines, Madame la Ministre !

  • Jacques Lamarche - Abonné 19 mars 2016 06 h 14

    Un discours qui sonne faux!

    Madame, si la tendance se maintient, ou encore si le gouvernement libéral continue à se fermer les yeux et à se traîner les pieds, le Québec risque fort de quitter ce bel espace occupé par la langue française, et dans un avenir qui semble toujours plus rapproché. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire le texte de Jacques Létourneau paru aujourd'hui même dans Le Devoir!

    Un très sérieux examen de conscience est à faire!

    • Yves Côté - Abonné 19 mars 2016 11 h 47

      Malheureusement, Monsieur Lamarche, je crois que vous vous tromper...
      A preuve que le Québec pourra demeurer dans les "pays" francophones, malgré la continuité dans ses attaques contre le français chez lui, par un savant mélange d'intérets politiques et de propagande, jamais le Canada n'a vu remis en question le fait qu'il y soit.
      J'en ai bien peur, s'il ne restait plus ne serait-ce qu'une poignée de francophones au Québec, cela n'empêcherait pas pour autant les fédéralistes de prétendre le Québec français de langue.

      Courte remarque qui ne m'empêchera certainement pas de vous offrir mes amitiés les plus républicaines, Monsieur.

    • Yves Côté - Abonné 20 mars 2016 04 h 18

      "...que vous vous trompez, bien entendu...
      Mes excuses.

    • Jacques Lamarche - Abonné 20 mars 2016 05 h 52

      Bien sûr, j'en étais déjà convaincu, la mascarade poursuivrait son cours! Le Canada n'aura jamais de cesse de défendre le fait français en Amérique! Sinon il aurait fait la preuve qu'il a échoué dans son projet d'un bilinguisme VIGOUREUX!

      Amitiés réciproques!

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 mars 2016 08 h 34

    Réponse

    Et la «réponse» de votre gouvernement est de diminuer le budget qui se rapporte à la francophonie. Les bottines ne suivent pas les babines.

    PL

  • Jean-François Trottier - Abonné 19 mars 2016 11 h 03

    Le monde est un jardin, le jardin un microcosme...

    Il est intéressant que, retour d'Afrique, vous parliez d'union économique, sachant que le Canada fait de plus en plus partie des puissances coloniales qui "développent" l'Afrique d'une main tout en s'assurant une plus grande pénétration via "oeuvres", comme autrefois les missionnaires.
    Ne devriez-vous pas parler de pécuniarisme plutôt que d'économie, à moins que vous repreniez à votre compte ce que la droite reproche tant à la gauche, ce ton empreint de naïveté, de mièvrerie ?
    Pour vous ménager, j'éviterai donc de parler plus encore de l'Afrique et je reviens ici, où les médecins immigrants sont acceptés à pleine porte en autant qu'ils ne pratiquent pas, corporatisme exige, encore pour des... raisons économiques ??? Ou serait-ce... électorales ? Zut! J'oubliais! La naïveté! Ce si beau slogan qui veut que Couillard, et vous par association, avez grand coeur par opposition à ces méchants "presque nazis" qui voudraient limiter l'immigration... D'accord, gardez la bouche en coeur, ça vous va si bien.

    Évitons de creuser, surtout ce côté "clientélisme très affairé", et regardons un peu notre petit jardin, ce petit coin de Canada où la francophonie vit. Ou survit. Ou pousse comme mauvaise herbe, selon.

    J'aimerai, dès que vous sortirez des pieux jésuitismes de circonstance, vous entendre parler des minorités. La minorité québécoise, qui demande un minimum de support par exemple. Quoi ? Ce n'est pas une minorité ?!? Bon, dites-moi depuis quand le Québec est un pays, je saurai quand les francophones des bords du St-Laurent ne sont plus minoritaires.

    M. Couillard, preux chevalier (ou archevêque ? Difficile à dire) grand défenseur des minorités, a certainement une vision très claire de ce qu'il fera pour que les Québécois se sentent à l'aise dans ce monde comme un jardin, au français pécuniaire mais surtout pas culturel sauf pour la galerie, mais si fragile qu'il accepte mal de ne parler français qu'à la maison comme il se doit, s'pas.

    Ou en Afrique.