Lettres: Hydro-Québec : de coûts et bénéfices

Dans le dossier du projet de centrale thermique du Suroît, on a pu entendre André Caillé, p.-d.g. d'Hydro-Québec, dire que l'actionnaire de son entreprise, le gouvernement du Québec, est en droit de s'attendre à un rendement comparable à celui de toute autre entreprise.

Mais que dirait l'actionnaire d'une entreprise quelconque si le rendement qu'il souhaite devait être atteint en saccageant sa propriété, son quartier, son environnement et sa qualité de vie? Il dirait sûrement: «Non, pas à ce prix-là.»

Bien sûr, je ne suis pas directement actionnaire d'Hydro-Québec. Cependant, étant citoyen et contribuable, vous me permettrez sûrement de faire comme si, et je dis moi aussi: non, pas à ce prix-là. J'attends d'Hydro-Québec qu'elle tienne compte de tous les coûts et bénéfices pour moi, l'actionnaire, avant de prendre une décision.

Pour un bénéfice plus élevé pour le Québec dans son ensemble, je propose à Hydro-Québec et au gouvernement du Québec d'investir dans un ambitieux programme d'économies d'énergie. Celui-ci devrait bien sûr sensibiliser la population en général mais aussi stimuler la créativité et la capacité d'innovation de nos chercheurs et de nos entreprises, particulièrement les PME, qui pourraient développer des produits, des dispositifs, des procédés et des matériaux qui permettraient aux foyers et aux industries de réduire leur consommation d'énergie ou, du moins, d'en réduire le taux de croissance.

Ces produits, dispositifs, procédés et matériaux pourraient tout aussi bien être exportés que l'électricité d'Hydro-Québec, avec un bénéfice global tout aussi grand pour le Québec et tous ses «citoyens-actionnaires».