Lettres: Un système d'éducation à deux vitesses

Lorsqu'il est question d'un système de santé à deux vitesses, l'un pour les riches et l'autre pour les pauvres, tout le monde s'insurge et crie à la discrimination, et avec raison. Mais lorsqu'il s'agit du système d'éducation, c'est autre chose. Tout le monde n'en a que pour le réseau privé: de meilleurs professeurs, plus de discipline et de meilleures chances de réussite. Le seul hic, c'est qu'il faut débourser quelques milliers de dollars par année et passer un test de sélection à l'entrée. Cela semble de plus en plus à la mode et personne ne crie à la discrimination. On ne fait que vanter les vertus du système privé d'éducation: meilleur taux de réussite, discipline et ordre régnant dans les lieux...

Faut-il rappeler que le réseau privé est subventionné en grande partie par le gouvernement, donc par nos impôts? En plus de sélectionner les meilleurs élèves, provenant des classes privilégiées de la société, on a le culot de faire des palmarès des écoles. Évidemment les écoles privées l'emportent haut la main sur les écoles publiques! Et ce, grâce à nos impôts. Et en plus, le ministère de l'Éducation fait des pressions sur le système public pour qu'il n'y ait plus d'échec. Quel sera le résultat dans dix ans?

Dans la plupart des établissements privés le port de l'uniforme est obligatoire. Si, dans le réseau public, nous interdisions le port du voile islamique, comme en France, croyez-vous que tout le monde crierait à la discrimination religieuse, au racisme, etc.? Et pourtant, dans les écoles privées, tout est interdit sauf l'uniforme de l'école! Deux poids, deux mesures.

Mais personne n'y trouve rien à redire. L'école privée a le vent dans les voiles; bientôt il ne restera dans le réseau public que les laissés-pour-compte, ceux que le système privé aura rejetés. Tout cela grâce à nos impôts.

Une école pour les riches et une école pour les autres! Le tout avec la bénédiction du gouvernement et de l'ensemble de la population.