Lettres: La mémoire courte

Je peux comprendre les réactions des chefs syndicaux à la suite de certaines décisions du gouvernement libéral québécois. Ils se sentent menacés et acceptent mal que les élus au pouvoir jouent dans des champs qui leur apparaissent immuables. Cependant, très opportuniste me semble être l'attitude de l'opposition péquiste. Ces élus-là ont la mémoire courte. Les gouvernements du Parti québécois, depuis Lévesque, ont été durs, très durs même, envers les syndiqués de la fonction publique.

J'en veux pour preuve les coupures de traitement de 20 %, le retrait d'une année d'ancienneté, du jamais vu chez nous dans le domaine des relations de travail. Ce n'est là que des exemples parmi d'autres de la façon dont les gouvernements du Parti québécois ont traité ses travailleurs syndiqués. Vraiment, en matière de relation de travail, le comportement de nos gouvernants, c'est à peu près du pareil au même.

C'est certain, le gouvernement Charest se doit de faire un sérieux examen de conscience. Il y a un réel mécontentement dans la population. C'est normal lors d'un début de mandat, tellement les attentes des citoyens sont grandes. Mais là, il semble bien que l'insatisfaction soit plus généralisée. Il faut dire que celle-ci est bien entretenue par les chefs syndicaux et par l'opposition péquiste, ces membres d'une même famille, diraient certains.

N'oublions pas que ces chefs syndicaux et ces élus du Parti québécois sont encore amèrement déçus du résultat de la dernière élection provinciale. Les décisions difficiles prises par le gouvernement libéral depuis son arrivée au pouvoir sont à tout le moins incomprises par un grand nombre de Québécois. L'occasion fait le larron. Ne pourrait-on pas voir là, au-delà de ce qui est en cause, une voie de choix empruntée par les chefs syndicaux et par les élus de l'opposition péquiste pour tenter un règlement de comptes, pour dire aux électeurs qu'ils se sont trompés le 14 avril 2003?