Montréal International - Un outil essentiel au développement économique de la région métropolitaine

Montréal International a fêté son septième anniversaire de naissance le 18 novembre 2003. Sa naissance fut largement célébrée mais ses premiers mois de vie furent difficiles. L'organisme, dont le mandat avait fait l'objet d'âpres discussions menant à un compromis boiteux, se retrouvait avec une mission et des moyens édulcorés par rapport aux objectifs de départ. Mais c'était le prix à payer pour qu'il puisse voir le jour.

La volonté de créer un organisme pour promouvoir la grande région de Montréal à l'étranger, afin d'attirer des investissements et des organisations internationales, résultait des travaux menés par un comité présidé par monsieur Jean-Jacques Bourgeault, composé de représentants du monde des affaires et créé par le maire Pierre Bourque en 1995 alors que la ville et la région métropolitaine connaissaient des difficultés économiques sérieuses.

Ce comité arrivait à la conclusion, dans la foulée d'autres rapports comme le rapport Picard et le rapport Pichette, que le créneau international était le plus porteur pour Montréal, mais que les efforts pour faire connaître la région et y attirer investissements et organisations de nature internationale n'étaient pas suffisants et qu'ils étaient mal coordonnés, d'où la pertinence de créer un organisme capable de répondre aux besoins identifiés.

Le sommet convoqué par le premier ministre Lucien Bouchard à l'automne 1996 confirmait le besoin d'un organisme comme Montréal International. Le comité, présidé par monsieur André Bérard, insistait sur la nécessité de faire connaître Montréal à l'étranger et de mettre sous une même autorité promotion et démarchage. Les attentes du secteur privé étaient claires.

Le 1er janvier 1997, Montréal International débutait ses opérations avec une toute petite équipe composée principalement de personnes prêtées par les différents ordres de gouvernement.

À l'automne 1999, le conseil d'administration adopte, à très forte majorité, un document qui donne à Montréal International les pouvoirs qu'elle exerce toujours en matière de promotion, de démarchage et d'aide aux travailleurs stratégiques étrangers. Les employés de l'Office de développement économique de la communauté urbaine et ceux chargés du démarchage à l'international de Laval Technopole devenaient les employés de Montréal International. Dans le même temps, un plan triennal était préparé et adopté par le conseil. Le mandat et les objectifs de Montréal International y étaient clairement précisés.

Résultats impressionnants

Montréal International, c'est donc désormais une équipe de 60 personnes ayant pour mandat de faire:
- la promotion de la grande région métropolitaine à l'étranger;
- d'attirer les investissements étrangers;
- d'attirer des organisations internationales;
- de favoriser l'installation de travailleurs stratégiques et d'en attirer le plus grand nombre;
- de consolider nos secteurs de force en préparant des plans d'action.

Grâce à une équipe compétente, à un appui constant du secteur privé, du gouvernement canadien, du gouvernement québécois et de la communauté métropolitaine de Montréal, Montréal International atteint des résultats impressionnants.

Au chapitre des investissements étrangers, Montréal International, seule ou en collaboration avec ses partenaires, en a attiré près de trois milliards de dollars en trois ans. Si les objectifs fixés pour l'année 2003 sont atteints et il semble bien que ce sera le cas, c'est plus d'un milliard additionnel qu'il faut ajouter. Ces résultats sont attribuables à un plan d'action clairement défini, à des régions américaines et des pays européens bien ciblés et à une équipe de démarcheurs professionnels, compétents et aguerris. Voilà des résultats qui parlent d'eux-mêmes.

Pour ce qui est des organisations internationales, une quinzaine de nouvelles se sont installées à Montréal au cours des trois dernières années. Mentionnons, entre autres, l'Institut international de statistiques de l'Unesco, l'Agence mondiale antidopage, la Société internationale d'urologie et, plus récemment, Cospas-Sarsat et le secrétariat du Human Proteome Organization. Comptant une soixantaine d'organisations internationales, tant gouvernementales que non gouvernementales, Montréal se taille une place enviable dans le monde.

Services appréciés

Lorsqu'une société commerciale ou industrielle étrangère s'établit à Montréal et qu'elle décide de faire venir un certain nombre d'employés stratégiques pour aider au démarrage et à l'installation de l'entreprise, Montréal International favorise leur venue en accélérant le processus d'obtention du visa, en familiarisant les familles avec les systèmes d'éducation et de santé, bref en mettant à leur disposition un ensemble de services et de renseignements qui leur facilitent la tâche.

Au-delà de ce service grandement apprécié des entreprises, il est maintenant important d'attirer les meilleurs cerveaux. Grâce à la présence à Montréal d'entreprises de haute technologie, de centres de recherche et d'université jouissant d'une réputation internationale, c'est possible de le faire. Les grandes villes sont désormais en compétition, non seulement pour attirer les investissements mais également pour attirer les meilleurs têtes.

Les témoignages de félicitations à l'égard de ce service de la part des entreprises sont nombreux et constants. Ici, encore, les chiffres sont éloquents puisque ce sont 600 entreprises qui y ont eu recours et 2000 personnes dont l'installation dans la grande région métropolitaine a été facilitée.

Plans d'action

Il y a maintenant près de deux ans, Montréal International rendait public le document intitulé «Pour accélérer le développement de la grappe des sciences de la vie» qui est un plan d'action pour assurer le développement de ce secteur où Montréal se situe en très bonne place. Elle occupe le 8e rang en Amérique du Nord.

Ce plan est le résultat d'un travail qui a réuni pendant plus d'un an, autour de la même table, les présidents des grandes sociétés pharmaceutiques installées dans la région métropolitaine de même que les présidents de plusieurs sociétés de biotechnologie, les présidents d'organisations représentant ces entreprises, comme Bio-Québec, les vice-recteurs à la recherche des universités, les représentants des cégeps — bref tous ceux qui contribuent au développement de cette grappe stratégique. J'ai eu le plaisir de présider ce groupe qui a regardé la situation bien en face, recensé les forces et les faiblesses et déterminé les mesures à prendre, non seulement pour maintenir notre place mais pour croître au cours des prochaines années et devenir l'un des tout premiers joueurs sur l'échiquier mondial.

Ce plan, avec des argents spécifiques du gouvernement du Canada et du gouvernement du Québec promis le jour même où le document a été rendu public, est en voie d'exécution sous l'autorité d'un vice-président nommé spécifiquement à cet effet. Le comité qui a élaboré le plan s'est transformé en conseil chargé de voir à son exécution et aux ajustements rendus nécessaires par l'évolution constante du dossier. Le bilan des résultats atteints au terme de la premier années a été rendu public en septembre dernier.

Les résultats révèlent une hausse de 2145 emplois par rapport à l'année précédente, ce qui porte le total à 29 515 emplois directs dans l'industrie. La grappe compte 274 entreprises et 125 organismes de recherche. Le Montréal métropolitain est toujours parmi les leaders mondiaux en neurologie, en oncologie, dans le domaine de la recherche sur les maladies cardio-vasculaires, de même qu'en urologie, en épidémiologie et en immunologie.

La même façon de fonctionner s'applique actuellement au secteur des télécommunications et des technologies de l'information. Seront autour de la table des représentants des entreprises, les gouvernements du Canada, du Québec et des représentants de la communauté métropolitaine, de même que les représentants des universités et des cégeps. Encore une fois, ceux qui ont accepté de siéger sont les décideurs afin de pouvoir en arriver à un plan d'action précis et surtout de s'assurer, le moment venu de son application, que le consensus est réel et que les actions à poser sont voulues par tous les joueurs.

Il faudra faire des opérations semblables dans d'autres secteurs afin de s'assurer que tous les moyens sont mis en place pour accélérer le développement économique de la grande région métropolitaine et favoriser la création maximale d'emplois. Ces plans d'action sont essentiels pour définir clairement les objectifs et mobiliser les acteurs clé. Ils le sont aussi pour favoriser l'attraction des investissements étrangers. Plus la masse critique dans un secteur donné est importante, plus les moyens d'action sont précis, plus le réseautage est serré, plus l'attrait est grand pour les investisseurs étrangers.

Un modèle

Le modèle de Montréal International est envié par d'autres villes canadiennes et il est de plus en plus répandu aux États-Unis et en Europe de l'Ouest. Regrouper dans les instances décisionnelles d'un organisme privé voué au développement économique d'une grande région, les représentants du secteur privé, du monde de l'éducation, du gouvernement fédéral, du gouvernement québécois et des villes de la grande région métropolitaine, par l'intermédiaire de la communauté métropolitaine, est une formule gagnante. Il faut donc la maintenir, la développer, la financer à la hauteur de nos ambitions qui doivent être grandes.

Le financement est assuré majoritairement par le secteur public, la part de la communauté métropolitaine étant particulièrement importante. Il faut aussi souligner qu'au-delà des engagements récurrents du gouvernement du Canada et du gouvernement du Québec, ces derniers n'ont jamais hésité à ajouter les sommes nécessaires pour réaliser des projets jugés prioritaires tels, entre autres, la venue d'organisations internationales, les plans d'action pour les sciences de la vie et les télécommunications et technologies de l'information.

De son côté, le secteur privé participe au financement de façon intéressante mais il est souhaitable que sa contribution augmente au cours des prochaines années. Cette contribution est essentielle, non seulement parce qu'elle contribue aux activités de Montréal International mais parce qu'elle témoigne que les entreprises de la région croient aux atouts, aux forces, aux avantages de la grande région métropolitaine de Montréal. Ils donnent de cette façon un signe non équivoque aux investisseurs étrangers.

Après sept années passées à Montréal International, je suis fier des résultats atteints, convaincu plus que jamais de l'utilité d'un tel organisme et de la justesse de sa composition. Tous ses avantages, notamment la présence de quatre universités, la présence d'un réseau collégial qui est de plus en plus conscient de son rôle, l'exceptionnelle qualité de la main-d'oeuvre et sa remarquable créativité, sa vie culturelle d'une diversité et d'une intensité qui font l'envie, confirment ma conviction que la grande région métropolitaine de Montréal peut devenir une des plus riches, des plus prospères, des plus attrayantes en Amérique du Nord et dans le monde.

Encore faut-il, pour ce faire, continuer de soutenir financièrement un organisme comme Montréal International afin qu'il se dote de tous les outils nécessaires à sa réussite. Il faut également bien connaître ses concurrents et l'arsenal de moyens dont ils disposent. À cet égard, il faut se méfier des discours théoriques, des idéologies et regarder la réalité. Les États et les municipalités ont recours systématiquement, particulièrement aux États-Unis, aux aides fiscales et aux subventions pour attirer les investissements étrangers. Cesser de le faire de notre côté serait se condamner à l'échec.