Vers une solution démocratique et durable en Haïti

Il y eut un premier pas — avec le départ du président Michel Martelly le 7 février et le transfert du pouvoir au président de l’Assemblée nationale tandis que le premier ministre et ses ministres restaient en fonction —, et le pire fut évité. Cependant, il est essentiel de continuer à oeuvrer en vue d’une solution démocratique durable à la crise politique haïtienne aggravée à la suite de la suspension du second tour des élections du dimanche 24 janvier.

L’Organisation des États américains (OEA), à la demande du président Martelly, a déployé une mission qui a oeuvré pour que les Haïtiens eux-mêmes trouvent des solutions viables en ce sens. L’OEA a assumé ce rôle dans un contexte complexe, dans un pays qui a subi une érosion progressive de la démocratie, dans lequel le travail de la communauté internationale n’a pas été le plus efficace. Ainsi, un système dépourvu de garanties et de transparence en a découlé.

Le manque de transparence des éléments de la classe politique, qui soulève des questions sur l’enrichissement illicite, se reflète également dans l’incapacité de donner des certitudes aux citoyens face à la constante conspiration sous forme de messages étrangers à la vérité et à l’éthique. Les premières réactions sur la mission de l’OEA en ont été un bon exemple, sans chercher à laisser en chemin les responsabilités de l’institution dans les erreurs du passé.

Dialogue pluraliste

Même face à toutes ces difficultés, la mission, dirigée par l’ambassadeur Ronald Sanders d’Antigua-et-Barbuda et président actuel du Conseil permanent de l’OEA, a mené de manière impartiale un dialogue pluraliste pour que le peuple haïtien puisse s’exprimer librement et légitimement sur ceux qui devraient être ses leaders.

À la suite de l’accord signé le 6 février par l’ancien président Martelly et les présidents des deux chambres législatives, des progrès ont été réalisés dans la formation d’un gouvernement de transition représentatif et pluriel avec un président de transition.

Le choix — un premier ministre de consensus, par le président et approuvé par l’Assemblée nationale — devrait mettre en oeuvre les recommandations de la Commission électorale établie par le président Martelly et dont la composition pluraliste comprenait cinq membres et un observateur désigné par l’exécutif.

La Commission a conclu que le processus électoral devait être amélioré et a suggéré la mise en oeuvre immédiate d’une série de mesures. Certaines ont été appliquées ; d’autres ont été ignorées et devront être prises en considération pour les prochaines élections prévues le 24 avril. La légitimité et la viabilité de ce gouvernement de transition doivent être garanties par la participation et l’engagement de tous les acteurs politiques et sociaux pertinents de la société haïtienne. Il est essentiel que les acteurs politiques créent des forums de dialogue. L’absence de dialogue entre Haïtiens ne permettra pas de construire un indispensable accord politique à long terme. Il est opportun de rappeler que depuis août 2015, l’OEA a déployé une Mission d’observation électorale (MOE) en Haïti.

Le 9 août dernier, l’OEA a observé le premier tour des élections législatives. Par la suite, le 25 octobre 2015, trois élections différentes ont eu lieu : le premier tour de la présidentielle ; le second tour de la plupart des élections législatives et le premier tour des élections municipales/locales.

Processus électoral érodé

La MOE/OEA a publié des déclarations préliminaires sur les différents processus. De faibles taux de participation, des tensions croissantes, la polarisation, la violence ainsi qu’un retard excessif dans la publication des résultats officiels doublé d’une présence excessive de représentants des partis dans les bureaux de vote sont quelques-uns des éléments qui ont contribué à éroder la crédibilité du processus électoral.

La démission successive de plusieurs de ses membres, notamment de son président, est l’un des facteurs qui ont miné le rôle du Conseil électoral provisoire (CEP) en sa qualité d’organe impartial et technique habilité à mener et superviser le processus électoral en cours. Le Secrétariat général de l’OEA et sa MOE ont adopté, lors des dernières élections, une position neutre, professionnelle et impartiale.

Notre engagement envers Haïti et son peuple ne cessera d’être guidé par la protection des droits politiques et l’objectif ultime de contribuer au renforcement de la démocratie électorale comme seule source légitime de l’exercice démocratique du pouvoir.

La garantie la plus absolue des droits civils et politiques est indispensable dans cette construction. Écraser les différences ne résoudra pas les problèmes politiques. Les coûts sociaux de cette opération sont trop élevés et enlisent les pays dans le passé, les privant de la possibilité de progresser.

4 commentaires
  • Marc Davignon - Abonné 15 février 2016 10 h 37

    Vacuité

    Votre discours est remplis de mots bien gras qui ne servent qu'à endormir l'esprit.

  • - Inscrit 15 février 2016 12 h 29

    Baliverne

    Un pas vers la démocratie ? Impossible la démocratie dans un pays ou l’éducation est à un trop bas niveau et ou les inégalités sociales sont abyssales.

    Les bonnes aides des ONG sont aussi inutiles pour ce pays qu’un cataplasme sur une jambe de bois.

    À la première occasion, les électeurs éliront un populiste issu du music-hall du type Martelli, ou pire, un chef tonton macoute.

    • - Inscrit 15 février 2016 15 h 28

      Précision ... Je ne veux pas dire que tout est perdu pour Haïti. Pas du tout ! Ce serait méprisant que de le penser.

      Ce que je souhaite à ce pays est qu'il ait le bonheur de trouver à sa tête un dirigeant qui priorise l'éducation et la justice sociale. Ce sont les deux conditions de tout pays pour sortir du maldéveloppement.

  • Cyril Dionne - Abonné 15 février 2016 16 h 54

    Vers une solution démocratique et durable en Haïti.

    Voir la République dominicaine sur l'autre moitié de l'île. Alors, pour les excuses, on repassera.