Une approche rétrograde

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Le projet de loi 66 sur les activités funéraires risque plus de créer des problèmes que d’en résoudre.

Parce que nous avons pris connaissance du projet de loi 66 dans son état actuel en novembre, déposé un mémoire le 2 décembre et que le ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Gaétan Barrette, a mis à l’agenda la première adoption de la loi le 3 décembre, nous n’avons pu, en tant que PME québécoise, faire l’analyse des impacts économiques de ce projet de loi sur notre milieu et, de façon plus spécifique, sur notre entreprise.

À certains égards, cette loi qui se veut progressiste est rétrograde et va à l’encontre des nouvelles pratiques qui se développent déjà.

La loi à l’article 70 dit que les cendres doivent être déposées dans un contenant rigide alors qu’il existe des urnes en coton biodégradable, certainement plus écologiques. Un autre exemple est l’urne botanique développée par Memoria ; de nombreux consommateurs veulent planter ce type d’urne sur un terrain à cet effet, qui n’a pas besoin d’être un cimetière. Enfin, notre rituel de l’urne de glace ne peut évidemment pas s’effectuer sur un terrain dans un cimetière. Bref, à plusieurs égards, cette loi qui se veut moderne est déjà dépassée. Par ailleurs, ce projet de loi reflète les intérêts des cimetières chrétiens qui ont mis des décennies à s’ouvrir aux changements de comportement des consommateurs.

Enfin, ce projet de loi expose les PME québécoises qui ont développé au fil du temps des réseaux immobiliers pour se conformer à la loi actuelle à une concurrence déloyale.

Le projet de loi 66 vise la protection de la santé publique et nous souscrivons pleinement à cet objectif. Par ailleurs, il introduit une pléiade de mesures qui, si le projet de loi est adopté dans son état actuel, créeraient des effets contraires aux intérêts des consommateurs, en matière de liberté de choix notamment.

Nous prions instamment le ministre de surseoir à l’adoption de ce projet de loi afin qu’une analyse plus approfondie puisse en être faite.

6 commentaires
  • Claire Lavigne - Inscrite 30 janvier 2016 07 h 26

    Informations à diffuser!

    Je me demande qu'elle est la compétence de la personne responsable de ce projet de loi? et quel en est l'objectif principal?

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 30 janvier 2016 08 h 42

    Défunte

    Ma défunte est dans une urne pour 100 ans. Qu'en feront-ils dans 100 ans ? Et pour 100 ans son corps est «sorti» du cycle de la vie. Je sais 100 ans ce n'est pas si long, à tout calculer, mais c'est tout de même 100 ans. Ses «molécules» ne «participent plus» à la vie. Elle qui prenait tant de place, elle est maintenant «isolée». Ça me rend triste de faire attendre le monde.

    PL

  • Eric Lessard - Abonné 30 janvier 2016 17 h 09

    Les cimetières et l'église catholique

    Étant donné que l'église catholique a un quasi monopole sur les cimetières des petites localités du Québec, qu'arrive-t-il si un athée qui n'est plus affilié à l'église veut y être enterré vu que c'est son village natal ou que c'est là que se trouve ses parents?

    Je connais des gens dont la crainte de ne pas être enterré dans le cimetière de leur choix est la seule raison rester officielement catholique. Leur crainte est-elle justifiée?

    • Robert Beauchamp - Abonné 31 janvier 2016 13 h 19

      Les cimetières catholiques au Québec sont de propriété privée et non publique et l'orientation retenue est d'offrir un lieu de sépulture en terre chrétienne selon le choix (parfois implicite) du défunt. Il existe également des cimetiêres protestatns, juifs gérés par leurs communautés et d'autres cimetières de sociétés privées offrent des espaces sans considération religieuse suivant la décision du défunt ou de la succession.

  • Marc Davignon - Abonné 31 janvier 2016 11 h 05

    Info-pub

    Annonce du produit nouveau tendance : urnes bio!

    Frustration de concurrence déloyale? Aucune explication du comment! Il y a des traitements pour ressuscité les morts?

    Mais, madame ne dis pas le plus important, «l'augmentation de la prestation de décès» qui est actuellement seulement de 2 500 $ (LaPresse+, 27 octobre 2015 : De plus en plus de corps non réclamés au Québec).

    Pourquoi eux? Pourquoi eux réclament-ils une augmentation? C'est comme si les propriétaires de logements locatifs demanderaient au gouvernement une augmentation des prestations de l'aide sociale. Ça s'peu-tu? Ben non, il demandait seulement de pouvoir saisir le chèque de l'aide sociale pour être payé.

  • Benoit Thibault - Abonné 31 janvier 2016 11 h 40

    Les moyens vs l'objectif de ce projet de loi ????

    Je suis étonné du contenu de votre texte. En quoi les urnes métalliques sont t'elles préférable pour la santé publique? En quoi cela aide à boucler le cycle de la vie?

    Le Gourvenement du Québec a pourtant une poilitique de développement durable qui devrait l'inciter à regarder plus largement les obligations sociétales qu'il cré.

    Je suis curieux de savoir si le nouvelle loi va permettre les alternatives à la créamation qu'est la dissolution du corps?