PKP et les enfers fiscaux

Pierre Karl Péladeau
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Pierre Karl Péladeau

Pierre Karl Péladeau aurait fait appel à des paradis fiscaux pour faire prospérer Québecor. Et puis ? Milton Freidman ne disait-il pas que la responsabilité sociale d’une entreprise est de maximiser ses profits tout en respectant le cadre légal ?

Les champions de l’éthique et de la rectitude politique ne cessent de clamer que les paradis fiscaux, même légaux, vampirisent l’État. Bien sûr ! Mais ils devraient surtout ajouter qu’ils privent nos élus d’argent pour s’acheter des votes.

L’État redistribue ou investit avec incompétence l’argent puisé dans nos poches et dans celles des entreprises. On n’a qu’à suivre nos prétendus investissements collectifs dans des projets d’avions et d’éoliennes risqués et peu rentables pour se convaincre qu’il est beaucoup plus facile de dilapider la richesse des autres que de la créer.

Aussi, qu’une compagnie prospère comme Québecor ait réussi à se soustraire légalement des tentacules du fisc pour ensuite réinvestir ses profits au Québec et au Canada est paradoxalement favorable à notre économie. Qui sait si Québecor aurait pu soutenir son développement sans ces sommes économisées du fisc ?

Soyons honnêtes, ce sont les enfers fiscaux qui enfantent les paradis fiscaux. Si des contribuables paient des fiscalistes à grands frais pour faire voyager leurs avoirs avant de les ramener au pays, c’est qu’ils estiment que les impôts décrétés par nos gouvernements sont abusifs.

Aux yeux de l’économiste des choix publics, la concurrence fiscale est notre seul rempart contre des gouvernements cherchant constamment à nous en soutirer davantage. Sans la menace de voir les profits des entreprises et les revenus des particuliers fuir vers des contrées fiscales plus clémentes, qui sait jusqu’où l’État presserait le citron.

Plus on augmente les impôts, plus on encourage les contribuables à rivaliser d’ingéniosité pour y trouver des échappatoires. Il arrive même un moment où toute nouvelle hausse de taxes diminue les revenus de l’État. Pour contrer le phénomène, plusieurs pays ont revu leur politique fiscale de manière à alléger le fardeau des contribuables.

La plupart de ces réformes ont permis aux citoyens d’améliorer leur qualité de vie, aux entreprises d’accélérer leur développement et à l’État de maintenir, voire d’augmenter ses revenus. Tout simplement parce que l’allégement fiscal réduit l’appel aux échappatoires ; parce qu’il devient moins risqué et onéreux de payer des impôts raisonnables que d’investir dans la recherche de moyens d’y échapper.

Faire du Québec un paradis fiscal

Heureusement, combattre les paradis fiscaux est un exercice futile pour les États souverains. Le seul moyen réellement efficace de limiter leur utilisation, c’est de transformer le Québec en paradis fiscal.

Dans un Québec qui s’appauvrit dangereusement, nous n’avons pas besoin d’un PKP incarnant la vertu ; d’un politicien reniant son passé ou faisant diversion en accusant la famille Desmarais d’utiliser les mêmes stratagèmes d’affaires que lui. Seul l’homme d’affaires sensible aux abus fiscaux de l’État saura ramener le Québec sur le chemin de la prospérité.

13 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 28 janvier 2016 03 h 50

    Les paradis fiscaux

    Ca prenait bien une occasion comme ca pour que nous nous rendions compte comment les paradis fiscaux sont importants, si tout les gens qui ont le moindrement d'argent font ca, on peut bien avoir du mal a avoir des budgets équilibrés, qu'est-ce que ca nous donne alors de vouloir taxer les riches ils ont faits en sorte de mettre leur argent a l'abri, dans les paradis fiscaux, il serait peut-être intéressant de connaitre qui les premiers ont mis au point ces stratégies fiscales, est-ce enseigné dans les universités ou est-ce seulement pour les initiés

  • Gérard Raymond - Abonné 28 janvier 2016 07 h 23

    M. Simard, vous traitez le sujet des impôts comme s’il s’agissait d’une plaie d’Egypte, sans aborder celui des taxes et tarifs, un peu comme si les revenus des gouvernements poussaient dans les arbres. Comment quelqu’un qui se dit professeur à l'ENAP peut-il écrire pareil ramassis de stupidités ?

    • Serge Morin - Inscrit 28 janvier 2016 09 h 46

      Eh bien
      ses propos sont des copier-coller des dogmes de l'Institut Économique de Montréal

    • Normand Perreault - Abonné 28 janvier 2016 19 h 40

      Pourquoi enseigne-t-il à l'ENAP ? Bon, c'est comme la police, ça s'appelle de l'infiltration !

  • Pierre Hélie - Inscrit 28 janvier 2016 07 h 53

    OUF!

    Pas satisfait que les grandes entreprises vampirisent l'État, notre éminent universitaire, émule de Friedman (et de Ayn Rand?) nous suggère en plus qu'ils soient soustraits à leur devoirs citoyens. Tout ça parce qu'ils savent ce qui est bon pour nous. Ayoye!

  • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 28 janvier 2016 08 h 39

    Ou comment oublier le taux d'imposition des années 60

    Votre texte semble greffé d'une amnésie bien particulière : celle de l'histoire des taux d'imposition où l'on voit, depuis les grandes glorieuses, la courbe diminuer, diminuer, diminuer ... et les inégalités de richesse augmenter, augmenter !

    Si comme vous le dites " des contribuables paient des fiscalistes à grands frais pour faire voyager leurs avoirs avant de les ramener au pays, c’est qu’ils estiment que les impôts décrétés par nos gouvernements sont abusifs. ", il faut alors comprendre que les contribuables (les Grands contribuables, les petits ne pouvant pas se le permettre) sont ou bien simplement attirés par l'argent (le profit) ou bien ont une réflexion profonde sur le rôle de l'État, avec preuves, arguments et faits. Il me semble que c'est la première hypothèse qui est la plus facile à défendre : ils sont là pour faire du cash (profits) donc s'ils contribuent à la société ou pas, ce n'est pas trop leur affaire ... C'est facile d'ailleurs, comme vous le montre aussi, de ne pas être d'accord avec ce que le gouvernement fait, quand bien même je me metterai des oeillères sur tout ce qui est bien investi.
    Je crois que je vais suggérer à tous les défenseurs des paradis fiscaux, que, pour que ce soit juste tous, petits salariés aux grandes entreprises puissent en bénéficier. Pourquoi seulement les riches ? C'est juste un hasard ...

  • Bernard Terreault - Abonné 28 janvier 2016 08 h 44

    Simpliste

    Malheureusement le Professeur Simard y va de généralités aussi simplistes que celles des bien pensants de la gauche qui ne voient de salut que dans l'État.

    • Sylvain Auclair - Abonné 28 janvier 2016 10 h 54

      Je ne crois pas que les gauchistes ne voient de salut que dans l'État. Il y a aussi des coopératives, le OSBL etc. Ce ne sont pas des économiste de droite qui ont mis sur pied les garderies collectives dans les années 70...

      N'empêche que l'État a bien des avantages. Et, à ce titre, la principale différence entre la gauche et la droite, c'est les poches qui reçoivent les subventions de l'État: celles des petites gens ou celles des grandes entreprises?