Les Pays-d’en-Haut, avez-vous dit?

Une scène de la télésérie «Les pays d’en haut», nouvelle mouture qui prend racine dans le roman «Un homme et son péché» de Claude-Henri Grignon.
Photo: Bertrand Calmeau Une scène de la télésérie «Les pays d’en haut», nouvelle mouture qui prend racine dans le roman «Un homme et son péché» de Claude-Henri Grignon.

Deux oeuvres qui évoquent notre passé arrivent sur les écrans ces jours-ci. La première, sur le petit écran, est une télésérie québécoise, une oeuvre qui fait écho à une vision rabougrie de notre histoire et suggère qu’un pan important de notre aventure collective se trouve dans un ensemble de petites intrigues paroissiales ayant pour toile de fond le développement de quelques villages au nord de Montréal. L’autre, une grosse production hollywoodienne nous propose une anecdote parmi d’autres de la grande épopée états-unienne de la conquête de l’Ouest en masquant le fait, comme d’habitude, qu’elle est surtout la nôtre. Deux oeuvres, deux miroirs déformants qui travestissent notre histoire véritable et nous renvoient à une petitesse, voire une insignifiance historique qui n’est justement pas la nôtre.

Vous aurez d’abord reconnu la télésérie Les pays d’en haut, nouvelle mouture télévisuelle qui prend racine dans un roman, Un homme et son péché, de Claude-Henri Grignon. Je n’ai rien à redire sur l’oeuvre elle-même, mais beaucoup sur ce que d’autres en disent et ce qu’on a voulu en faire. J’entendais des commentateurs à la radio parler du propos de cette oeuvre comme l’équivalent québécois de ce qu’a été la conquête de l’Ouest pour les États-Uniens. J’étais estomaqué. Allons donc ! La grosse affaire ! Un curé de campagne qui ouvre des nouvelles terres à l’agriculture au nord de la vallée du Saint-Laurent. Veut-on vraiment convaincre une nouvelle génération de Québécois que c’est là notre grande épopée ? Une conquête héroïque du Nord… en banlieue de Montréal ? Sont-ce vraiment ces petites histoires qui ont inspiré à Félix-Antoine Savard ce commentaire sur les hauts faits des « Canayens » ? : « Jamais peuple n’a nommé dans sa langue tant de terres ni tant d’eaux. »

Oui, notre grande aventure s’est déroulée dans les Pays-d’en-Haut, les vrais, pas ceux de notre télé amnésique et réductrice, pas les quelques villages passés Saint-Jérôme, mais les Pays-d’en-Haut que vous pouvez voir sur d’anciennes cartes du continent. Ces Pays-d’en-Haut, en fait, couvraient une grande partie de l’Amérique du Nord. Ce sont les « pays » en haut (en amont) du fleuve et des Grands Lacs. Notre grande aventure est celle des explorateurs, coureurs de bois et « voyageurs » canadiens-français qui ont affronté tous les dangers dans ces contrées encore inconnues des autres blancs. Ils ont exploré, défriché, commercé aussi loin que ce qui est aujourd’hui l’Oregon, le Yukon ou le Nouveau-Mexique, généralement en toute amitié avec les Premières Nations. Des noms de villes, de rivières et même des noms de famille, notamment amérindiens, en témoignent encore aujourd’hui.

Cela m’amène à l’autre nouveauté, la grande production hollywoodienne Le revenant. Une oeuvre du cinéaste Alejandro González Iñárritu. On y suit les péripéties d’un héros états-unien évoluant dans l’environnement jadis hostile de l’Ouest américain. Un film où on voit quand même la pointe de l’iceberg ; quelques trappeurs canadiens-français y font de la figuration. L’histoire bien que romancée est véridique, c’est celle du trappeur Hugh Glass. Cette histoire comme tous les westerns made in Hollywood est une brique de plus dans l’édification de la mythologie américaine, laquelle magnifie quelques figures, toujours anglo-américaines blanches, en passant toujours sous silence, entre autres, que l’appropriation de ce qu’on appelle le « Far West » ou « Pays-d’en-Haut » a plus que tout été d’abord l’affaire des « Canayens », bien au-delà de l’étendue déjà immense de ce que fut la Nouvelle-France et bien après sa chute.

Pour chaque Buffalo Bill ou chaque Davy Crockett, combien de frères Robidoux, de Beaubien et de La Ramée ont marqué cette Amérique en gestation ? Des dizaines voire des centaines de personnages plus grands que nature et aux destins rocambolesques attendront leur Iñárritu en vain parce qu’ils ne sont pas des États-Uniens bon teint. Ne lancez pas la pierre à Iñárritu, ce Mexicain d’une grande culture n’est que trop au courant de la diversité des peuples impliqués dans l’édification du continent, mais… ça prend de l’argent pour faire un film, plus de 100 millions de dollars dans ce cas-ci. Need to say more ?

Mais, rêvons un peu. Et si le genre Western renaissait sous un nouvel avatar ? Après le western-spaghetti et le western-sci-fi, le western-poutine ? La vraie histoire des Pays-d’en-Haut ! Ce ne sont pas les sujets qui manqueraient pour nos Villeneuve, Vallée, Dolan et compagnie. À bon entendeur, salut !

31 commentaires
  • Jacques Lamarche - Abonné 13 janvier 2016 03 h 45

    Le cinéma politique!

    Pas surprenant que les Américains se croient si grands! Leur cinéma, notamment par le western, n'a cessé de vanter les mérites des ses pionniers et louer la grandeur de leurs conquêtes. Et leurs misères, ils ne cessent de les taire par un cinéma qui exploite l'extraordinaire et plonge dans l'imaginaire. Les Américains croient vivre dans un monde de rêves, le plus bel univers sur terre, que le cinéma ne cesse de reinventer et qui se tient loin des réalités! Un expert, disait l'autre jour, que le cinéma américain était surtout politique! Toujours en effet, il tend à vanter leur supériorité et à promouvoir des valeurs qui ont fait de l'Amérique une remarquable société : la liberté, la force de la volonté, un patriotisme nourri d'une immense fierté!

    Au contraire, au Québec, le cinéma a souvent réduit ses pionniers à de misérables fermiers et rapetissé son histoires à quelques anecdotes du terroir! Guère mieux à la télévision! Les séries télévisées sur René Léveesque et Félix Leclerc ont transformé de belles page de notre histoires en de déplorables parodies! Pas surprenant que les Québécois se voient petits et démunis, incapables de bâtir un pays!

    Ici encore, l'image projetée ne sera pas à leur avantage, à la hauteur des hommes et des femmes qui, ici, dans la neige et la pierre, ont conquis des espaces infinis!

    Le cinéma peut ou non contribuer à élever des sociétés!

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 13 janvier 2016 09 h 48

      Tres bien dit.Et la conclusion:"Pas surprenant que les québecois se voient petits et démunis,incapables de batir un pays."Rapetissés,manipulés surtout par les notres,colonisés et détestés par le ROC,épuisés par tant de mensonges ils n'osent meme plus se regarder dans un miroir,triste misere de l'ignorance et de l'insignifiance.La fierté ca s'apprend.et ca se mérite. J-P.Grisé

    • Claude Bariteau - Abonné 13 janvier 2016 12 h 54

      Cotnoir a raison. Les habitants de la colonie du Canada de la Nouvelle-France se qualifiaient « canayens », terme officialisé en 1754 par la venue de soldats français pour défendre cette colonie et celles de l'Acadie et de la Louisiane.

      Mais ils n'étaient pas des « canayens français ». Ceux et celles dénommés « canadiens français » en furent des descendants. Par contre, l'expression « canadiens français » s'appliqua plus à ceux et celles qui s'opposèrent aux dirigeants britanniques, ce qui exclut ceux et celles qui s'y associèrent, dont des marchands, des seigneurs et des membres du clergé.

      Il y a beaucoup de films à réaliser sur ces associés et leurs pareils aujourd'hui. Mais, pour ça, il faut renverser l'ordre qu'ils ont appuyé comme le font leurs pareils.

    • Luc Archambault - Abonné 14 janvier 2016 03 h 30


      Les Filles du Roy arrivées entre 1663 et 1683 n'étaient certainement pas canayennes... or, en 1663 ( à peine 56 ans après la fondation de Québec en 1608 ), la majorité des 3000 neufrancien,nes étaient né,es en France et les natif de Nouvelle-France avaient des parents né,es en France... pas davantage des «canayen,nes» donc... Imaginons que le Québec actuel n'a que 56 ans d'âge et que la presque totalité de la population de 50 ans et + est née en France... le reste a des parents ou grands-parents né,es en France... et l'identité française aurait complètement disparu de la culture neufrancienne... Vraiment !?

      À la Conquête, en 1759... les 4/5 des ± 70K Neufrancien,nes avait une mère ou une grand-mère Filles du Roy, née et éduquée en France, sachant parler, lire et écrire un même français de la Cour du Roy de France... ce n'est pas en moins de 90 ans que peut se fonder une nation distincte de toute autre, un peuple distinct du Peuple de France dont nous étions partie intégrante.

      C'est de la projection anachronique que de le prétendre.

      La Conquête certes nous a fait à bon droit renier notre appartenance à l'amère patrie française, qui nous a abandonné... lâchement... Ce qui a fait brutalement des Neufrancien,nes un peuple orphelin, distinct de tout autre, privé de ses élites militaires, politiques, économiques, financières, cléricales et entrepreneuriales qui ont fui l'occupation anglo ; n'est resté que la petite noblesse et que le bas-clergé.

      Qu'est-ce qu'un Peuple, privé de telles élites ? Bien peu de choses... sauf que, à partir de presque rien, ce peuple a su en moins de 200 ans se reconstituer des élites propres qui ont produit la Révolution tranquille...

  • Luc Archambault - Abonné 13 janvier 2016 06 h 06

    « voyageurs » canadiens-français en Nouvelle-France ? Vraiment!?

    Il est parfaitement anachronique de parler de « Canadiens-Français » s'il est question de faire référence aux « voyageurs » des Pays d'en Haut ( Grands Lacs ), partie de la Nouvelle-France qui s'étendait aussi en Acadie, en Canada, et en Haute et Basse Louisiane...

    L'ethnonyme Canadiens-Français n'a été utilisé que pour traduire à compter de la publication du Rapport Durham l'ethnonyme « French-Canadian utilisé par l'auteur pour distinguer les Canadians d'origine britannique, écossaisse et irlandaise des « canadians » d'origine française (Nouvelle-France), d'origine neufrancienne donc. Cette nouvelle dénomination méprisante typique de la détestation britannique de tout ce qui représentait le fait français a d'abord choqué les français,es que nous étions, mais elle s'est finalement généralisée, mais seulement à compter de la fin du 19e siècle après la pendaison de Louis Riel, et elle a été abandonnée dans les années soixantes du 20e siècle. Elle n'a été utilisé de ± 70 ans sur plus de 408 ans de présence française en continue en Amérique du Nord.

    Nous étions Français,es en Nouvelle-France, et Neufrancien,nes si nous tenons à inventer une «nationalité» qui nous serait propre et différente des métropolitains. Il n'y a pas eu d'autre nationalité que française en Nouvelle-France. Nous n'étions pas plus canadien,ne, canayen,ne, qu'acadien,ne ou que Bourguignon,ne, Percheron,ne ou Auvergnat,e.

    À la Conquête, les 4/5 des ± 70k Neufrancien,nes que nous étions, avait une mère ou une grand-mère Fille du Roy, née et éduquée en France par la fine fleur de la Cour du Roy de France, sachant toutes parler, lire et écrire un même français, celui de la Cour de France, que ces pupilles du Roy viennent de quelque région de France que ce soit, là où se parlait quantité de dialectes ou langues autres que le français... Ce pourquoi nous parlons toutes et tous un même français en Nouvelle-France et maintenant au Québec, contrairement à ce qui se passait à la même époque en France.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 13 janvier 2016 10 h 35

      En tout respect, vous semblez avoir la mémoire sélective. Dès le XVIIIe siècle les habitants d'ici se différencaient des métropolitains en se désignant comme "Candiens" ou "Canayens" comme ils prononçaient souvent ce mot. Je vous suggère la lecture de cet ouvrage contemporain de la "French and Indians War" couvrant la période de 1751 à 1761 et écrit par Joseph-Charles Bonin dont le titre est "Voyage au Canada" disponible sur Internet en accès libre au http://manuscritdepot.com/a.pierre-bonin.4.htm
      Par ailleurs, une lecture de deuxième tome de l'oeuvre de Serge Bouchard, "Ils ont couru l'amérique : de remarquables oubliés" vous remettra les pendules à l'heure. Si vous préférez l'audio, allez au http://ici.radio-canada.ca/radio/profondeur/remarq

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 janvier 2016 10 h 54

      «Neufrancien» ??? Jamais entendu de ma vie.

      Canayen... Entendu toute ma vie. Ce n'est pas du joual, c'est du Canayen originel.

      Mais, ne nous gênons pas, réécrivons toute notre histoire, elle a tellement peu de racines valables.

      Petit rappel rapide : Les «Français de l'époque» sont retourné là d'où ils venaient. Ceux qui sont restés sont des Canayens.

      Et la «langue parlée» d'ici vient de l'Iles de France et de la cour du Roy enjolivée de termes maritimes; ce qui est tout à fait compréhensible quand tu passes trois mois sur un bateau pour te rendre à destination.

      La langue française d'aujourd'hui est la langue des «marchants» et «commerçants». Rien pour en faire des gorges chaudes.

      Louis XIV, le Roy soleil disait : icitte, moué et assire. Ne vous en déplaise.

      Mais... on n'en est pas à une dénigration près. Vogue la galère (Tiens... un terme maritime).

      PL

    • Luc Archambault - Abonné 13 janvier 2016 19 h 09

      @ Pierre-Alain Cotnoir,

      « Canayens », n'est pas « canadien-français »... et... vous citez « French and Indians War »... on parle bien ici de Français... non pas de «Canayens».

      Et... c'est un Français métropolitain, dont vous parlez ( J-C B), qui qualifie de Canadiens et d'Acadiens les Français de Nouvelle-France pour les distinguer de lui, qui n'est que de passage... et qui n'est pas né en Nouvelle-France et qui est retourné en France sans laisser ici de descendance, comme nombre de Français ayant vécu en Nouvelle-France.

      Or, Joseph-Charles Bonin parle très généralement dans son ouvrage des Français de Nouvelle-France qu'ils soient des « provinces » française du Canada, d'Acadie, le Louisiane ou des Pays d'en Haut ( Grands-Lacs ), notamment par opposition aux Anglais... (qui du reste sont surtout Écossais et Irlandais...), ce qui inclut les Neufrancien,nes ( né,es en Nouvelle-France ) de Canada, d'Acadie, de Louisiane et des Pays d'en Haut.

      Comme quoi... nous étions Français,es... de nationalité française... non pas canadienne, puisque n'a jamais existé une telle chose d'un Pays qu'une nation canadienne... ou acadienne, ou louisianaise. Nos ancêtres de Nouvelle-France étaient de nationalité française... étaient Français,es.

    • Luc Archambault - Abonné 13 janvier 2016 19 h 16

      @ Pierre Lefebvre,

      Neufrancien,ne est un néologisme de mon cru. Nous n'étions pas plus Canayens que les Canadians d'Ontario sont Ontarien,nes, que les Francais,es de Bourgogne sont Bourgignon,nes, que les États-unien,nes de NY sont Newyorkais,es...

      Et oui, les Filles du Roy avaient été éduquées par la fine fleur de la noblesse française de la Cour du Roy de France, en la personne des religieuses françaises et savaient lire, écrire et parler le français de la Cour du Roy de France... ce qui explique que nous parlions toutes et tous un même français d'excellente tenue, contrairement à ce qui se passait en France à la même époque.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 janvier 2016 08 h 22

      «Neufrancien» J'apprécie que vous inventiez des mots pour décrire et nommer ceux qui «se» nommaient «eux-mêmes» «Canayens». Ils ont adopté ce terme justement pour se «différencier» des Français. Et ceci bien «avant» que ces «Français» retournent dans leur terre. Personne ne leur a «imposé» ce nom, ils l'ont «choisi», pour se «définir eux-mêmes». Mon arrrrière grand-père arrivé en 1663 était Français, son premier fils et tous les autres à la suite étaient Canayens (de Cap Santé).

      Personne de langue anglaise étaient «nommé» dans ces temps-là «Newyorkais», ils étaient nommés «Bostonnais» depuis Cap Santé jusqu'à Montréal. De Québec à Fort Royal, ils étaient nommés soit «Anglais» ou «Écossais» ou «Hollandais».

      Quand le terme «Canayen» est apparu, il n'y avait pas «d'Ontario», il ne pouvait donc pas y avoir «d'Ontariens».

      C'est bien mal connaitre l'Histoire de la France pour oublier le terme «Bourguignon», pas nécessairement apprécié de la majorité des Français de l'époque après les Mérovingiens.

      «Ce qui explique que nous parlions toutes et tous un même français d'excellente tenue» Mais le français que nous parlons, n'est plus celui des Filles du Roy, celles qui ont eu ces enfants canayens et qui leur ont enseigné la «parlure» de la Cour. (Et il faut avoir voyagé un peu en France pour savoir que les jargons locaux y sont encore très présents.)

      Ceux qui descendaient des bateaux pour la première fois étaient Français, ceux qui sont né ici et se sont affranchi «eux-mêmes» et sont devenu Canayens. Être «Canayen» à cette époque était un «choix personnel» et un refus de vivre sous oppression française. Ce premier refus (global) personnel fut beaucoup plus senti à partir de Cap Santé vers l’ouest, qu’à Québec trop près encore de l’autorité royale et du système établi. L’expression «Les moutons de Québec et les loups de Montréal» date de cette époque.

      J'apprécie que vous inventiez des mots, mais l'Histoire... pas tellement.

      Bonne journée.

      PL

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 janvier 2016 08 h 31

      Autre petit détail : En Europe, quand deux armées de 5 mille hommes se faisaient face, ils appelaient ça une guerre.

      Ici quand 350 habitants faisaient revirer de bord une armée de 2500 hommes, ils nommaient cela une escarmouche.

      PL

  • Luc Archambault - Abonné 13 janvier 2016 06 h 12

    À nous d'écrire notre histoire !

    Et OUI, la Conquête a fait loi. L'Histoire est toujours celle des vainqueurs... Et OUI, ce n'est pas obligé d'être la nôtre... celle des vaincus... La nôtre c'est à nous de l'écrire... Personne ne le fera à notre place...

    Vive l'épopée de l'Amérique neufrancienne donc, non pas « western » mais ouest, nord, sud... presque la moitié de l'Amérique du Nord actuelle... À nous de défendre la protection de la diversité culturelle de l'Humanité...

    ± 32M de personnes d'ascendance neufrancienne vivent aujourd'hui en Amérique du Nord parfaitement anglicisées, tel Justin Bieber, telles Madona, Angelina Jolie, Beyoncé et... Hillary Clinton, tout probablement future première Présidente des États-Unis d'Amérique, une fière descendante des Filles du Roy...

  • Yvon Forget - Abonné 13 janvier 2016 07 h 51

    Enrichisante réflexion

    Merci d'aller au delà du "marketing" et des images à l'emporte pièce ! Je crois que votre article se documenterait de façon concrète pour le lecteur par le livre de Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque: "Ils ont couru l'amérique" de remarquables oubliés, tome 2(Lux) qui nous ouvre à LA CONNAISSANCE DE CES "CANAYENS FRANÇAIS" QUI TRIMÈRE DUREMENT eux aussi dans les (vrais) pays d'en-haut.
    Merci de ce moment de vérité

    • Claude Bariteau - Abonné 13 janvier 2016 09 h 46

      Périard dit clairement les visées du cinéma américain et canadien. Les deux sont politiques. Lamarche a raison. Et Archambault en fait une démonstration transparente. Au Canada, le cinéma canadien conte une histoire rabougrie des premiers colons, des Français et leurs descendants, que Bouchard a revisité en les qualifiant de « canayens français.

      Précisions : à l'expression « canayens » le qualificatif « français » ne s'applique pas, car, utilisée à partir de 1754 pour différencier les Français fraichement arrivés des Français présents, elle qualifie les habitants la colonie du Canada en Nouvelle-France.

      Quant à l'expression « canadiens-français », traduction de « French-Canadians » de Durham, elle fut utilisée par le clergé et des historiens canadiens qui ont pensé les « canayens » dans les termes du conquérant britannique et du Canada, son bébé.

      Avec eux, l'histoire qui leur donna naissance fut rabougrie comme le fut l'expression des pays d'en haut, celui des nations autochtones des Grands Lacs avec lesquelles les « canayens » commerçaient. Le curé Labelle, promoteur de la colonisation du nord du Québec, fit de cette désignation un lieu de repli encadré par l'Église.

      De passage à Yorktown, j'ai cherché un écho aux « canayens » associés à la lutte des Patriots américains, car plusieurs s'y trouvent après s'être liés aux deux régiments venus chasser les Britanniques du Québec. Je n'ai trouvé qu'une allusion à la conquête de Québec en 1759 alors que la reddition de la France, le fait marquant, s'est passée à Montréal en 1760.

      Dans les manuels d'histoire, ces deux faits sont guère abordés. Comme n'est pas abordé le projet d'accord entre la Grande-Bretagne et les peuples autochtones avant la reddition de Montréal, encore moins la défaite d'Odelltown qui conduisit à l'Union de 1840 et au Canada de 1867.

      C'est ainsi parce que l'histoire racontée est des dirigeants, de sorte que l'histoire du Québec, la vraie, le sera quand pays il sera.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 janvier 2016 08 h 06

    Le temps

    Je connais bien cette époque dont vous parlez. Ce temps où l'Amérique était à découvrir, où la main de l'homme blanc n'avait pas encore mis le pied. Mais le nouveau téléroman ne parle pas de ce temps, il se situe plus tard dans l'histoire. Les découvertes causées par la recherche de pelleteries est passée, la chasse et la trappe ne sont plus ce qu'elles étaient. Nous somme à la période du bois, de la drave et de l'industrie naissante. Nous ne sommes plus au temps des Intendants, nous sommes après la Conquête dans une région où «la ville» n’était pas encore implantée.

    Bien que le temps précédent soit plein d'histoires de courage, d'aventures et de découvertes, il y a peu d'auteur qui s'y intéresse assez pour écrire sur le sujet, sauf quelques historiens qui, malheureusement, en extirpe toute romance et toute grandeur et ne font que glaner en descriptions plates sur les dates, les personnes et les évènements en en évitant tout l’âme et conflit. «Pas de conflit, pas de roman». Sauf un. Que vous trouverez sur le Web à «Les éditions fleur de lys».

    Se plaindre de ce qu’on ne voit pas dans un téléroman parce que ce n’est pas le sujet du téléroman est tout à fait étrange. Je lierai probablement bientôt «Mais le curé Labelle n’a jamais porté la barbe». Probablement que le réalisateur a voulu éviter «Louis Cyr est maintenant curé». Le problème avec «choisir» est que tous ne seront jamais tous d’accord, c’est la conséquence directe d’un «choix».

    Vous voulez voir des histoires à votre goût ? Faites-le vous-même. C’est ce que font les réalisateurs, les auteurs et les romanciers. Celui dont je parle en aparté n’était pas satisfait de ce qu’il lisait à propos de notre histoire; il s’est mis à l’écriture. Maintenant «il aime». Il ne sera probablement jamais connu ni acclamé mondialement, mais… ce n’était pas son but; il avait une «histoire» à raconter et il l’a fait.

    À vous lire.
    (La critique, c'est trop facile)

    PL

    • Claude Bariteau - Abonné 13 janvier 2016 13 h 00

      Jiang-Li, paru en 2015, aux Éditions La Semaine, est un roman qui, sous ma plume, s'ajoute à celui que vous citez. La première partie met en perspective l'histoire, présente des éléments passés sous silence et rappelle les luttes et les contrtaintes des descendants des « canayens » mais aussi celels, plus récentes, des Québécois d'origine canadienne-française.

    • Luc Archambault - Abonné 13 janvier 2016 19 h 22

      @ Claude Bariteau,

      « Québécois d'origine canadienne-française » !? Les origines de ces Québécois,es ne remonterait qu'à la fin du 19e siècle ? Vraiment !? Il,elles seraient sortis de quelle cuisse de Jupiter la gauche ou la droite ?

      Les Québécois,es sont d'origine française ( neufrancienne si vous préférez... pour les distinguer des Français,es nouvellement installé,es au Québec... ).

    • Claude Bariteau - Abonné 13 janvier 2016 21 h 17

      Monsieur Archambault, j'ai utilisé et je recours à l'appellation de Québécois d'origine « canadienne-françaises », qui ont comme ancêtres des « canayens » et des Français (je n'en doute pas), parce qu'il y a des Québécois, des gens qui vivent et veulent vivre au Québec devenu pays, qui sont d'autres origines. Et ils sont nombreux.

      Cela étant les Québécois, à mes yeux, ne sont pas tous d'origines françaises (ou neufranciennes).