De l’importance d’une industrie québécoise du doublage

Sans trop cacher ses préjugés relevant de préférences bien personnelles, M. Sylvio Le Blanc appelle à la fin du doublage fait au Québec (Mettons fin au double doublage, 16 décembre), au profit de doublages faits ailleurs. Dans ce domaine, il faut savoir que la concurrence est forte, et même agressive. Elle vient de pays comme la Belgique, l’Espagne et le Maroc qui gagnent rapidement des parts de marché dans les doublages en français.

Or, contrairement à ce que M. Le Blanc voudrait croire, les Québécois désirent avoir accès à des films et des séries télévisées doublés ici, qui leur ressemblent et qui tiennent compte des particularités linguistiques et culturelles d’ici. Selon un récent sondage réalisé par Léger pour l’UDA, 64 % pensent qu’il est important que les films et les émissions soient accessibles en version française et 75 % préfèrent que le doublage soit fait au Québec.

Développer de nouvelles voix

 

Les Québécois savent non seulement reconnaître le doublage fait au Québec, mais savent également reconnaître la qualité de celui-ci. Parce que le métier de doubleur professionnel ne s’improvise pas. Il exige une dextérité vocale hors du commun et continuellement travaillée. Il exige de surcroît une efficacité ne pouvant reposer que sur la rigueur, l’expérience et la formation continue.

M. Le Blanc souligne à sa manière l’importance d’investir dans la formation de nos doubleurs, la diversité et la relève. À cet égard, l’UDA a mis en place, au cours des dernières années, un programme de formation continue en doublage pour développer de nouvelles voix.

L’UDA et l’ANDP sont en « mode solution » pour maintenir la compétitivité du doublage québécois. Une baisse de tarifs ne sera pas suffisante pour assurer la pérennité du secteur, mais tout le monde y a vu un pas dans la bonne direction. L’engagement et l’appui des gouvernements sont maintenant attendus ; les appels en ce sens ont bien été lancés.

Au Québec, l’industrie du doublage regroupe actuellement environ 900 professionnels et artistes. Soutenir notre industrie et nos travailleurs contribuera certainement plus à notre société et à notre économie que de favoriser simplement ce qui est importé à faible coût. Un laisser-aller mettrait l’industrie québécoise du doublage davantage à risque. Le public francophone, qui s’est maintes fois prononcé en faveur d’un doublage fait au Québec, se verrait imposer une fois de plus le contraire de ce qu’il souhaite entendre.

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