Un accord qui nourrira notre prospérité

Le gouvernement fédéral a prévu de mettre en place un ensemble de programmes permettant aux producteurs agricoles et transformateurs soumis à la gestion de l’offre de maintenir leur compétitivité.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le gouvernement fédéral a prévu de mettre en place un ensemble de programmes permettant aux producteurs agricoles et transformateurs soumis à la gestion de l’offre de maintenir leur compétitivité.

Depuis l’annonce de la signature d’un accord de principe par le Canada et onze autres pays — dont l’Australie, le Japon, les États-Unis et le Vietnam — concernant le Partenariat transpacifique (PTP), nous avons beaucoup entendu parler des inquiétudes que soulève cette nouvelle entente de libre-échange concernant la production agricole, tout particulièrement la production laitière.

Alors que la campagne électorale fédérale qui vient de se terminer n’a permis de discuter que trop brièvement de ce partenariat international, il est important de revenir sur les éléments qui le caractérisent afin de ne pas escamoter un débat nécessaire pour notre avenir économique.

Selon plusieurs producteurs agricoles, le PTP remettrait carrément en cause les fondements de la gestion de l’offre, considérée comme le principal outil permettant leur prospérité économique. Or, l’équivalent de seulement 3,25 % de la production canadienne totale de produits laitiers pourra être importé au pays. Les proportions d’importations possibles sont encore plus réduites en ce qui a trait à la production d’oeufs et de poulets, les pourcentages étant de 2,3 % et 2,1 % respectivement. Rappelons que le gouvernement fédéral a également prévu de mettre en place un ensemble de programmes permettant aux producteurs et transformateurs soumis à la gestion de l’offre de maintenir leur compétitivité.

Le PTP est donc loin d’imposer une refonte draconienne de notre modèle agricole. Mais surtout, il contient de nombreux éléments positifs pour plusieurs secteurs d’activité du Québec, notamment le secteur de l’agriculture lui-même.

Faire croître le secteur agricole

Notons tout d’abord que les exportations québécoises vers les marchés visés par le PTP sont en constante augmentation depuis 2010 : elles sont passées de 41,7 milliards de dollars en 2010 à 55,2 milliards de dollars en 2014. En ce qui a trait aux exportations des produits agricoles et agroalimentaires, elles représentaient à elles seules 4,4 milliards de dollars par année en moyenne, entre 2012 et 2014.

À la suite de la ratification de l’accord par les pays membres, plusieurs droits de douane disparaîtront, permettant aux produits québécois d’être plus concurrentiels sur les marchés étrangers. Parmi les produits agricoles qui bénéficieront de cette mesure, il y a le porc, le miel, le sirop d’érable, plusieurs types de poissons et fruits de mer, les aliments transformés ainsi que les vins et spiritueux.

Il faut en conclure que les exportations québécoises augmenteront et que cela occasionnera une croissance des bénéfices économiques pour l’industrie agricole de l’ensemble de la province. Cela contribuera à l’enrichissement et à la création d’emplois en région.

Développer nos ressources naturelles

Par ailleurs, le Partenariat transpacifique contribuera à soutenir le développement du secteur des ressources naturelles. Sachant que la stratégie gouvernementale mise notamment sur le Plan Nord pour relancer l’économie du Québec, il n’est donc pas étonnant que le gouvernement Couillard ait réagi favorablement à l’accord sur le PTP.

L’ouverture de nouveaux marchés d’exportation facilitera entre autres la relance de l’industrie forestière québécoise. Cette dernière étant en perte de vitesse depuis plusieurs années, son redressement est d’une importance capitale pour l’économie des régions.

Sachant également que les métaux et minéraux constituent plus de 31 % des exportations québécoises vers les marchés visés par le Partenariat transpacifique, ce dernier constitue un élément incontournable de croissance pour notre secteur minier. Rappelons que le développement des ressources naturelles est garant de la création d’emplois indirects, notamment dans les secteurs énergétique, de la transformation, du génie-conseil et de la consultation.

Bilan globalement positif

Dressant un portrait d’ensemble des avantages qu’offre le PTP, il est clair que celui-ci constitue plus une opportunité de croissance de l’économie québécoise qu’un risque à ne pas prendre.

Les craintes des producteurs agricoles doivent-elles être pour autant balayées du revers de la main ? Évidemment pas. Mais tout indique que l’aide que leur offrira le gouvernement fédéral compensera largement les inconvénients du Partenariat transpacifique.

4 commentaires
  • Jacques Morissette - Inscrit 3 novembre 2015 08 h 32

    Le portrait est trop beau.

    De la propagande bon marché. L'auteur s'est servi du Photoshop de son imaginaire et vendre le produit à des enfants de choeur.

  • Jean-François Trottier - Abonné 3 novembre 2015 09 h 50

    Les illusions du PIB

    À court terme, il semble que le Québec profitera de l'accord.

    Par contre, à moyeb et long terme ça reste à prouver. La question ne tient pas seulement sur le fil du PIB mais aussi sur le contrôle interne nécessaire à une économie saine.

    Ne se fier qu'à l'auto-régulation des marchs pour tirer des conclusions sur la sanité de l'économie est une aberration monstre.

    Tout d'abord, il deviendra impossible de décider quune matière première doit rester sur le territoire pour pousser le développement industriel régional. Les règles de l'accord donnent tous les droits à quiconque peut acheter.

    Ensuite les nécessité d'auto-suffisance, utiles non seulement pour assurer la vie des régions mais aussi la survie nationale en cas de grave pépin (crise mondiale ou régionale, guerre, flucuations impotantes du marché), seront liées à des entente qui feront forcément plus pour les puissants que pour les petites unités économiques comme le Québec.

    Enfin, la melleure façon pour les corporations de se développer dans un ensemble aussi vaste sera la fusion. En sortiront des multinaionales encore plus puissantes, aptes à se passer des gouvernements (sauf quand on en arrivera à un autre épisode de "too big to fail", ce qui arrivera sans nul doute).

    Ainsi toute notion de démocratie se limitera encore plus à une agréable plaisanterie, un jeu tout juste bon pour calmer les petits en leur laissant l'illusion du choix.

    Un principe veut qu'à une économie "rapide et efficace", i.e. qui bouge comme une girouette au gré des caprices de quelques-uns, doit répondre un immobilisme politique et social total pour conserver un semblant de stabilité.
    C'est ce que visent nos gouvernants actuels, et cet accord va direcement dans le sens souhaité.

    Je doute que la hausse soudaine et prévue du PIB puisse pallier à ces "petits inconvénients"...

  • Yves Corbeil - Inscrit 3 novembre 2015 09 h 59

    Cher génie

    Qu'est-ce qu'on fait ici qui n'est pas fait ailleurs pour qu'on est un avantage face aux autres qui sont énormément plus gros et puissant. Le petit habitant qui veut compétitionné avec la multi, bien y va arrivé deuxième. Quand on produira des choses qui ne se font pas ailleurs on aura un avantage pour un certain temps mais de la manière que nos cher dirigeants gèrent l'éducation ici, on restera à la traine du monde. Désoler jeune homme.

    • André Tremblay - Abonné 3 novembre 2015 22 h 06

      Pourriez-vous être plus clair dans votre argumentation ? Je ne comprends surtout pas votre allusion à "de la manière que nos cher dirigeants gèrent l'éducation ici".