Pourquoi nous appuyons le NPD

Les électeurs québécois souhaitent en grande majorité un changement de gouvernement à Ottawa. Après dix ans de règne conservateur, nous sommes d’accord : il est temps de passer à autre chose. Nous sommes un groupe d’universitaires québécois et québécoises convaincu qu’il est temps pour le Québec d’exercer pleinement son poids politique à Ottawa, non seulement par une représentation à la Chambre des communes, mais aussi en votant pour un parti qui aspire à former le gouvernement.  
 

Dans un système électoral uninominal à un tour, les partis qui aspirent à prendre le pouvoir doivent coaliser des perspectives parfois divergentes. Il n’est par conséquent guère réaliste de penser qu’un parti pouvant prétendre au pouvoir puisse défendre l’ensemble de nos positions politiques préférées. Il s’agit de choisir le parti qui est susceptible d’adopter la gamme de politiques qui se rapproche le plus de nos valeurs.

En tant que progressistes attachés aux droits fondamentaux et désireux de contribuer à l’assainissement de notre vie démocratique, nous croyons que le Nouveau Parti démocratique est le choix le plus prometteur dans le contexte actuel. Nous ne nous berçons pas d’illusions. Aucun parti n’est susceptible de réaliser la totalité des engagements annoncés. Nous croyons toutefois que l’élection d’un premier gouvernement du NPD dans l’histoire du Canada favoriserait l’émergence d’une vision de la société centrée sur la solidarité sociale, la réduction des inégalités, la lutte contre les changements climatiques, l’établissement d’une relation plus juste avec les peuples autochtones et une politique internationale plus humanitaire.

Certains, à gauche, sont déçus par le mouvement vers le centre du NPD — un mouvement inauguré par J. Layton et poursuivi par T. Mulcair. Nous comprenons cette déception, mais contestons énergiquement l’inférence selon laquelle cela nous autorise à mettre tous les partis dans le même panier.

Il est vrai que le PLC de J. Trudeau a surpris en adoptant un programme plus progressiste que ce à quoi les gouvernements libéraux du passé nous ont habitués. On dit même que le PLC a doublé le NPD sur sa gauche en raison de sa volonté de faire de modestes déficits pendant trois ans même si le pays n’est pas en récession. L’analyse du caractère progressiste des plateformes ne doit toutefois pas être fondée strictement sur la décision de faire des déficits ou non. Ce qui importe le plus, ce sont les politiques fiscales et sociales annoncées par les partis.

À ce titre, la proposition du NPD de créer un système public de garderies est préférable aux chèques que le PLC veut envoyer aux familles. Un service de garde abordable et de qualité favorise l’égalité des chances, la mixité sociale et l’emploi des femmes. Et comme le NPD s’est engagé à reconnaître aux provinces un droit de retrait avec pleine compensation, le Québec pourrait compter sur des nouveaux transferts qui lui permettraient de mieux financer les CPE.

De plus, il est absolument possible d’adopter de nouvelles politiques sociales tout en équilibrant le budget en augmentant les recettes fiscales de l’État. Le NPD s’est ainsi engagé à utiliser les revenus engendrés par l’élimination de l’allégement fiscal pour ceux qui se prévalent de leur option d’achat d’actions pour financer son plan de lutte contre la pauvreté chez les enfants. Il s’est aussi engagé à augmenter les impôts des grandes entreprises et à réinvestir dans l’assurance-emploi.

Enfin, le programme du NPD relativement à la lutte contre le réchauffement climatique est le plus ambitieux des trois principaux partis, puisqu’il s’engage à réduire de 34 % les GES d’ici 2025, alors que les conservateurs ne visent qu’une réduction de 14,4 % d’ici 2030 et que les libéraux n’ont pas encore précisé de cible. Si l’on peut regretter le manque de clarté du NPD concernant le projet Énergie Est, son engagement envers un processus d’évaluation environnementale sévère, prenant en compte les effets réels de tout projet sur le climat et devant être cohérent avec nos engagements internationaux, nous paraît un gage suffisant pour l’appuyer dans la présente élection.

Le NPD — le parti de l’assurance maladie universelle — est celui qui a été le plus constant dans la défense de la social-démocratie dans les cinquante dernières années. Son chef, T. Mulcair, n’est pas parfait, mais il s’est démarqué dans cette campagne par sa volonté de défendre des positions de principe même lorsque la compromission et l’opportunisme auraient été plus payants d’un point de vue électoral.

Attaqué par J. Trudeau, qui a repris à son compte la ligne dure de J. Chrétien et de S. Harper au sujet du droit à l’autodétermination du Québec, Mulcair a défendu la règle du 50 % + 1. Sur la désespérante question du niqab, alors que le Bloc nourrit la politique de la division et de la distraction des conservateurs, le NPD n’a pas fléchi. Et a-t-on besoin de rappeler que le NPD a voté contre C-51, alors que le PLC a voté pour ? Ces prises de position n’incarnent-elles pas le genre d’intégrité morale et de courage politique que nous souhaitons de la part des élus ?

Nous pensons qu’un gouvernement du NPD représente la meilleure chance d’une gouvernance sociale-démocrate constante et cohérente, ainsi que d’une influence forte du Québec à Ottawa. Une fenêtre historique s’est ouverte dans les derniers mois ; ne la laissons pas se refermer pour une histoire de niqab orchestrée de toutes pièces par le Parti conservateur.

*Jocelyn Maclure, Dominique Leydet, Martin Papillon, Ryoa Chung, Daniel Weinstock, Jane Jenson, Frédérick Guillaume Dufour, Martine Delvaux, Dimitrios Karmis, Pascale Dufour, Peter Dietsch, Isabelle Dumont, David Robichaud, Naïma Hamrouni, Martin Petitclerc, Charles Taylor, Mélanie Bourque, Pablo Gilabert, Geneviève Nootens, Patrick Turmel.

56 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 octobre 2015 05 h 39

    Influence forte du Québec à Ottawa

    Combien de chefs politiques avons-nous envoyé au cours des ans à la direction de ce grand pays appuyé majoritairement par le Québec ? Combien de fois notre vote aura été déterminant à l’élection d’un premier ministre ? Et dites-moi, combien de fois les aspirations du Québec ont été défendues ? Et vous croyez que cette fois-ci sera la bonne ??? Pour un groupe universitaire, je vous trouve pas mal naïf. Être social-démocrate ne «définie» pas le Québec, des social-démocrates y en a ailleurs.

    Dites-moi que vous souhaitez que le pays fonctionne, que vous voulez destituer Harper, que vous ne voulez pas d’un autre Trudeau, n’importe quoi, mais pas que vous voulez que les aspirations du Québec soit soutenues au fédéral, là… vous poussez le bouchon un peu trop profond. Y a pas de cours d’histoire moderne à l’université il me semble et à ce que je vois.

    Je vais vous donner un petit cours d’histoire géographique : «Les aspirations du Québec ne traversent jamais la rivière des Outaouais. Cette charge est toujours délestée sur la berge de ce côté-ci». Et vous vous apprêtez à voter pour un groupe qui n’a même pas ces aspirations dans son programme. Faut le faire !!! Dites… ça donne quoi l’université ?

    Bonne journée.

    PL

    • Yann Leduc - Abonné 10 octobre 2015 17 h 00


      Pour le NPD comme pour QS, ce qui compte c'est " la solidarité sociale, la réduction des inégalités, la lutte contre les changements climatiques, l’établissement d’une relation plus juste avec les peuples autochtones et une politique internationale plus humanitaire".

      Pour eux, la question nationale québécoise est secondaire, voire dépassée, car, selon eux, le peuple québécois n'est plus opprimé politiquement, économiquement ou culturellement. L'indépendance du Québec n'est pas une fin en soi, c'est, au mieux, un moyen de servir d'autres causes (socialisme,féminisme, écologisme, droits autoctones,etc.), au pire, une idée à combattre.

      Pour eux, la laïcité n'est pas menacée au Québec et la question du niquab n'est qu'une simple tactique "de division et de distraction" orchestré par les conservateurs.

      Les sympatisants de NPD et de QS n'aiment pas trop parler des questions religieuses et nationales, mais ce n'est pas en ignorant ces problèmes qu'on va les régler.

    • Gilles Théberge - Abonné 10 octobre 2015 22 h 23

      Et voilà pourquoi je ne suivra pas ce conseil...

      Et je remarque que de plus en plus de gens, se fichent de la question québécoise comme d'une guigne...!

    • Pierre Fortin - Abonné 11 octobre 2015 12 h 51

      Voilà vingt personnes qui ont vite fait de mettre en berne les aspirations légitimes du Québec pour mieux se fondre dans le grand tout multiculturaliste canadien. Que ces gens le veuillent ou non, le peuple québécois fondateur de ce pays est en situation minoritaire alors qu'aucun grand parti canadien ne reconnaît ses aspirations légitimes et ne les reconnaîtra jamais à moins d'y être forcé par la crainte d'un référendum sur l'indépendance du Québec. Ils ont la mémoire courte et font peu de cas des revers que nous avons subis pour avoir cru plus d'une fois à des promesses d'arracheurs de dents.

      Que ces gens choisissent d'ignorer leur propre statut de minoritaires et de confier à d'autres le mandat de leur représentation politique nationale est le comble du renoncement. Balayer du revers de la main ainsi qu'ils le font la pertinence de voter Bloc en l'associant faussement aux positions d'un Harper rétrograde est honteux. Le Bloc ne formera jamais le gouvernement mais il est, ne leur en déplaise, le seul dont on ne peut mettre en doute les engagements envers les Québécois et qui peut les représenter fidèlement.

      D'autre part, ces vingt grands universitaires traitent avec beaucoup de désinvolture et de naïveté le dossier crucial de la protection du bassin du St-Laurent en se satisfaisant de la promesse d'une étude environnementale de l'ONE dont on connaît la rigueur, les intérêts et les penchants idéologiques. L'absence de considérations scientifiques sur ce dossier révèle une légèreté impardonnable et ne vaut que ce que valent les lignes de presse en campagne électorale.

      Ont-ils au moins pris soin de s'inscrire auprès du directeur général des Élections à titre de tiers pour leur contribution à la campagne du NPD?

      Ce plaidoyer est un renoncement honteux et complaisant.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 octobre 2015 08 h 48

      Il y avait 74 députés PLC sur 75 avec Trudeau en 1982.

      Quant au NPD, il a appuyé cette infâmie.

    • Claude Bariteau - Abonné 12 octobre 2015 10 h 46

      «Nous sommes un groupe d’universitaires québécois et québécoises convaincu qu’il est temps pour le Québec d’exercer pleinement son poids politique à Ottawa»

      Le poids politique du Québec : 78/334 = 23,3 %. Voter NPD à 40 % donnerait un poids égal 9,32 %; à 50 %, c'est 11,7 % et à 30 %, c'est 6,9 %.

      En fait, vous proposez uniquement que le Québec se dise heureux dans le Canada de 2015 après avoir été malheureux dans l'Union et dans le Dominion of Canada, puis dans le Canada de 1931 et celui de 1982.

      Pourquoi ? Parce que vous aimez le Canada et que vous estimez que le NPD de Mulcair, qui n'est pas celui de Layton, vous réconforte avec les valeurs que vous estimez honorables : production de pétrole des sables bitumineux, transport de ce pétrole sur le territoire québécois, reconnaissance de la supériorité des choix individuels sur les règles définissant les rites de passage pour devenir citoyens et citoyennes dans un pays, position ambiguë sur la reconnaisance du résultat d'une consultation sur l'avenir du peuple québécois, car il n'y est pas fait mention du droit à l'autodétermination externe, et cetera.

      Comment pensez-vous, avec ce poids, faire en sorte que le peuple québécois puisse avoir une influence réelle sur ces questions majeures quant à son avenir ?

  • Pierre Grandchamp - Abonné 10 octobre 2015 06 h 31

    Pourquoi je n'appuierai pas le NPD

    Parce que l'histoire récente nous a enseigné plusieurs positions anti Québec. Parmi ces traces nombreuses, mentionnons:

    1-"La nuit des longs coûteaux"

    2-Son opposition à l'entente du lac Meech pourtant aceptée par les 10 provinces.

    3-L'empreinte du NPD lors de l'Union Sociale

    4-Son accord à C-20

    Rappelons que les députés NPD québécois ont appuyé l'appui du fédéral au projet hydro électrique de Newfoundlanc, et cela à l'encontre de notre Assemblée nationale.

    L'appui actuel du NPD au projet d'oléoduc passant au Québec alors qu'il s'est opposé à celui passant en British Colombia.

    Enfin son accord avec le niqab à l'assermentation.

    Il faut souligner sa tendance à la centralisation. Exemple: son projet de garderies pourtant relevant des provinces.

    • Jacques Boulanger - Inscrit 10 octobre 2015 13 h 26

      Merci pour le rappel, M. Grandchamp.

    • Jacques Boulanger - Inscrit 10 octobre 2015 22 h 05

      À Montmarquette,

      Qui vous a parlé du Bloc ?

    • Daniel Gagnon - Abonné 12 octobre 2015 21 h 06

      Monsieur Mulcair est en effet passablement vire-capot. Ses paroles sont doubles et artificieuces.

      Il fait demi-tour facilement.

      Au sujet du déversement des eaux usées dans notre majestueux fleuve, n'a-t-il pas autorisé lui-même, sous Charest, la même honteuse souille, n'a-t-il pas permis que la même boue salisse le Saint-Laurent, que la même fange corrompe nos eaux?

      Alors comment faire confiance?

  • René Bolduc - Abonné 10 octobre 2015 07 h 44

    Anything but ...

    Certains me trouveront peut-être cynique, mais je pense que l'urgence de se débarrasser des Conservateurs est encore plus grande que celle d'élire le NPD. Bref, si, à la veille du scrutin, un candidat de notre comté a des chances de battre un candidat conservateur, c'est à lui que notre vote devrait aller. Je sais, c'est stratégique, mais c'est aussi ce vers quoi nous pousse notre système électoral uninominal à un tour.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 octobre 2015 12 h 30

      «Certains me trouveront peut-être cynique, mais je pense que l'urgence de se débarrasser des Conservateurs»-René Bolduc

      Vous n'avez rien à vous reprocher.

      Votre proposition est déjà beaucoup plus rationnelle qu'un vote inconditionnel pour le Bloc québécois qui risquerait de favoriser le retour d'Harper au pouvoir.

      Christian Montmarquette

    • Jacques Boulanger - Inscrit 10 octobre 2015 13 h 25

      Non mais sans blague, il y a plusieurs comtés au Québec ( à part l'irréductible région de Québec ) où la joute peut se jouer entre conservateur et autre chose ? Ben voyons, revenez-en avec le vote stratégique. C'est pas la peine de sortir cette sornette pour justifier votre appui au NDP.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 octobre 2015 17 h 03

      « revenez-en avec le vote stratégique.»-Jacques Boulanger

      Et vous, revenez-en avec votre Bloc qui ne fait rien d'autre dans cette élection que de mêler les cartes, en ne pouvant strictement rien changer à Ottawa.

    • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 10 octobre 2015 19 h 00

      Rien ne changera à Ottawa pour le Québec, et on n'y peut rien, le Canada est ainsi depuis sa fondation. Le Bloc est le seul capable de leur dire, c'est au moins ça en attendant notre propre prise en main.

      Le Canada est un concept britannique qui renie la nation francophone en son sein, et ce depuis Lord Durham jusqu'au rapatriement de la constitution canadienne de 1982, et cela s'est poursuivi avec Meech et Charlottetown. Les francophones ne sont même pas reconnus comme un peuple fondateur. C'est tout dire où nous en sommes dans votre pays monsieur.

      Je ne pense pas que la reconnaissance du peuple francophone fondateur en Amérique soit votre objectif. Si c'est le cas, vous prenez le chemin le moins sûr. 150 ans de fédéralisme canadien n'a jamais été favorable pour notre nation.

      C'est vrai que Mulcair serait ''moins pire'' que Harper pour nous québécois, mais jouer votre jeu fédéraliste optimiste voire jovialiste, n'a pas donné grand chose depuis la Conquête. Ça ne fait que retarder notre décision pour la souveraineté, en se donnant des espoirs toujours décevants avec les changements successifs de gouvernements à Ottawa.

      Pour le Québec, Mulroney nous inspirait bien plus que Mulcair, et pourtant rien n'a changé.

    • Gilles Théberge - Abonné 10 octobre 2015 22 h 28

      Et vous monsieur Montmarqette revenez en avec votre NDP...

      De toute façon les dés son jouée. Tom/Thomas ne sera pas premier ministre.

      Preuve s'il en est que le flirt de 2011 était sans lendemain.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 octobre 2015 08 h 05

      "Et vous, revenez-en avec votre Bloc qui ne fait rien d'autre dans cette élection que de mêler les cartes, en ne pouvant strictement rien changer à Ottawa."

      Les députés npdistes québécois ont été les défenseurs du Canada lors de l'aide fédérale au projet hydro électrique de Newfoundland. Ils représentent actuellement la position multiculturalisme canadian sur le niqab.....Ils sont de bons défenseurs du Canada.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 octobre 2015 08 h 12

      @M. Montmarquette

      Il y avait 74 députés libéraux PLC sur 75 lors de l'adoption de l'infâme constitution de 1982. Re: la force des députés fédéralistes québécois à Ottawa. On l'a vu assez récemment avec le registre des armes à feu.

      Quant au NPD, il a appuyé cette ILÉGITIME constitution bétonnée de 1982. La correction a failli être faire avec l'accord du lac Meech que le député a rejeté.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 octobre 2015 08 h 58

      @ M. Bolduc

      Si je suis votre logique, vous devriez voter libéral pcq c'est ce parti qui a de bonnes chances de battre les Conservateurs.

    • Sylvain Auclair - Abonné 12 octobre 2015 15 h 55

      Monsieur Boulanger,
      Il y a chez moi, dans Mont-Royal (j'habite à sa périphérie, à 45 secondes de marche de la circonscription d'Outremont).

  • Jean-Pierre Roy - Abonné 10 octobre 2015 07 h 58

    Nous aurions pu le deviner!

    Bonjour mesdames et messieurs,
    Vous n'aviez pas besoin de le dire par écrit ni même verbalement que vous appuyez le NDP et les motifs de votre appui. Nous le savions déjà!
    Jean-Pierre Roy

    • Jean Jacques Roy - Abonné 10 octobre 2015 18 h 44

      Monsieur Roy,
      je crois que votre "nous" est de trop!
      Il aurait été suffisant de dire "Je".

      Vous connaissez déjà le programme du NPD et vous connaissez les arguments avancés... Vous êtes informé! Tant mieux.

      En plus de votre personne, ce journal est lu par quelques milliers de lecteurs et lectrices... Le Devoir est publié pour tous ses lecteurs, pas seulement pour ceux et celles qui se croient informé.es. Et à une semaine des élections, cet espace réservé au partisan.nes du NPD n'est pas de trop pour faire équilibre à toute la propagande gratuite dont a profité le parti "provincialiste" de Duceppe.

      Somme toute, le "nous" que vous adoptez, n'est pas de Majesté. Modestement, c'est "vous" et la frange des lecteurs et lectrices qui ont leur idée faite d'avance et qui voteront Harper-Duceppe , Libéral ou Vert?

      Monsieur Roy, sans être habituellement campiste... cette fois-ci, les circonstances y obligent. Vous le savez, vous qui êtes si bien informé.

      D'un côté il y a le camp Duceppe-Haper. Un vote pour un candidat du Bloc empêchera dans certaines circonscription l'élection d'un candidat libéral ou NPD... Pire encore, si un bloquiste est élu c'est élire un allié du gouvernement conservateur. Vous avez suivi la campagne de Duceppe?Vous avez constaté que Harper n'a pas eu à faire campagne au Québec, Duceppe l'a fait à sa place. Et j'en passe concernant la position guerrière "pro impérialisme CANADIEN" du Bloc!

      L'autre camp. Vous le connaissez. C'est de voter soit pour un candidat NPD ou Libéral, si l'option est de sortir Harper. Et si on vote pour le sortir, choisissons pour meilleurs.

      On en est rendu là au Québec. Il y a 2 mois, il semblait assuré que le NPD nous libèrerait de Harper. La campagne de salissage et de demi-vérités de Duceppe contre le NPD a eu comme conséquence de faire remonter les espérances de votes en faveur des conservateurs-bloquistes et aussi pour les libéraux.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 10 octobre 2015 21 h 26

      " Nous le savions déjà" (Jean-Pierre Roy)

      Étrange ce "nous"! Remarquez que "nous" sommes quelques milliers de lecteurs et lectrices de ce journal! Avez-vous la prétention de tous et toutes "nous" inclure comme signataires de votre commentaire sarcastique, pour ne pas dire suffisant, à l'endroit de ceux et celles qui ont signé cette lettre.

      Pourtant, Monsieur Roy, vous dites "nous". Faites-vous référence à d'autres qui comme vous ont une opinion formée et qui ne veulent plus rien entendre venant des partisan.nes NPD? Bien d'autres comme vous sont fatigués d'écouter les discors répétitifs... Pour "ma" part, ce qui me fatigue, ce n'est pas le NPD. Mal que mal, malgré la campagne de salissage orchestrée contre eux par Duceppe, Mulcair et ses candidat.es ne se sont pas abaissés à cette démagogie de bas étage.

      Non, moi ce qui me fatigue et que j'ai de plus en plus de peine à supporter, c'est le discours démagogique, chauvin et opportuniste du chef auto-proclamé du Bloc. La goutte qui a fait déborder le vase du peu de respect pour ce chef, c'est lorsqu'il a transposé sur l'arène des élections fédérales le débat provincial du temps ou Drainville voulait faire accepter sa Charte... Résultats: le Québec identitaire passéiste devient encore plus chauvin et en prime, le risque de voir revenir Harper.

      Évidemment, mon analyse et mes états d'âme doivent "vous" fatiguer si "vous" souhaitez le retour de Harper ou, cela revient au même, si vous aimez ce "provincialiste" chef du Bloc, allié de Harper.

  • François Dugal - Inscrit 10 octobre 2015 08 h 06

    L'opposition

    Et tout ça pour finir dans l'opposition!
    Il y a des jours où la vision "universitaire" de la société me fatigue.

    • Margot Savoie - Abonnée 10 octobre 2015 22 h 06

      L'opposition a un rôle difficile mais essentiel à jouer.

    • François Dugal - Inscrit 12 octobre 2015 07 h 58

      @Margot,
      Et quand l'opposition ne nous défend pas, que fait-on ?