Des histoires du passé

Encore des histoires du passé, des histoires politiques cette fois, celles du premier parti indépendantiste québécois, le RIN, dirigé par André D'Allemagne et Pierre Bourgault. On ne fait que ça, s'attarder au passé et on en est fier, s'il faut croire l'opinion de certains chroniqueurs. Parce que dans le temps, «on se tenait debout, on luttait pour une cause». Aujourd'hui, ceux qui expriment leur écoeurantite aiguë du projet souverainiste seraient à blâmer. J'en ai ma claque, moi, de cette argumentation tenace de vieux bornés.

Je ne crois pas que l'indépendance du Québec rime avec liberté. Et cette erreur, on continue de la perpétrer parce qu'on ne répétera jamais assez que la chanson a été volontairement liée à la fièvre nationaliste des années 60-70. C'était de la foutaise. Si une génération entichée d'un projet farfelu, dont je faisais partie, a cru bon planter un drapeau du Québec dans la chanson québécoise de cette époque révolue, c'est parce qu'elle croyait naïvement qu'elle pouvait changer le monde en trois accords de guitare.

Aucune des chansons d'Harmonium et cie n'était réellement politique. Mais nous, on leur donnait une couleur politique. On ne demandait pas à Harmonium et cie la permission d'apporter un drapeau à leurs shows. On le faisait et on se sacrait du reste. Si le milieu artistique s'est cru chargé d'une mission politique, beaucoup ont réalisé, surtout après l'échec du référendum de 1980, qu'ils s'étaient trompés.

Facile de lancer des slogans à une foule conquise d'avance. On appelle cela de la démagogie; rien à voir avec la vraie politique.