Lettres: Le bouclier inadmissible

C'est un sentiment de tristesse et de révolte qui m'a envahi en lisant les titres de la première page du Devoir du lundi 12 janvier 2004. Sur le coup, j'ai même songé à annuler mon abonnement pour parer à ces émotions indésirables en début de semaine.

Mais peut-on reprocher à un journal de nous informer sur l'actualité? Avant d'avoir fini de remonter l'escalier, j'apprends que le Canada s'apprête à décider de sa participation au fameux bouclier que le protecteur de la démocratie sur notre planète veut lui imposer. Que notre bon premier ministre, pas encore élu avec un mandat clair, Paul Martin, «souhaite créer une chimie avec Bush». Et que, selon un ancien secrétaire au Trésor américain, le susnommé Bush est un «aveugle entouré de sourds». Bon!, me dis-je en atteignant le palier cramponné à la rampe. Je repense à ce petit gars des Bougon auquel on demande comment il fait pour pleurer sur commande avec tant de sincérité et qui répond, tout naturellement: «Je pense à l'avenir.» J'imagine, avec optimisme, qu'une bonne partie de la population de notre pays est consciente que si nous et les autres passagers de la Terre ne faisons pas un urgent virage, notre beau navire, la planète bleue, entrera, d'ici relativement peu de temps, dans une atmosphère irrespirable pour au moins un de ses occupants: l'être humain. Tout ça m'amène à croire que c'est sur la conception d'un bouclier contre la bêtise que nous devrions sérieusement nous pencher collectivement.