Lettres: Une université sans professeures ?

Nous félicitons la direction de l'Université de Montréal d'avoir pris l'initiative de réaliser conjointement avec le journal Le Devoir un cahier spécial du 125e anniversaire. Ce cahier imposant de 24 pages, paru le 10 janvier, présente les analyses, contributions scientifiques et projets de divers membres de l'université mais, page après page, on ne peut y voir qu'un seul article consacré à la contribution scientifique d'une professeure ou à la vision et aux projets d'une administratrice.

Le seul article dans lequel on donne un visage aux femmes est celui consacré à des étudiantes qui ont remporté un prix prestigieux. Où sont les professeures? Ont-elles si peu d'importance à l'université, même après 125 ans d'existence? À lire ce cahier spécial, on croirait qu'elles ne représentent qu'une fraction infime du corps professoral. Or il n'en est rien: leur présence atteint près de 30 %. Même si ce pourcentage reste limité, il est loin d'être insignifiant. Plusieurs de ces professeures ont marqué leur discipline et sont reconnues internationalement, autant que leurs collègues masculins.

Quelle image l'université projette-t-elle à l'extérieur avec une telle indifférence envers la contribution des professeures? Quel message est transmis aux étudiantes qui souhaitent faire carrière à l'université? L'Université de Montréal, un monde de projets, comme la direction aime le souligner, mais aussi un monde d'hommes.