Lettres: Du Pepsi dans les CLSC

Quelle bonne nouvelle que d'entendre le retrait de la vente de Pepsi des écoles primaires du pays! On sait depuis longtemps que ces boissons gazeuses sucrées n'apportent absolument rien de positif à la santé des gens, au contraire: ces boissons sucrées semblent être un facteur responsable de l'obésité croissante dans la population, particulièrement chez les jeunes. La surdose soutenue de sucre non seulement a des conséquences sur la surcharge pondérale mais peut être responsable de maladies comme le diabète et, de façon indirecte, de maladies cardiaques.

En voulant développer des segments de marché plus jeunes et fidéliser davantage les consommateurs et les capturant alors qu'ils ont la couche aux fesses, les entreprises de boissons gazeuses sucrées intoxiquent nos enfants à petit feu. C'est un marketing très sournois. On n'a qu'à penser à la nouvelle offensive «McKids» qu'a tout récemment lancée la multinationale américaine McDonald's. La première génération d'enfants ayant une espérance de vie plus courte que leurs parents est en route.

Le fait qu'on retire le Pepsi des écoles primaires est un bon point de départ mais reste de la poudre aux yeux. Ce n'est qu'un coup de communication: en effet, le gros de la consommation se fait surtout dans les écoles secondaires.

Et quelle n'a pas été ma surprise cette semaine lorsque je suis tombé face à une énorme distributrice de Pepsi tout illuminée dans le CLSC du Plateau Mont-Royal? On m'a dit qu'elle y était depuis des années. Le CLSC touche ainsi des ristournes pour toutes les canettes de Pepsi vendues aux parents et à leurs enfants sagement assis dans la salle d'attente.

Ce même CLSC a de bons nutritionnistes et aide la population de son territoire à perdre du poids et à mieux s'alimenter. Cela a-t-il du sens? Est-ce cela, donner le bon exemple?

Par soif de revenus supplémentaires ridicules, le CLSC vend ainsi des boissons gazeuses sucrées sans se demander si la santé de la population et les services de santé publics ne seront pas affectés. Une honte.