Lettres: Une sortie et une rentrée ratées

Jean Chrétien était loin d'être pressé de quitter son poste de premier ministre, mais diable qu'il a été pressé de retourner à la lucrative pratique d'avocat-conseil! Moins d'un mois après son départ du 24, promenade Sussex, le voici devenu membre d'un cabinet d'avocats très important et réputé. Je suis déçu, moi qui croyais naïvement qu'il allait consacrer tout le reste de sa vie active à défendre la veuve et l'orphelin ou à être un humanitaire international...

En tant que premier ministre, n'avait-il pas dernièrement aidé les habitants d'un pauvre village africain à trouver de l'eau potable? Commettais-je une erreur sur la personne du «p'tit gars de Shawinigan»? Non, car il ne faut pas oublier que durant un intervalle dans sa vie politique, l'ex-premier ministre a été avocat dans un prestigieux cabinet d'avocats d'Ottawa et qu'il fréquentait les milieux financiers de Bay Street.

[...] S'il avait eu une certaine pudeur, un sens certain de l'éthique et un respect manifeste pour son ancienne fonction, l'ex-premier ministre aurait attendu beaucoup plus longtemps avant de s'associer à un cabinet.[...]