Lettres: Cynisme politique et liberté parlementaire

À Québec s'est déroulé, du 26 au 30 décembre dernier, le 54e Parlement jeunesse du Québec. Participant pour la première fois à cet événement politique non partisan, j'ai été grandement impressionné par la qualité, la diversité et la liberté des débats qui y ont eu lieu. Cet exercice de la démocratie parlementaire m'a fait réfléchir sur le cynisme politique, aujourd'hui l'un des principaux problèmes de notre démocratie, à l'origine de désintérêt, d'incompréhension et de répugnance envers le monde politique.

Les principales récriminations de la population envers ses représentants politiques sont le manque d'honnêteté, les promesses non tenues et le peu d'écoute de ces derniers face aux véritables requêtes citoyennes. Mais après cette expérience du rôle de député, j'en suis venu à me demander si les députés ne sont pas davantage affligés d'un manque de liberté structurel que d'une malhonnêteté intrinsèque. L'obligation de se conformer au parti ne les mènerait-elle pas trop souvent à dire et à faire l'opposé de ce qu'ils pensent vraiment?

La rigidité de la ligne de parti est au centre du problème. Informellement instaurée pour assurer la survie des gouvernements en place, la ligne de parti, avec le temps, est devenue la prison des politiciens.

Permettre un assouplissement de la ligne de parti par l'amélioration des règles de vote et une meilleure compilation des résultats, comme cela a été proposé dans le cadre de diverses suggestions de réforme parlementaire, voilà qui contribuerait à redonner plus de liberté de parole aux députés et plus de sens à leur rôle. [...] C'est la solution la plus porteuse d'un renouveau de confiance et d'engouement pour notre démocratie.