Voter Bloc, c'est voter Harper

Le nouveau slogan du Bloc québécois, « Qui prend pays prend parti », ne manque ni d’efficacité rhétorique ni de force politique : il joue habilement sur le double sens du mot « parti » tout en plaçant la question nationale au coeur de son action. On comprend qu’il soit allé « droit au coeur » de Lise Payette au point de la décider à voter Bloc aux prochaines élections, contrairement à son intention première. Quelle que soit mon estime pour la belle journaliste qu’elle est et mon respect démocratique pour l’engagement politique qui justifie sa prise de position, j’ai la conviction qu’elle est dans l’erreur, et au slogan qu’elle admire, je lui opposerai celui-ci : VOTER BLOC, C’EST VOTER HARPER.

Le titre de la chronique de Lise Payette montre bien sur quel terrain elle se situe. Voter avec son coeur le 19 octobre, c’est se dispenser de l’analyse froide et rationnelle qu’imposent les circonstances dans un contexte de scrutin uninominal à un tour. La campagne des élections provinciales de 2018 aura peut-être des allures préréférendaires, mais en 2015, nous n’en sommes pas encore là. On comprend que, en vue d’une échéance aussi importante, des partisans de la souveraineté veuillent chauffer les esprits pour la mettre dès maintenant à l’ordre du jour, mais en attendant de redessiner la carte politique du pays, nos vies quotidiennes sont en grande partie régies par les législations du gouvernement fédéral.

Raisonnement dangereux

Est-il besoin de rappeler que le gouvernement Harper est, de loin, le plus réactionnaire que le Canada ait connu ? Le militarisme, les politiques antiécologiques, les faveurs accordées aux grandes entreprises, la recherche désespérée d’un budget équilibré sans que le résultat escompté soit acquis, les insidieuses mesures antifemmes, les coupes sombres dans les subventions à la culture, l’utilisation partisane des fonds publics, les tactiques d’intimidation (dignes des régimes totalitaires) entamant la liberté d’expression d’un fonctionnaire, les magouilles de son cabinet… Tout cela, les souverainistes qui s’apprêtent à voter Bloc le savent, mais comme me le disait un de mes amis, « avec l’affaire Duffy, Harper est cuit. Le NPD va passer. Alors autant voter Bloc pour que les intérêts du Québec soient représentés à Ottawa ». Ce raisonnement me paraît dangereux.

Nous sommes à deux mois du scrutin, et, pour encourageant qu’il soit, il ne faudrait pas se laisser abuser par le récent 40 % d’intentions de vote en faveur du NPD. Bien des choses peuvent encore arriver — les électeurs et électrices ont souvent la mémoire courte — et la dispersion du vote des personnes hostiles au gouvernement actuel pourrait favoriser le maintien de Harper au pouvoir. Le décompte des voix le prouve : si les trois partis souverainistes du Québec avaient uni leurs forces au lieu de camper sur leurs positions, nous ne serions sans doute pas dirigés par Philippe Couillard.

La dispersion du vote anti-Harper pourrait également favoriser l’avènement d’un gouvernement de coalition. Je vois mal comment Thomas Mulcair, qui a une véritable stature de chef d’État, pourrait composer avec le petit Justin Trudeau.

Voter Bloc, c’est décider de notre situation présente en fonction d’un avenir hypothétique. Voter selon ses sentiments et ses émotions, c’est voter davantage pour être en paix avec sa conscience politique que pour changer concrètement la situation présente. Nous avons la chance, pour la première fois depuis longtemps, d’élire un gouvernement de centre gauche dont les décisions, pas plus que celles d’un autre, ne feront pas toujours l’unanimité mais qui renverra à la maison celui qui s’acharne à détruire les valeurs fondamentales auxquelles nous sommes nombreux à croire, souverainistes compris. Certains grands syndicats l’ont bien saisi. Lise Payette craint que, si le Bloc n’est pas présent en force à Ottawa au cours des quatre prochaines années, nous nous en mordions les pouces. En fait, si Harper venait à passer, ceux et celles qui auront voté comme elle pourront se battre la coulpe et il ne leur restera plus que les yeux pour pleurer. Voter Bloc, c’est voter Harper.

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Le déclencheur

«Le slogan du Bloc québécois (“Qui prend pays prend parti”) mis sur des affiches électorales cette semaine m’est allé droit au cœur. […] Le slogan m’a permis de remettre de l’ordre dans mes idées. Je ne peux nier que j’ai le désir d’indépendance pour mon pays inscrit profondément dans tout mon cheminement. […] Je voterai donc Duceppe. Le pays dont parle le slogan du Bloc, c’est le mien. […] Si vous votez n’importe comment cette fois-ci, vous aurez un autre quatre ans pour vous en mordre les pouces. Notre première ligne de défense devrait être les élus du Bloc en aussi grand nombre que possible.» — Lise Payette, Un slogan qui va droit au cœur, Le Devoir, 28 août 2015.

Réponse

Mon expérience de vie me donnerait plutôt à penser que nous n’avons jamais été très forts au Québec pour les stratégies électorales. Il n’y a absolument rien qui garantit que le Québec serait traité différemment sous un des gouvernements que pourraient former les trois grands prétendants au trône canadien. J’ai la profonde conviction que peu importe celui qui sera élu, il reprendra le flambeau comme il l’aura reçu, avec un rôle de figurant pour le Québec, comme c’est l’habitude. Et nous en baverons pour quatre ans. Le Bloc, si nous nous tenons debout, pourrait être comme «notre muraille de Chine» face au ROC. Bien sûr, une majorité de Canadiens continuera à nous imposer ses lois et ses décisions, mais le Bloc aura pris le temps de l’obliger à les ajuster à NOTRE mesure. Et peut-être que nous finirons par savoir nous administrer nous-mêmes.

Lise Payette
104 commentaires
  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 3 septembre 2015 00 h 47

    Faites-le vous même votre Canada.

    ''Je vois mal comment Thomas Mulcair, qui a une véritable stature de chef d’État, pourrait composer avec le petit Justin Trudeau''. ( Jean-Jacques Nattiez ).

    Il est bien beau votre discours fédéraliste monsieur, bien heureux d'apprendre que vous aimiez tant M. Mulcair, mais un indépendantiste amoureux de sa nation québécoise ne veut pas vous aider à forger votre Canada à votre goût du jour. Que ce soit Trudeau père, Chrétien, Harper, ces genre de politiciens se moquent éperdument du Québec. On n'a pas besoin de tester Mulcair, il va être un fédéraliste de droite comme tous les autres.

    Il y a trop longtemps que les indépendantistes jouent ce jeu, en espérant voter pour avoir un gouvernement le moins nuisible aux intérêts du Québec, Ça ne marche tout simplement pas. On a aussi essayé avec le ti-gars de Baie-Comeau, mais les canadiens nous ont rit dans la face avec Meech.

    Comme les nationalistes écossais ont envoyé leurs députés à New Westminster, et ont dit aux britanniques de s'occuper d'élire leur députation, les indépendantistes québécois doivent envoyer leurs représentant à Ottawa pour que le Canada sache que notre projet de souveraineté ( 40% des québécois ) est toujours dans nos tripes. Point final.

    Alors oui chers fédéralistes québécois, si votre Tom n'est pas élu, il pilera sur son ORGUEIL reconnu comme assez grandiose, et fera une coalition anti-Harper avec le fédéraliste Trudeau. Ainsi vous serez entre vous.

    • Diane Leclerc - Inscrite 3 septembre 2015 09 h 21

      Réponse parfaite ! Merci.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 septembre 2015 09 h 48

      "si votre Tom n'est pas élu, il pilera sur son ORGUEIL reconnu comme assez grandiose, et fera une coalition anti-Harper avec le fédéraliste Trudeau."

      C'est tellement plus simple et moins risqué d'élire tout simplement un gouvernement du NPD qui a la pluralité des sièges.

      La tradition est lourde comme quoi c'est le parti qui a le plus de sièges qui forme le gouvernement. Par exemple, le gouvernement minoritaire Marois avait une pluralité de 4 sièges seulement après les élections de septembre 2012 et la CAQ n'était pas si éloignée du PLQ que ça idéologiquement. Tout le monde a reconnu pourtant que le PQ pouvait former le gouvernement.

      La pression est forte pour ne pas déclencher des élections immédiatement après des élections.

      On se souvient aussi que ça n'a pas été si facile de former un gouvernement de coalition NPD/PLC lorsque celle-ci avait besoin de l'appui formel du Bloc pour aller voir le gouverneur-général.

      On peut soupçonner que le PLC a rompu l'entente pour ne pas devoir vendre au ROC un gouvernement qui a l'appui formel du Bloc, ce qui lui poserait un problème difficile.

      Tellement plus simple et moins risqué d'élire tout simplement un gouvernement du NPD qui a la pluralité des sièges.

    • Claude Millaire - Abonné 3 septembre 2015 10 h 11

      Entièrement d'accord. Un indépendentiste ne peut votez fédéraliste sans en payer le prix

    • Raymond Labelle - Abonné 4 septembre 2015 08 h 08

      « On se souvient aussi que ça n'a pas été si facile de former un gouvernement de coalition NPD/PLC lorsque celle-ci avait besoin de l'appui formel du Bloc pour aller voir le gouverneur-général. »

      Besoin de l’appui formel du Bloc car le NPD et le PLC n’avaient pas ensemble alors la majorité des voix. Ce qui serait encore le cas en 2015 si on remplaçait, disons, 55 sièges NPD par 55 sièges Bloc.

      Accordons que le Bloc de 2008 avait alors avait été responsable et avait participé à cet effort. Qu’il avait une meilleure attitude que peut-être certains intervenants dans cette page (« on n’a rien à faire avec le ROC, qu’ils s’arrangent »). Attitude que plusieurs souverainistes (mais pas tous) avaient alors sévèrement reproché au Bloc et à M. Duceppe d’ailleurs.

      N’empêche, il s’agit d’une complication qui s’ajoute à celle, déjà grande, d’aller contre la lourde tradition d’offrir le gouvernement au parti qui a le plus de sièges.

      Et il faut se rappeler que le NPD et le PLC auraient le fardeau de faire face au ROC et d’y justifier qu’ils gouvernent sans la pluralité des sièges et avec l’appui formel du Bloc, lequel n’y bénéficie pas d’autant d’affection et d’estime qu’au Québec, pour dire le moins. En clair, c’est une vente difficile politiquement pour eux.

      Ce qui est encore un autre obstacle.

      Ça commence à faire beaucoup d’obstacles difficiles.

      Tellement plus simple et moins risqué d’avoir un gouvernement NPD avec la pluralité des sièges.

      C’est ce que j’espérais que les lecteurs comprennent quand j’avais écrit « On peut soupçonner que le PLC a rompu l'entente pour ne pas devoir vendre au ROC un gouvernement qui a l'appui formel du Bloc, ce qui lui poserait un problème difficile. » J’ai décidé d’être très explicite pour être tout à fait sûr d’être bien compris.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 septembre 2015 08 h 16

      Ajoutons. Les Conservateurs minoritaires auraient l'avantage qu'il est difficile aux partis d'opposition de forcer le déclenchement des élections trop tôt après les élections ou lorsque les intentions de vote leur sont défavorables.

      D'autant plus que de porter le chapeau de déclencher les élections est souvent défavorable dans l'opinion publique.

      Tellement plus simple si c'est le NPD qui bénéficie de cet avantage...

  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 3 septembre 2015 02 h 10

    Chers amis fédéralistes du Québec.

    ''Est-il besoin de rappeler que le gouvernement Harper est, de loin, le plus réactionnaire que le Canada ait connu?'' ( Jean-Jacques Nattiez ).

    Nous, membres du Parti Québécois demandons s'il est besoin de rappeler que le gouvernement Couillard est de loin le plus réactionnaire que le Québec ait connu...depuis bien des décennies.

    Ils sont même entrain d'étudier la possibilté que le fédéral s'occupe seul de l'impôt du Québec. Sans compter les privatisations envisagées, et le démantèlement de nos acquis sociaux comme en santé par des coupes drastiques, en éducation aussi.

    Amis québécois fédéralistes, à la prochaine élection québécoise, au lieu de voter selon votre coeur et vos convictions pour vos partis comme la C.A.Q., Québec solidaire ( qui sera peut-être devenu NPD-Québec sait-on jamais ), et même certains partisans à ce moment déçus du Parti libéral du Québec, pourrons-nous vous demander de VOTER STRATÉGIQUE en votant pour le PARTI QUÉBÉCOIS pour défaire le gouvernement Couillard?

    Vraiment pas certain que vous le ferez n'est-ce pas cher amis fédéralistes. Vous avez vos convictions hein? Vous préférerez une coalition politique québécoise de fédéralistes hein?

    Alors pour octobre arrêtez d'essayer par tous les moyens possibles de rendre les Bloquistes RESPONSABLES de quelque chose qui ne serait pas à votre goût à Ottawa, et faites vous une coalition de fédéralistes au besoin. Votre NPD est bien plus près du PLC que des voteurs du Bloc Québécois.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 septembre 2015 10 h 15

      Quelqu'un qui vote NPD au fédéral peut bien voter PQ au provincial. Ça doit beaucoup arriver.

      Pas un gros problème.

      Vous seriez peut-être surpris par la proportion de personnes qui votent PQ au provincial pour des raisons stratégiques et qui voteraient non à un référendum...

      Et si le gouvernement Couillard est odieux, ça pourrait bien arriver encore plus.

      Ceci étant dit, s’il n’était pas question de référendum au Québec, peut-être que l’on ne serait pas condamné au PLQ à perpétuité.

      Le PLQ n’a qu’à promettre de ne pas faire de référendum pour être réélu presqu’automatiquement.

      La dernière campagne a tourné lorsque PKP a levé le poing. Jusque-là le PQ menait. L’ombre de la vague possibilité d’un hypothétique et improbable référendum a semé un vent de panique.

      Plusieurs souverainistes font du déni devant cette réalité qui crève les yeux. Je conviens que c’est en effet très désolant. Mais tel est l’état des lieux.

      Surtout que l’on voit, aux élections fédérales, que les Québécois seraient autrement plus ouverts à des partis non-traditionnels.

      Surtout qu’il est certain qu’il n’y aura pas de référendum pendant le prochain mandat fédéral.

      Surtout que le Bloc ne peut aller contre le gouvernement du Québec qui sera dirigé par la PLQ.

      Est-ce qu’au moins l’obsession du référendum pourrait avoir seulement pour effet de nous imposer le PLQ à perpétuité, mais pas aussi les Conservateurs au fédéral en plus…

      Si à cause de vous, on se fait imposer le PLQ, auriez-vous la bonté, au moins, de ne pas nous imposer les Conservateurs au fédéral.

      S’il-vous-plaît...

    • Raymond Labelle - Abonné 3 septembre 2015 10 h 19

      "faites vous une coalition de fédéralistes au besoin. Votre NPD est bien plus près du PLC que des voteurs du Bloc Québécois."

      C'est tellement plus simple et moins risqué d'élire tout simplement un gouvernement du NPD qui a la pluralité des sièges.

      La tradition est lourde comme quoi c'est le parti qui a le plus de sièges qui forme le gouvernement. Par exemple, le gouvernement minoritaire Marois avait une pluralité de 4 sièges seulement après les élections de septembre 2012 et la CAQ n'était pas si éloignée du PLQ que ça idéologiquement. Tout le monde a reconnu pourtant que le PQ pouvait former le gouvernement.

      La pression est forte pour ne pas déclencher des élections immédiatement après des élections.

      On se souvient aussi que ça n'a pas été si facile de former un gouvernement de coalition NPD/PLC lorsque celle-ci avait besoin de l'appui formel du Bloc pour aller voir le gouverneur-général.

      On peut soupçonner que le PLC a rompu l'entente pour ne pas devoir vendre au ROC un gouvernement qui a l'appui formel du Bloc, ce qui lui poserait un problème difficile.

      Tellement plus simple et moins risqué d'élire tout simplement un gouvernement du NPD qui a la pluralité des sièges.

    • Christian Montmarquette - Abonné 3 septembre 2015 13 h 13

      «Si à cause de vous, on se fait imposer le PLQ, auriez-vous la bonté, au moins, de ne pas nous imposer les Conservateurs au fédéral.»-Raymond Labelle

      En un mot comme en cent...

      Savoureux! M. Labelle!

      Christian Montmarquette

    • Bernard Plante - Abonné 3 septembre 2015 13 h 40

      @M. Labelle,

      Encore la vieille histoire du vent de panique créé par le point levé de PKP! Il n'y pas eu de vent de panique. Les gens ont rejeté le
      PQ de Pauline Marois parle que celle-ci a refusé d'embarquer avec
      PKP et a tenté de noyer le poisson de faon très peu élégante. Les gens ont condamner un parti supposé défendre la souveraineté parle qu'il ne la défendait plus. La panique a été inventée par les médias qui n'y ont rien compris ou qui y trouvaient leur intérêt.

      Et lâchez-nous avec votre simplicité de voter NPD. Ce sont justement les solutions simples et faciles qui nous ont mené dans le cul-de-sac actuel. Franchement. Ça me convainc encore davantage de voter pour le Bloc!

    • Christian Montmarquette - Abonné 3 septembre 2015 13 h 51


      « Les gens ont rejeté le PQ de Pauline Marois parle que celle-ci a refusé d'embarquer avec PKP» - Bernard Plante

      Désolé de vous contredire M. Plante, mais Pauline Marois elle-même appuie la thèse de M. Labelle.. Et de toutes manières, tout le monde le sait que la campagne a viré de bord quand Couillard a brandit le spectre du référendum!

      «Je crois que nous nous sommes fait battre sur la peur qu’ont les Québécois et les Québécoises concernant un référendum» - Pauline Marois

      «10 faits surprenants sur Pauline Marois à l'émission «Tout le monde en parle» - Journal de Montréal, 19 avril 2015.

    • Bernard Plante - Abonné 3 septembre 2015 19 h 05

      Vous prenez maintenant les déclarations de Mme Marois pour des vérités absolues? Je vous ai connu plus critique à son égard...

    • Raymond Labelle - Abonné 3 septembre 2015 23 h 59

      J’ai peut-être été un peu schématique lorsque j’ai parlé du « poing de PKP ». J’expliquerai l’idée, même si la figure de style était quand même peut-être suffisante.

      PKP avait (a encore, mais c’est qu’on se replace à l’époque) l’image d’un entrepreneur important à succès. Le poing et la déclaration (« pour faire du Québec un pays ») montrait de la détermination.

      Donc si quelqu’un de puissant, qui a l’habitude du succès, montre une forte volonté de faire l’indépendance, ça peut donner l’impression que le PQ est prêt à foncer vers le projet. C’est tout ça qui est derrière le « poing de PKP ».

      Rappelons-nous aussi que l’on a commencé à voir beaucoup de péquistes, dont plusieurs de premier plan, reprendre l’espoir d’atteindre la terre promise avec un gouvernement majoritaire - ce qui a accentué l’impression.

      Et c’est là que la campagne a tourné.

      Le PLQ a-t-il exploité la situation de façon injuste et démagogique? Bien sûr que oui. Cette peur du référendum était-elle irrationnelle? Bien sûr que oui.

      Le PQ a-t-il bien tenté de montrer qu’il n’avait pas l’intention de faire un référendum perdant? Oui - mais avec juste assez de « peut-être » pour ne pas convaincre tout à fait une population qui voulait être sûre de ne pas en avoir.

      Et l’étiquette a collé.

      Mais la raison pour laquelle la tactique du PLQ a marché, c’est que la majorité de la population ne veut pas vivre de référendum - à tort ou à raison.

      On peut le regretter, mais telle est la situation. Le résultat électoral en est une preuve expérimentale.

      Jusqu'au "poing de PKP", la campagne du PQ roulait rondement selon son plan de match, fonctionnait bien, et le PQ avait conservé son avance d’avant le déclenchement des élections.

      On peut s’entendre sur ce constat formulé par M. Montmarquette : « Et de toutes manière, tout le monde le sait que la campagne a viré de bord quand Couillard a brandi le spectre du référendum! »

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 septembre 2015 07 h 13

      «Vous prenez maintenant les déclarations de Mme Marois pour des vérités absolues? Je vous ai connu plus critique à son égard...»-Bernard Plante

      Vous déformez ce que j'ai dit. Y'a pas que la déclaration de Marois.

      Je vous répète que tous ceux qui suivent l'actualité politique ont bien vu que le PQ avait piqué du nez au même moment que la question référendaire est entrée en jeu.

      Et j'ai beaucoup plus tendance à croire les politiciens quand il font une auto-critique que quand ils vantent leurs mérites.


      «On peut mentir à quelques personnes de temps en temps. Mais on ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps.» - Abraham Lincoln

      - Cm

    • Raymond Labelle - Abonné 4 septembre 2015 09 h 40

      "Mais la raison pour laquelle la tactique du PLQ a marché, c’est que la majorité de la population ne veut pas vivre de référendum - à tort ou à raison."

      Lorsque les stratèges du PLQ voient le PQ s'enfarger dans les histoires de référendum, ils doivent bien se bidonner.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 septembre 2015 12 h 08

      M. Mailhot fait bien d'insister pour nous rappeler que c'est le PLQ qui est au pouvoir à Québec. Nous savons qu'il n'y aura pas de référendum. Ça fait une raison de raison de moins de voter Bloc.

      Nous savons aussi que le Bloc, en l'absence de référendum imminent, adopte une politique de "défendre les intérêts du Québec", ce qui le place dans une position difficile lorsque le Québec est dirigé par le PLQ.

      Il est quand même délicat pour le Bloc (et on peut le comprendre sans le blâmer) de prendre position contre le gouvernement du Québec.

      Une autre raison de moins de voter pour le Bloc.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 septembre 2015 09 h 01

      - En 1976, Claude Ryan avait appelé à voter PQ. Le PQ avait alors garanti qu’il y aurait un référendum pendant son mandat. Claude Ryan est devenu chef du PLQ en 1978 puis a été le chef (formel, disons… mais quand même) du clan du Non au référendum de 1980. Voilà un vrai fédéraliste qui avait publiquement appelé à voter « PQ stratégique ».

      - Marc Bellemare, un ancien ministre libéral, avait écrit une lettre au Devoir peu avant le scrutin d’avril 2014, invitant à voter pour le PQ. En très (trop peut-être) résumé, il trouvait qu’un purgatoire de 18 mois était insuffisant pour le parti libéral, étant donné ce que l’on avait vu de sa culture organisationnelle à la Commission Charbonneau. Il disait également être convaincu qu’il n’y aurait pas de référendum pendant le mandat du PQ, il est vrai. Son appel n’était pas attribuable à une conversion à l’indépendantisme.

      Texte intégral, ici : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/404138/le

      D’ailleurs, pour tenter de convaincre de voter PQ, M. Bellemare a tenté de minimiser l’effet du « poing PKP », probablement conscient de cet effet, senti à chaud pendant la campagne -citons-le:

      « Le poing levé de Pierre Karl Péladeau en faveur de l'indépendance du Québec est un geste spectaculaire qui a fait basculer la campagne électorale dans une fausse élection référendaire. Les libéraux en ont profité pour tenter de faire oublier leur bilan désastreux sur le plan de l’éthique. C’est essentiellement la même équipe que Monsieur Couillard propose aujourd’hui pour diriger le Québec. »

      Je n’ai pas trouvé d’exemple de futur chef, de chef, de ministre ou d’ancien ministre péquiste appelant à voter pour un parti fédéral autre que le Bloc aux élections fédérales.

  • Paskall Léveske - Abonné 3 septembre 2015 03 h 48

    Souverainistes tentés, gare au désenchantement!

    Les souverainistes qui s’apprêtent à voter pour un parti fédéraliste afin de s’assurer que les conservateurs se retrouvent dans l’opposition devraient y penser à deux fois. Au lendemain de l’élection, le sens qu’on donnera à leur vote risque fort d’être interprété d’une façon opposée à l’option qui les habite. Si les électeurs québécois envoient une majorité de députés fédéralistes à Ottawa, on dira qu’ils ont – certains diront « définitivement » - choisi le fédéralisme. Il ne serait pas surprenant que dans un ‘spin’ concerté pour convaincre que l’idée de souveraineté est « morte et enterrée » le premier ministre du Québec convoque une conférence de presse pour ajouter son grain de sel. On imagine la scène. Il félicitera le vainqueur. Il proposera de travailler avec lui « dans un fédéralisme d’ouverture s’inspirant de l’esprit de la Constitution de 1867 » (sans trop préciser ce que cela veut dire). Mais par-dessus tout, il conclura sur un ton catégorique que « l’envoi d’un contingent de députés fédéralistes provenant du Québec confirme, sans l’ombre d’un doute, que l’illusion d’un siècle passé est complètement rejetée, preuve qu’il s’agit bien là d’un rêve futile nous éloignant des ‘vraies affaires’, à des lunes de la réalité des Québécois ». Les souverainistes et certains partisans d'un statut particulier pour le Québec dans un pacte renégocié se sentiront floués mais il sera trop tard. Plutôt que d’avouer être tombés dans le panneau, certains iront par orgueil jusqu’à retraiter quant à leurs convictions. Un peu comme le gars qui apprend de ses ‘chums’ que sa blonde l’a trompé et qui répond, l’air faussement désinvolte, « Oh vous savez ce n’était pas vraiment ma blonde… ».
    Pour l’instant, ces élections ne sont pas référendaires. Mais le 20 octobre, elles le deviendront. Rétroactivement.

    • Denis Marseille - Inscrit 3 septembre 2015 17 h 23

      Il y a un très grand avantage stratégique à ne pas dévoiler nos options et laisser croire à l'adversaire nos véritables intentions. Une trop grande complaisance de la part des fédéralistes pourraient leur nuire dans un avenir prochain.

      Alors pourquoi le désenchantement si on garde une longueur d'avance? La véritable bataille pour les souverainistes se fera dans environ trois ans. Pas avant. Faudrait peut-être penser à garder des munitions car nous n'en aurons pas de trop.

      Si on se sépare, il faudra quand même négocier une entente avec le gouvernement canadien. Lequel des partis ayant des chances de gouverner serait notre meilleur interlocuteur présentement selon vous?

    • Pierre Brosseau - Abonné 3 septembre 2015 17 h 48

      Bonne analyse d'anticipation politique, M. Lévesque.

      Combien de fois les Québécois sont-ils tombés dans des pièges fédéralistes ? Les camions de la Brink's, le Non au référendum de 1980 qui sera un Oui au changement (la constitution Trudeau de 1982, les 74 moutons libéraux du French Power (Corporation), le vote pour un NDP fédéraliste en 2011 qui permet tout de même un gouvernement majoritaire conservateur sans représentation des forces nationalistes québécoises et tutti quanti.

      Voter "stratégiquement" pour un NPD fédéraliste quand on est souverainiste c'est non seulement se renier soi-même, c'est se piéger soi-même.

      Quand on se fait avoir une fois, c'est la faute de l'autre, la deuxième fois, c'est la nôtre.

    • Paskall Léveske - Abonné 3 septembre 2015 20 h 22

      @Denis Marseille

      Vous auriez raison M. Marseille si le vote "stratégique" des Québécois était collectivement concerté à cette fin. Un peu comme un commandant qui dirait à ses troupes d'adopter une certaine posture opérationnelle pour amener l'adversaire à baisser sa garde. Or, les électeurs Québécois ne sont pas des soldats mais des citoyens. Déjà frileux quant à la discipline de parti, ils le seraient encore moins quant à une réthorique de discipline militaire. Ils acceptent difficilement les 'mots d'ordre'; il faut les convaincre par des arguments rationnels.

      Au cas de redéfinition des liens qui unissent les États canadiens et québécois, bien sûr tous ont avantage à ce que les gouvernements soient les plus stables et diplomates possibles. Sur notre meilleur interlocuteur, je vous retourne la question. Selon vous un tel gouvernement proviendrait-il d'un parti craignant de perdre le pouvoir à la suite du vide créé par le départ de sa députation québécoise?

    • Raymond Labelle - Abonné 4 septembre 2015 11 h 59

      "Pour l’instant, ces élections ne sont pas référendaires. Mais le 20 octobre, elles le deviendront. Rétroactivement."

      Petit rappel: c'est le PLQ qui est au pouvoir à Québec.

    • Paskall Léveske - Abonné 4 septembre 2015 16 h 55

      @Raymond Labelle

      "Petit rappel: c'est le PLQ qui est au pouvoir à Québec."

      Justement, celui-ci ne manque aucune occasion de tenter de dénicher, dans tout soubressaut politique des Québécois, qu'il s'agisse d'une élections générales ou partielles, provinciale ou fédérale, une aspérité qui pourrait être interprétée, sophismes aidant, comme un recul de l'idée de souveraineté. Le PLQ sent la montée de PKP et est déjà en campagne électorale pour 2018. Le chef du PLQ a lui-même dit: il ne céderait aucun pouce aux souverainistes. Au plan juridique ces élections générales fédérales...ne sont que des élections générales fédérales. Mais au plan politique les fédéralistes, tant à Québec qu'à Ottawa, vont interpréter les résultats pour y donner un sens additionnel afin de favoriser leur thèse. Si la députation québécoise provient majoritairement de partis fédéralistes, le sens qu'ils ajouteront aura des allures de "référendum".

    • Raymond Labelle - Abonné 4 septembre 2015 21 h 13

      À M. Lévesque. Peut-être avez-vous raison en partie. Il sera quand même possible de répondre: "beaucoup de souverainistes ont voté NPD, avec l'idée que l'indépendance se faisait à Québec de toute façon, le sentiment d'urgence qu'il fallait se débarrasser du gouvernement Harper et l'absence de référendum imminent", et ça serait très défendable comme réponse.

    • Denis Marseille - Inscrit 4 septembre 2015 21 h 29

      @ M. Lévesque,

      Je ne suis pas certain. Mais je dirais qu'un gouvernement minoritaire NPD serait en sérieuses difficultés advenant un référendum ou une élection référendaire. Mais cela ne se fera pas dans ce mandat-ci malheureusement.

  • André Martineau - Abonné 3 septembre 2015 06 h 35

    Voter Bloc, c'est voter pour le Québec.

    À l'heure actuelle, le Canada se dirige vers un gouvernement minoritaire et je crois que c'est la meilleure chose qui peut nous arriver. En votant Bloc, je suis sûr que les intérêts du Québec seront bien défendus. Avec le NPD, je suis sûr que les intérêts du Québec seront balayés sous le tapis.

    • Christian Montmarquette - Abonné 3 septembre 2015 09 h 25

      « Avec le NPD, je suis sûr que les intérêts du Québec seront balayés sous le tapis.» - André Martineau


      Cher M. Martineau,

      Voter pour le NPD, c'est aussi voter pour le Québec.

      Pourquoi faudrait-il que les intérêts des Québécois et les intérêts des Canadiens soient toujours en opposition, quand on sait qu'en plus d'être en mesure de nous débarrasser du pire gouvernement de l'histoire du Canada, le NPD propose:

      La hausse du salaire minimum à 15$ de l’heure des emplois fédéraux; l'abolition de la loi ignoble C-51; l'abolition des contraintes conservatrices à l'assurance emploi; la remise en place du service postal; un plan national de garderies; l'abolition de la hausse de l'âge de la retraire à 67 ans de Harper; l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel; le réinvestissement dans le logement social; l'imposition des gains en capital au même taux que les salaires; imposer les grandes entreprises à leur juste part; faire la lutte contre les paradis fiscaux; la limitation des frais bancaires, couper dans la guerre et les achats d'équipements militaires, dont les chasseurs F-35 etc.

      Tout ceci, alors qu'avec seulement moins 10 circonscriptions de moins pour le NPD à la faveur du Bloc, Harper pourrait reprendre le pouvoir.

      Christian Montmarquette

  • Jean Delisle - Abonné 3 septembre 2015 07 h 12

    Non au Bloc à Ottawa

    Exercer son droit de vote c’est donner à des représentants le pouvoir de gérer les affaires de l’État en légiférant et en prenant les décisions qui s’imposent, tout en tenant compte de la conjoncture. C’est croire en des personnes capables d’agir dans l’intérêt collectif. Or, voter pour le Bloc québécois c’est voter pour des candidats qui, élus, seront incapables de changer quoi que ce soit à Ottawa, même s’ils en ont la prétention. Leur rôle se limite à critiquer, à dénoncer, à faire le procès de ceux qui détiennent le pouvoir réel. Voter pour le Bloc c’est voter pour un groupe de Québécois, au demeurant de bonne foi, qui aspire à faire d’une province confédérée un État souverain. L’enjeu du prochain scrutin n’est pas de remplacer l’idéologie de droite par l’idéologie souverainiste, cette « fleur d’espérance », pour reprendre l’image de Jules-Paul Tardivel, auteur du premier roman d’anticipation politique et indépendantiste québécois, Pour la patrie (1895).
    L’enjeu immédiat, crucial, pragmatique et stratégique des prochaines élections est ailleurs : faire élire des candidats en nombre suffisant pour chasser du pouvoir un parti réactionnaire qui, entre autres, bafoue la démocratie et la liberté d’expression, valeurs fondamentales qui définissent le Canada. Les conservateurs ont rendu le Canada méconnaissable. Ce n’est plus le pays qui avait si bonne réputation dans les forums internationaux. Stephen Harper a amorcé la déconstruction du pays dont une majorité de Canadiens, y compris une majorité de Québécois, était si fière. L’histoire jugera sévèrement sa gouvernance. Nous avons la possibilité de mettre fin à ce sabotage. Quand il y a péril en la demeure, il faut unir ses forces et non les diviser. Voilà pourquoi, le 19 octobre, même si l’on porte une « fleur d’espérance » à la boutonnière, un vote idéologique pour le Bloc québécois est un vote qui n’a pas de sens.

    • Pierre Villeneuve - Abonné 3 septembre 2015 09 h 14

      "Exercer son droit de vote c’est donner à des représentants le pouvoir de gérer les affaires de l’État en légiférant et en prenant les décisions qui s’imposent, tout en tenant compte de la conjoncture. C’est croire en des personnes capables d’agir dans l’intérêt collectif".
      Ne s'agit-il pas là du rôle de tous les députés, peu importe le parti? A vous lire, on comprend que les seuls députés ayant un devoir de représentation et un devoir de légiférer seraient ceux du parti au pouvoir. Alors, pourquoi un parlement?

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 3 septembre 2015 09 h 26

      Oui,Harper a amorcé la deconstruction du Canada comme Couillard le fait au Quebec.Que Mulcair,Trudeau ou Harper soit elu,qu'est-ce que ca change pour nous ici au Quebec:RIEN.Alors tenons nous debout devant tous qui veulent notre BIEN.....mais ils ne l auront jamais. J-P.Grise

    • Claude Bariteau - Abonné 3 septembre 2015 09 h 57

      Mais, selon vous, un vote idéologique pour le Canada fait sens. En fait, vous voulez sauver le Canada et ça ne peut se faire qu'en ne votant pas BQ.

      Le BQ, du coup, devient anachronique tout autant que le PC.

    • Hélène Paulette - Abonnée 3 septembre 2015 12 h 09

      Monsieur Delisle, vous ignorez totalement tous les gains pour le Québec dont le Bloc est responsable. Faites vos classes s'il vous plaît!

    • Jean Delisle - Abonné 3 septembre 2015 15 h 31

      Selon Michel C. Auger (RDI) cela représente un gain tous les 3 ans". Quelle performance! Vous connaissez la fable de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf?

      Monsieur Pierre Villeneuve: Le parlement a sa raison d'être, mais les décisions se prennent par un gouvernement majoritaire. Le problème avec Harper est qu'il baffoue la démocratie parlementaire et la démocratie tout court. Imaginez qu'il soit réélu et qu'il décrète que le discours indépendantiste dans les institutions fédérales est désormais interdit (il en serait capable) au train où il va.

      Monsieur Claude Bariteau, vous avez tout compris: Le Bloc est tout aussi anachronique que le PC.

      Voter Bloc québécois, c'est voter pour un rêve une fois de plus. Heureusement, la majorité de la population au Québec et au Canada ne vit pas que de rêves.

    • Hélène Paulette - Abonnée 4 septembre 2015 09 h 55

      ''Selon Michel C. Auger (RDI) cela représente un gain tous les 3 ans". Si ce sont vos uniques sources, comme politicologue, monsieur Delisle, vous repasserez.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 septembre 2015 12 h 32

      Il est peut-être normal que le Bloc ait plus de réalisations en 20 ans, dont la plus grande partie en gouvernement minoritaire, que le NPD pendant les 4 ans du mandat de la cinquantaine de députés du Québec, dans l'opposition d'un gouvernement majoritaire.

      Cela n'enlève rien aux réalisations du Bloc - mais il faut quand même tenir compte de ceci lorsqu'on compare.