Retour sur la vague orange de 2011

L'ancien chef du NPD, Jack Layton, durant la campagne électorale de 2011.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne L'ancien chef du NPD, Jack Layton, durant la campagne électorale de 2011.

Les élections fédérales se suivent et ne se ressemblent pas. Les raisons ayant amené les électeurs québécois à appuyer si fortement le Nouveau Parti démocratique en 2011 sont bien différentes de celles qu’ils peuvent évoquer en 2015.

Il y a quatre ans, plusieurs électeurs ont exprimé un vote de protestation contre les conservateurs de Stephen Harper en désertant le Bloc québécois au profit du NPD. Pour prendre la mesure du contexte auquel les électeurs québécois sont aujourd’hui confrontés, il n’est pas inutile de rappeler la dynamique particulière des élections de mai 2011.

Au-delà les considérations stratégiques, rien ne justifiait le déclenchement d’élections générales il y a quatre ans. Cette campagne n’a porté sur aucun grand enjeu de société, que ce soit en matière de politique étrangère, de politique économique, de santé, de culture ou d’environnement. Il s’agissait, pour l’essentiel, de mettre fin aux conflits incessants ayant marqué les débats à la Chambre des communes entre les conservateurs minoritaires et les autres partis qui menaçaient constamment de renverser le gouvernement.

Le gouvernement fédéral et le Parti conservateur n’ont pas fait de fausses manoeuvres contribuant à alimenter le mécontentement de l’électorat québécois. Contrairement aux deux élections précédentes, il n’y a pas eu de coupes dans les programmes en culture ou d’enjeux centraux comme le financement des soins de santé. Bref, rien pour nourrir le ressentiment vis-à-vis le régime fédéral canadien.

Bloquer les conservateurs

En 2011, le Bloc a mené sa campagne sur la base d’un argumentaire réitéré depuis près de vingt ans, soit défendre exclusivement les intérêts du Québec, faire la promotion et travailler à la préparation de la souveraineté. Un des thèmes qui s’est pourtant imposé pendant la campagne portait sur la nécessité de bloquer la constitution d’un gouvernement majoritaire conservateur.

Voyant ses appuis décliner, Gilles Duceppe a affirmé que l’élection d’un fort contingent de députés bloquistes serait suivie par l’élection d’un gouvernement du Parti québécois qui avait alors le vent dans les voiles. Cette approche a affaibli l’idée que le Bloc constituait une coalition rassemblant les nationalistes, les souverainistes et les fédéralistes insatisfaits des autres partis.

Aussi, il ne faut pas négliger la lassitude d’une portion significative de l’électorat à l’endroit du Bloc. Un sondage postélectoral mené par Léger Marketing pour le compte du Devoir montrait que plusieurs raisons expliquaient le choix des électeurs pour le NPD. Les trois principales renvoyaient au désir de changement, à la volonté de bloquer la formation d’un gouvernement conservateur majoritaire et au désir de mettre fin à la domination du Bloc.

Vote de protestation

Il faut également tenir compte du fort sentiment de désabusement à l’endroit de la vie politique. En effet, la très grande majorité des Québécois (87 % selon un sondage réalisé à la fin mai 2010) était désenchantée, lasse et impatiente à l’endroit de l’ensemble de la classe politique. Ces sentiments négatifs à l’endroit du politique ont fourni un terreau fertile à l’expression d’un vote de protestation. Cela a permis de redécouvrir Jack Layton, qui a mené une campagne moins hargneuse et plus positive que ses adversaires.

Les néodémocrates ont su canaliser le vote de protestation à l’endroit du gouvernement conservateur de Stephen Harper en misant sur la fatigue exprimée vis-à-vis le Bloc. Cependant, on ne saurait conclure que l’adhésion de 43 % des électeurs au NPD illustre nécessairement un appui aux positions plus « progressistes » de ce parti. Un sondage postélectoral montrait plutôt que l’appui à cette formation politique provenait de tous les horizons idéologiques : 35 % des électeurs néodémocrates se percevaient comme étant de centre, de centre-droit ou de droite, une proportion nettement plus élevée que pour les électeurs bloquistes. D’ailleurs, une plus grande proportion de ces derniers se définissait comme étant de centre-gauche ou de gauche (48 %), bien davantage que les électeurs qui ont soutenu le NPD (29 %). La base électorale néodémocrate était fragile.

Le 2 mai 2011, les conservateurs ont néanmoins obtenu un gouvernement majoritaire en récoltant 39,6 % des voix à l’échelle canadienne, mais un maigre 16,5 % au Québec. Ces derniers ont réalisé qu’il n’est plus nécessaire de compter sur les électeurs du Québec pour gouverner le Canada. L’ajout de sièges à la Chambre des communes ne pourra que contribuer à consolider cette réalité. Seuls les libéraux et les néodémocrates, compte tenu de la distribution de leurs appuis à l’échelle du Canada, ont besoin d’une députation importante en provenance du Québec pour être en mesure de former le gouvernement.

En somme, aux dernières élections, les électeurs québécois ont opté pour une autre formation politique qui n’avait par ailleurs aucune chance de former le gouvernement. Tous les observateurs prédisaient que les conservateurs allaient l’emporter. L’enjeu principal était de savoir, et ce, jusqu’à la toute fin, si Stephen Harper obtiendrait ou non une majorité de sièges. Les Québécois ont voulu empêcher l’élection d’un gouvernement majoritaire et une bonne partie d’entre eux ont choisi de transférer leur appui au NDP pour y parvenir.

Les élections canadiennes de mai 2011 illustrent la profonde césure entre l’électorat québécois et les politiques conservatrices : c’est le Québec qui a rejeté le plus clairement les troupes de Stephen Harper. Cette rupture est toujours présente en 2015. La question est maintenant de savoir si les Québécois veulent élire des députés qui participeront à la gouverne fédérale et appuyer un parti qui peut non seulement mettre fin au règne des conservateurs, mais aussi former le prochain gouvernement.

Pour les fédéralistes, le choix est relativement simple et repose sur leurs préférences partisanes. Par contre, les souverainistes convaincus sont confrontés au dilemme cornélien opposant leurs convictions profondes à leur désir de battre les conservateurs tout en portant au pouvoir un parti fédéraliste qui ne peut que promouvoir l’unité canadienne et combattre l’idée d’indépendance. La possibilité de l’élection d’un gouvernement néodémocrate était absente en 2011, mais est bien réelle en 2015. Cela fait toute la différence.

30 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 20 août 2015 06 h 29

    Duceppe espère le retour des conservateurs au pouvoir

    Plutôt que de miser sur une crise faite sur le dos des travailleurs comme le Bloc québécois et Gilles Duceppe le préconisent en favorisant le retour de Harper au pouvoir. Le NPD est en train de démontrer que la rupture Canada-Québec est autant sociale que constitutionnelle et peut se réaliser sur une autre base que la «politique du pire».

    Une démonstration qui pave la voie et donne toute sa pertinence à un parti indépendantiste de gauche comme Québec Solidaire.

    Un jour, les indépendantistes se souviendront que la lutte sociale et la lutte nationale sont les deux aspects d'une seule et même lutte, et qu'il ne sert à rien de se donner un nouveau pays, si ce n'est que pour améliorer le sort de ses propres concitoyens.

    Christian Montmarquette

    Référence :

    «Les conservateurs sont majoritaires pour la première fois. Je veux les remettre minoritaire.» - Gilles Duceppe, 13 août 2015

    • Jacques Gagnon - Abonné 20 août 2015 09 h 37

      Vous ne savez donc pas lire, ou plutôt vous saissisez toute petite porte qui se présente pour nous enquiquiner avec vos répétitions lassantes.

      « Les néodémocrates ont su canaliser le vote de protestation à l’endroit du gouvernement conservateur de Stephen Harper en misant sur la fatigue exprimée vis-à-vis le Bloc. Cependant, on ne saurait conclure que l’adhésion de 43 % des électeurs au NPD illustre nécessairement un appui aux positions plus « progressistes » de ce parti. Un sondage postélectoral montrait plutôt que l’appui à cette formation politique provenait de tous les horizons idéologiques : 35 % des électeurs néodémocrates se percevaient comme étant de centre, de centre-droit ou de droite, une proportion nettement plus élevée que pour les électeurs bloquistes. D’ailleurs, une plus grande proportion de ces derniers se définissait comme étant de centre-gauche ou de gauche (48 %), bien davantage que les électeurs qui ont soutenu le NPD (29 %). La base électorale néodémocrate était fragile.»

      Ce que cela dit est en contradiction avec vos prétentions. Les gens n'ont pas forcément voter pour les positions que monsieur met entre parenthèses, dites «progressistes».

      QS souffre du même travers que le PQ, c'est-à-dire de prêcher aux convertis et de croire qu'en répétant le même discours on finira par lui faire dire autre chose.

      Si vous étiez vraiment honnête, intellectuellement s'entend, vous admettriez que sur le fond, quand les gens votent «stratégiques» comme ces chiffres de 2011 en font foi et comme QS veut le faire, cela ne fait pas avancer les idées dans leurs fondements.

      Excusez-moi de vous dire cela, mais je pourrais répondre à votre place, vous êtes si terriblement prévisible et monocorde.

    • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 20 août 2015 11 h 54

      Tellement bien dit M. Jacques Gagnon: '' Excusez-moi de vous dire cela, mais je pourrais répondre à votre place, vous êtes si terriblement prévisible et monocorde''.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 août 2015 12 h 10

      «Vous ne savez donc pas lire, ou plutôt vous saisissez toute petite porte qui se présente pour nous enquiquiner avec vos répétitions lassantes.» - Jacques Gagon

      Il est certain qu"il est enquiquinant de se faire dire ses quatre vérités, même quand elles sont salutaires.

      Car s'il est une vertu que les bloquistes et les péquistes ne possèdent pas, c'est bien celle de savoir tirer les leçons de leurs échecs, puisque les bloquistes n'ont jamais cessé de s'attaquer au NPD, plutôt qu'aux véritables fauteurs de troubles et aux véritables ennemis du Québec que sont les conservateurs!

      Et c'est «vous» qui ne savez pas lire, puisque l'article affirme clairement que la rupture du Québec s'est effectuée sur la base du rejet des politiques conservatrices de droite de Harper :

      «Les élections canadiennes de mai 2011 illustrent la profonde césure entre l’électorat québécois et les politiques conservatrices : c’est le Québec qui a rejeté le plus clairement les troupes de Stephen Harper.»-François Rocher

      Et ce rejet se confirme aussi dans une baisse catastrophique du Bloc à «16%» des intentions de votes, qui confirme clairement que la rupture Canada-Québec s'effectue bien davantage sur l'axe gauche-droite que sur le simple clivage constitutionnel «fédéralisme-souverainisme» «Ni à gauche, ni à droite» comme les péquistes et les bloquistes nous le répètent à satiété!


      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 12 h 40

      À M. Gagnon.

      "Les gens n'ont pas forcément voté pour les positions (…) dites «progressistes»."

      Pas forcément - disons à 65% d'après les statistiques que vous citez, basées sur l’auto-qualification des répondants.

      Quoiqu'il en soit, ce qui aura le plus d'effet, c'est comment agira le parti élu et quel programme il appliquera.

      Un appui massif au Bloc plutôt qu'au NPD au Québec peut faire la différence entre un gouvernement conservateur et un gouvernement du NPD.

      Et un gouvernement conservateur, même minoritaire, peut faire beaucoup de choses, comme on l'a vu dans le passé.

      Si une telle chose arrivait et si, en effet, la proportion de progressistes est si grande chez les électeurs du Bloc, ceux-ci devraient alors avoir regretté leur choix.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 août 2015 12 h 47

      À M. Gagnon,

      Les électeurs bloquistes pour qui il est indifférent d'avoir un gouvernement NPD ou un gouvernement conservateur font-ils partie de cette proportion progressiste de bloquistes, tellement plus grande que chez les électeurs du NPD ?

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 août 2015 06 h 31

    Très beau papier

    Beau résumé, bien exprimé et pas mal sur la coche.

    Maintenant, aujourd'hui, ce que je regarde est : Est-ce que le ROC va réagir négativement à la nouvelle vague qui est toujours proportionnellement plus grande au Québec qu'ailleurs au Canada ? Là est ma question. La «division» va-t-elle encore se manifester cette fois-ci encore ? La réaction sera-t-elle de choisir un «deuxième» au lieu de choisir le même que le Québec afin que la «main» du Québec ne pèse plus sur l'administration du grand pays ?
    Nous le saurons le 19 au soir, au pire le 20 au matin.

    PL

    • Gilles Théberge - Abonné 20 août 2015 08 h 51

      Votre question est pertinente par ce que dans le passé la réalité parle. Un apport massif de députés du NDP en 2011 n'a pas empêché l'élection de Harper à la tête d'un gouvernement majoritaire.

      Les sondages actuels montrent, et je viens d'entendre la journaliste du Devoir Marie Vastel, dire qu'à la grandeur du Canada l'avance du NDP n'est pas aussi solide qu'elle paraît et elle recommande de ne rien prendre pour acquis.

      Je continue de penser qu'un député représentant et soutenant les intérêts primordiaux du Québec dans le parlement fédéral demeure la meilleure façon d'assurer la manière de les protéger et de les promouvoir.

      Le NDP est un parti fondalement centralisateur et fédéraliste, ce qui demeure un obstacle majeur à une véritable représentation de la voix originale de notre société..

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 août 2015 09 h 45

      «Le NDP est un parti fondalement centralisateur et fédéraliste, ce qui demeure un obstacle majeur à une véritable représentation de la voix originale de notre société..» - Gilles Théberge

      1) Le Bloc ne détient pas le monopole de la représentation des intérêts du Québec.

      2 ) Il est faux de prétendre que le NPD est centralisateur, alors qu'il propose l'abolition de la loi sur la clarté référendaire et la réaffirmation de «La Déclaration de Sherbrooke» qui respecte la droit à l'autodétermination du Québec et le retrait des programmes fédéraux sans condition avec pleine compensation.

      - Cm

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 août 2015 11 h 25

      Je ne voulais pas relever l'affaire M. Théberge, mais vu que vous le faites : Ce que vous avez entendu ou lu de Marie Vastel, ça fait des semaines que je le dis ici dans ce journal.

      Et comme vous pouvez le constater; notre ami Kadir n'a pas beaucoup d'influence sur ses représentants qu'on peut lire quotidiennement ici :)

      Autre chose : Ma question à, notre ami à tous, Amir, n’était pas une figure de style, je m’attend à une réponse. Et la réponse que je peux lire dans ces commentaires qu’on a le plaisir de lire et de relire est : Ses troupes ne supportent pas son point de vue. «T’es tout fin seul mon chum, finalement, t’as p’être bien fait de ne pas le nommer ton choix !»

      Bonne journée.

      PL

    • Cyril Dionne - Abonné 20 août 2015 11 h 33

      M. Lefebvre, c’est assuré que le ROC va réagir si le Québec s’entête avec le « New Democratic Party of Canada ». Le réflexe sera le même qu’en 2011 où ils ont voté pour un gouvernement conservateur majoritaire. Dans le merveilleux Canada, c’est « anything but Quebec ». L’Ontario avec ses 121 députés retournera dans le giron des conservateurs. Et cette tendance devient de plus en plus claire au Canada anglais.

      Cette élection n’est pas une course, mais bien un marathon. Partir en vitesse et essayer de maintenir ce rythme dans une course de longue distance n’est certainement pas bien avisé. Plus de 70% des électeurs n’ont pas fait de choix encore pour quelque soit la formation politique. Alors pour les sondages creux, on repassera.

      Si le Québec continu avec cette vague orange, il se retrouvera encore isolé avec des poteaux néo-démocrates incompétents. Et si le Québec persiste et signe dans cette direction, il se retrouvera encore la mariée d’un mariage exogame forcé de deux nations, vivant dans une situation patriarcale précaire, où il doit continuellement soumettre sa façon de gérer ses affaires personnelles à l’approbation de son conjoint fédéral que ce soit au niveau judiciaire, législatif, linguistique, social ou économique avec un gouvernement conservateur. Et les libéraux de Philippe « Arthur » Couillard dit de « Porter » avec ou sans paradis fiscaux, n’aidera certainement pas la situation.

    • Gilles Théberge - Abonné 20 août 2015 16 h 24

      En effet monsieur Montmarquette le NDP est un parti fondalement centralisateur et fédéraliste, ce qui demeure un obstacle majeur à une véritable représentation de la voix originale de notre société.

      Je suis à l'aise de le dire et même de le répéter parce que c'est exactement ça.

      Cela dit QS n'appuie aucun parti. Bon c'est noté. Mais, parce qu'il y a toujours un mais, QS ne soutien pas le Bloc qui est un parti souverainiste, comme QS. Enfin comme dit QS.

      La réalité c'est ce qui est, écrivait Arnaud Desjardins. Pas ce qu'on croit, pense, veut, désire, craint, etc. La réalité c'est ce qui est.

      Et quand je vois votre plaidoyer enflammé pour la vertu partagée, je me dis hum, je pense que monsieur Montmarquette ne nous dit pas toute la vérité.

      Mais non le Bloc n'a pas le monopole de quoi que ce soit. La vertu ça ne peut qu'être quelque chose de partagé.

      Mais cela n'est pas en soi une raison pour voter pour les cônes orange. Vous dites «Le Bloc ne détient pas le monopole de la représentation des intérêts du Québec.» Fort bien, donnez des exemple ou le NDP a tenu tête au gouvernement en faveur de dossiers avantageant le Québec. Allez, des exemples...

      Moi je pense au contraire que les dépuités du NDP n'ont aucun bilan à présenter, aucun en ce qui a trait à la promotion et la défense des intérêts du Québec dans ce qu'ils appellent une confédération.

      Et au contraire, la position de Mulcair (angry Tom) sur l'oléoduc d'Énergie Est est justement l'exemple idoine contraire.

      Ça ne va pas de pair avec la vertu que vous attribuez à ce parti fédéraliste extrême et centralisateur tout autant absolu.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 août 2015 18 h 50

      «Donnez des exemple ou le NDP a tenu tête au gouvernement en faveur de dossiers avantageant le Québec..» - Gilles Théberge


      Lisez par vous-même, la liste est trop longue.

      «Le NPD et le Québec» :

      http://www.jappuie-boulerice.org/le_npd_et_le_queb

      .

    • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 20 h 25

      À M. Théberge. "Un apport massif de députés du NDP en 2011 n'a pas empêché l'élection de Harper à la tête d'un gouvernement majoritaire."

      Si tous les sièges remportés par le NPD avaient été remportés par le Bloc, nous aurions aussi un gouvernement conservateur majoritaire.

      Mais 2011 n'est pas 2015. En 2015, avec un apport massif de députés du NPD du Québec, il est possible d'avoir un gouvernement du NPD.

      Sans cet apport, on pourrait avoir un gouvernement conservateur qui, même minoritaire, peut faire beaucoup de choses, comme on l’a vu dans le passé.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 21 août 2015 07 h 39

      On dirait que c'est une question de dosage. Qui a plus ou moins les intérêts du Québec en tête au fédéral ?

      Effectivement, le dosage peut être différent, mais, une chose de certaine : Seul le Bloc n'a «que» les intérêts du Québec en tête. La dose maximale.

      Si vous voulez vous diluer, libre à vous.
      Mais moi, mon Canada, je le bois «on the ROCs», pas en arc en ciel, pas de fizz, pas d’olive, ni brassé ni secoué.

      Imaginez, on a même pas besoin d’être indépendantiste pour voter Bloc, il ne faut être qu’un peu nationaliste.

      Quel est mon meilleurs choix de représentant ? Celui qui «soupèsera» mes désirs avec ceux des autre provinces, ou celui qui tiendra mordicus à mes aspiration contre vents et marées ? Celui qui pensera de temps en temps à ajouter une note en bas de page «Ne pas oublier qui m’a envoyé ici» ou celui qui n’a aucune autre personne que ceux d’où il vient à qui faire plaisir ? Étrangement, dans ma tête, le dilemme est vite réglé.

      Probablement que comme Duceppe, je me fous pas mal de ce que le ROC en pense. Et tout à fait personnellement, je n’envoie personne là-bas pour régler les problèmes de l’Alberta ou de la Saskatchewan, encore moins ceux de l’Ontario. Et des bonhommes qui, une fois rendu au poste, passent par-dessus la tête de tout le monde, j’en ai assez vu passer; je vais essayer une autre recette. Mais ça c’est moi, vous faites ce que vous voulez.

      En passant : Le retour en arrière pour relever ce que l’un a dit ou n’a pas dit, quand il l’a dit et devant qui, ne fonctionne pas, car tout le monde a dit à peu près n’importe quoi à un moment où un autre dépendant de la situation et de qui écoutait. Pour les attacher si serré à leur paroles, faudrai commencer par croire ce qu'ils disent; et pour croire un politicien sur parole, faut faire un grand effort. Alors…

      Je vote Bloc justement parce qu'il n'a pas le choix de faire autrement que de me représenter, «jamais». Rien ne peut être plus simple.

      Bonne journée.

  • Hélène Paulette - Abonnée 20 août 2015 08 h 35

    Excellente analyse...

    ''35 % des électeurs néodémocrates se percevaient comme étant de centre, de centre-droit ou de droite, une proportion nettement plus élevée que pour les électeurs bloquistes. D’ailleurs, une plus grande proportion de ces derniers se définissait comme étant de centre-gauche ou de gauche (48 %), bien davantage que les électeurs qui ont soutenu le NPD (29 %).'' Ça explique l'acharnement à dénigrer et culpabiliser les progressistes qui favorisent le Bloc... qui, quoi qu'on en dise, est loin d'être un parti de droite depuis la venue de Duceppe.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 12 h 16

      Qui explique aussi l'insistance que vous évoquez est qu'un appui massif au Bloc plutôt qu'au NPD au Québec peut faire la différence entre un gouvernement conservateur et un gouvernement du NPD.

      Et un gouvernement conservateur, même minoritaire, peut faire beaucoup de choses, comme on l'a vu dans le passé.

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 août 2015 21 h 42

      Il est assez intéressant de regarder le passé, justement.. Harper a été assez bien tenu en laisse, on a vu de la collaboration entre oppositions et on a presque connu un gouvernement de coalition officielle. Et on a pu voir le NPD, tout comme on le reproche au Bloc, de s'allier à Harper pour des raisons électoralistes...

    • Raymond Labelle - Abonné 21 août 2015 10 h 52

      Un gouvernement conservateur minoritaire est une situation moins pire que celle d'un gouvernement conservateur majoritaire, j'en conviens.

      Mais un gouvernement minoritaire conservateur demeure un gouvernement conservateur.

      La liste des turpitudes du gouvernement conservateur ne se limite pas à la période où il était majoritaire. Et la liste est assez impressionnante aussi pour sa période minoritaire.

      Être le gouvernement permet malgré tout de faire beaucoup de choses, même minoritaire.

      Pour illustrer par un exemple peut-être plus parlant : un gouvernement Marois minoritaire c’est quand même bien différent d’un gouvernement Charest minoritaire.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 août 2015 12 h 41

      Les électeurs bloquistes pour qui il est indifférent d'avoir un gouvernement NPD ou un gouvernement conservateur font-ils partie de cette proportion progressiste de bloquistes, tellement plus grande que chez les électeurs du NPD ?

  • Robert Bernier - Abonné 20 août 2015 09 h 00

    Quel dilemme en effet

    Vous écrivez: "Par contre, les souverainistes convaincus sont confrontés au dilemme cornélien opposant leurs convictions profondes à leur désir de battre les conservateurs tout en portant au pouvoir un parti fédéraliste qui ne peut que promouvoir l’unité canadienne et combattre l’idée d’indépendance."

    Depuis la défaite du référendum en 1995, j'ai eu le sentiment à chaque élection, provinciale ou fédérale, d'être pris en otage par la question nationale. À l'un niveau comme à l'autre, on finit toujours par ramener mon vote à une seule question: es-tu souverainiste ou es-tu fédéraliste? Et accepte n'importe quel programme en répondant à cette seule question. Dans le cas de Couillard récemment, on a même commencé avec ça. Et il semble que Justin Trudeau veuille emprunter lui aussi cette stratégie: se rallier les fédéralistes canadiens et québécois en ressortant la résolution de Sherbrooke aux fins de présenter le NPD comme un traître.

    Donc, on m'accule à chaque fois au mur et on me dit que mon vote ne doit pas porter sur des questions de gouvernance, seulement sur la question nationale. Que je n'ai pas à poser trop de questions sur les détails du programme. Ce faisant, cependant, on me demande de consentir, sur des questions de gouvernance, à des sacrifices au nom de quelque chose (l'indépendance du Québec) que je n'aurai vraisemblablement jamais, si j'en juge par les 2 référendum perdus.

    Au fédéral, la chose m'apparaît d'autant plus absurde que l'on sait d'avance que le Bloc ne prendra jamais le pouvoir et qu'il ne pourra que faire du bruit.

    Regardant les actions du gouvernement Harper, le dilemme n'est pas si dur à résoudre étant donné ce que je viens d'écrire. Quant à moi, aucun parti fédéral ne me convient, mais je serai bien obligé de subir leur gouvernance. Je regarderai dans mon comté et, pour sûr, ce sera "Anybody but Harper".

    Robert Bernier
    Mirabel

    • Gilles Théberge - Abonné 20 août 2015 09 h 45

      Votre raisonnement se tient monsieur Bernier mais je vous en suggère une variante.

      Si le vote produisait comme c'est prévu actuellement, un gouvernement minoritaire, dans ce cas la présence d'un contingent du Bloc prendrait au autre sens que simplement celui de «faire du bruit» comme vous le dites.

      Puis-je vous rappeler que lors des trois dernières élections fédérale, à deux reprises le Bloc a eu un très fort contingent de députés. Et les gouvernements ont été minoritaires, ce qui en soi donne une plus large part aux tiers partis.

      En 2011, le NDP du bon gars a râflé une grande majorité de sièges au Québec. Résultat le Bloc a disparu, et le gouvernement de Harper a été majoritaire.

      Conséquemment je dirais que votre raisonnement premier a du plomb dans l'aile. Rien n'assure que voter pour le NDP va donner un gouvernement. Ni et je dirais même surtout un gouvernement majoritaire.

      Nous avons le nez trop près de notre arbre. On ne se rend pas compte que dans les provinces du ROC, angry Tom ne fait pas l'unanimité. On ne voit pas que le fils de Pet conserve une base électorale qui n'est pas morte. Et on néglige aussi que les élections ont lieue fin octobre, et que Harper n'a pas dit son dernier mot.

      Il n'y a pas de dilemne dans mon esprit. Je veux être représenté par un député dont je sais que ce sont mes intérêts et ceux de mes compatriotes qui priment sur son action.

      Dans tous les autres cas, que ce soit le NDP les libéraux u bien Harper, c'est «Canada first». Ce qui veut dire que le Québec devra accepter toutes sortes de choses. Comme un pipeline sous le fleuve par exemple.

      Et si on est pas là ils feront comme bon leur semble.

    • Gilbert Turp - Abonné 20 août 2015 09 h 50

      Ce que vous décrivez ressemble à voter pour choisir votre gardien de prison. L'un est certainement plus gentil que l'autre, mais vous ne serez pas plus libre.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 août 2015 11 h 29

      Tant qu'à ne pas avoir ce qu'on veut, aussi bien s'assurer que ce que nous ne voulons pas fonctionne correctement. C'est un point de vue.

      PL

    • Robert Bernier - Abonné 20 août 2015 15 h 28

      @ Gilles Théberge

      Vous écrivez: "Et si on est pas là ils feront comme bon leur semble."

      Le problème c'est que, même quand on est là, et même en masse, ils font ce que bon leur semble. Là est tout l'absurde d'un peuple qui s'est dit non à lui-même deux fois et a préféré demeurer au sein d'un pays où il n'a pas d'amis. Je m'en désole bien évidemment.

      Je souhaite que ce pays, un pays que d'autres québécois continuent de me forcer à habiter, se débarasse de Harper afin de retrouver un minimum de décence. Le Bloc ne peut pas prendre sa place, le Bloc ne peut (ni ne veut) prendre le pouvoir à Ottawa. Le Parti Vert ne le peut non plus, mais pour d'autres raisons. Et je ne puis certainement pas pardonner aux libéraux du Trudeau de 1982, de Chrétien de 1995 et du fils de l'autre aujourd'hui. Il ne reste que le NPD de Mulcair.

      Je suis prisonnier d'une situation qui me laisse orphelin de parti. Je réalise aussi l'absurde et la frustration de la situation, comme dit Gilbert Turp: "voter pour choisir votre gardien de prison".

      Robert Bernier
      Mirabel

  • Jean Lapointe - Abonné 20 août 2015 11 h 25

    Il ne sera pas facile de surmonter la peur

    «Voyant ses appuis décliner, Gilles Duceppe a affirmé que l’élection d’un fort contingent de députés bloquistes serait suivie par l’élection d’un gouvernement du Parti québécois qui avait alors le vent dans les voiles.» (François Rocher)

    C'est ce qui a fait peur à bien des gens je pense.

    C'est que, malheureusement, il y a bien des Québécois à qui l'idée de faire du Québec un pays indépendant fait peur.

    Certains ont peur parce qu' il y sont opposés pour diverses raisons. Ce qui leur fait peur c'est que ça puisse réussir alors que pour eux ce serait un drame.

    Et d'autres ont peur non pas parce qu'ils sont contre mais parce qu'ils craignent que si jamais ça se faisait ils y perdraient surtout économiquement. Ils craignent l'insécurité financière qui pourrait d'après eux survenir. Ils préfèrent conserver ce qu'ils ont et ne rien risquer.

    Et ils craignent aussi je pense qu'il y ait plus de désordre social qu'il y en a dans l'état actuel des choses.

    Et il y en a aussi qui n'ont pas voté pour le Bloc parce que le Bloc québécois, tout comme la Parti québécois, sont pour eux des partis qui se situent dans le courant du néo-libéralisme. Or, il ne saurait être question d'appuyer de tels partis. Ce sont des méchants.

    J'ai l'impression que, malheureusement, beaucoup de Québécois sont quand même assez contents de leur sort et ils préférent donc le statu quo à ce qui leur apparaît comme une aventure trop risquée.

    Ils ne sont sans doute pas indifférents au fait que nous ne disposons pas de la liberté de prendre nos propres décisions en tant que nation mais ils n'y voient pas beaucoup d'inconvénients. Ce serait à leurs yeux un moindre mal.

    La tâche d'expliquer et de convaincre est donc énorme pour nous souverainistes. Mais nous devons la poursuivre. Ce serait pour nous une sorte de suicide collectif que d'y renoncer et un suicide c'est évidemment inacceptable.

    Voter pour Gilles Duceppe et le Bloc québécois sera donc la chose à faire le 19 octobre proch