L’incontournable réforme scolaire

La réforme de la gouvernance scolaire annoncée pour l’automne doit être une occasion de renforcer le partenariat scolaire-municipal.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La réforme de la gouvernance scolaire annoncée pour l’automne doit être une occasion de renforcer le partenariat scolaire-municipal.

À l’aube d’une réforme de la gouvernance scolaire qui s’annonce de plus en plus comme un événement incontournable, le monde municipal se sent interpellé, et cela, à juste titre. Voyons les ingrédients qui nous semblent essentiels à sa réussite.

Rappelons d’abord que le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, M. François Blais, a annoncé qu’il déposerait, cet automne, un projet de loi modifiant la gouvernance scolaire, en mettant notamment sur pied des conseils scolaires qui remplaceraient les commissions scolaires. Les élues et élus municipaux seraient invités à y siéger.

À mon avis, la participation du monde municipal à ces conseils est une excellente idée. Nous sommes des gouvernements de proximité. Nous connaissons mieux que personne les besoins des citoyennes et citoyens et les attentes des familles qui sont des plus diversifiées. Renforcer le partenariat entre le monde scolaire et le monde municipal ne peut que s’avérer gagnant pour la population. Voilà un premier ingrédient essentiel.

Le deuxième est un meilleur partage des ressources entre les milieux scolaire et municipal. Je pense ici aux infrastructures, aux équipements, à la diversification de l’offre de sports et de loisirs, aux coûts d’entretien des édifices et terrains publics utilisés par les établissements scolaires, à la sécurité aux abords des zones scolaires et au personnel de soutien. Assis à la même table, nous pourrons plus facilement discuter de ces questions et y trouver des réponses innovantes et efficientes.

Le troisième, et non le moindre, est le financement du réseau scolaire. Les problèmes actuels ne doivent pas être transférés aux municipalités sans que des solutions aient été trouvées. La position des élues et élus municipaux est claire : pas de nouvelles responsabilités sans un financement supplémentaire adéquat, que ce soit pour la perception de la taxe scolaire, le transport écolier ou la gestion des immeubles scolaires. La réforme ne doit pas non plus se traduire par un empiétement sur le champ fiscal des municipalités, soit l’impôt foncier. Les contribuables y seraient perdants.

Bref, la réforme de la gouvernance scolaire annoncée pour l’automne doit être une occasion de renforcer le partenariat scolaire-municipal, d’augmenter l’efficience dans l’utilisation de nos ressources et de mieux servir la population, et cela, pour le plus grand bénéfice des principaux concernés : les élèves !

5 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 18 août 2015 07 h 00

    La vraie réforme

    Avant la réforme administrative, c'est la réforme pédagogique qui devrait être au premier rang des préoccupations du MELS.
    Mais comme la qualité de l'éducation ne fait partie des priorités du ministre Blais, cette réforme, pourtant essentielle, n'aura jamais lieu.

  • Gilles Roy - Inscrit 18 août 2015 10 h 51

    Je cite

    «Nous connaissons mieux que personne les besoins des citoyennes et citoyens et les attentes des familles qui sont des plus diversifiées.» Euh. La municipalité, haut lieu de connaissance des besoins et des attentes des citoyens et des parents en matière scolaire? Vraiment? Et sur quoi l'auteure se fonde-t-elle pour appuyer, objectivement, pareil propos? Toujours étonnant sinon de constater jusqu'où les acteurs politiques sont unanimes à se concevoir comme de dignes défenseurs des familles, et ce quelque soit leur provenance ou leurs orientations.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 18 août 2015 12 h 39

    Je déplore que cela se fasse en vase clos sans consultations publiques

    Le citoyen que je suis apprends, par la bande, que des maires et/ou conseillers municipaux, élus pour autre chose que la chose scolaire, vont siéger sur un futur conseil scolaire.

    Il me semble que, avant de bulldozer, le ministre aurait dû prévoir des consultations publiques.

    D'abord, le New Brunswick a fait disparaitre ses conseils scolaires....puis à dû y revenir.

    A ce que je sache, les frais de gestion sont plus élevés au municipal qu'au scolaire. Les médias nous ont abondamment informé de la problématique des salaires, dit-on, trop élevés au municipal. Et des problèmes reliés aux fonds de pension.

    Quant à la démocratisation, il faut nuancer. Il y a des tas de municipalités où il n'y a pas eu d'élection. La Commission Charbonneau nous a révélé beaucoup de faits pas trop jolis dans le monde municipal, notamment des élections clefs en mains.

    D’autre part, en régions, vous avez souvent plus d’une municipalité sur un territoire donné.

    Et vous voyez beaucoup de citoyens aux assemblées de votre municipalité?

    Mme la mairesse ne veut pas envoyer de compte de taxes scolaires. Bon!

    Je déplore, donc, qu'on nous prépare un changement majeur au scolaire...et cela entre 4 murs.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 18 août 2015 14 h 40

    Un autre canard envoie un directeur et un prof sur le conseil scolaire

    Si ce canard s'avère vrai, cela signifie que ces gens-là vont se trouver dans des situations de conflit d'intérêts, à un moment donné.

    Je veux bien qu'on fasse une réforme. Mais, je déplore qu'il n'y ait pas eu de débats publics, au préalable.

    Dire que, en campagne électorale dans notre région,monsieur Couillard avait promis de ne pas abolir les commissions scolaires. En réponse à une question là-dessus!|

  • Pierre Fortin - Abonné 18 août 2015 15 h 10

    Une autre recette miracle

    Madame Roy, vous vous engagez dans un débat qui vous honore en vous posant en défenderesse de l'école québécoise. Cependant, vos prétentions ne débordent pas le simple cadre administratif et financier. Sans le vouloir, vous accentuez la grande lacune du débat social sur l'éducation au Québec : la part de l'enseignant qui est complètement évacuée du discours. Tout se passe comme si les profs étaient de simples exécutants des décisions prises en haut, un «peuple invisible». Nulle part dans votre texte vous ne prenez en considération la classe, i.e. l'école, là où s'effectuent le véritable travail.
    Vous semblez ignorer ce que doivent affronter les enseignants à qui on a imposé restrictions professionnelles de tous ordres par-dessus contraintes et baisses de salaire. À quand remonte la dernière reddition de compte des directions d'établissements sur l'état de leur corps enseignant? Même le ministre serait incapable de répondre à cette simple question.
    À la veille de la rentrée, il serait pertinent de savoir dans quel état se trouve vraiment l'école québécoise. Avant de vous engager, en prétendant faire mieux que tous les autres dans ce grand fatras de l'administration scolaire, il serait souhaitable que vous vous informiez mieux de ce qui se passe sur le plancher des vaches... et celui de la classe.