Les cyclistes montréalais sont-ils gérables?

Les cyclistes ont des droits, bien sûr, mais ils devraient aussi accepter les responsabilités qui en sont le corollaire.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Les cyclistes ont des droits, bien sûr, mais ils devraient aussi accepter les responsabilités qui en sont le corollaire.

Depuis quelques années, on presse instamment automobilistes et cyclistes de partager la route. Mais il semble qu’on ne demande qu’aux automobilistes d’assumer cette responsabilité. Pourrait-on aussi responsabiliser les cyclistes ?

Actuellement, c’est le free-for-all. Les cyclistes n’ont aucune obligation et ils font à peu près ce qu’ils veulent et quand ils le veulent, souvent au détriment des autres usagers de la route. Car, par qui est commise la majorité des infractions les plus criantes aux règlements de la circulation à Montréal ?

Je veux bien croire qu’il y a des problèmes qui ne sont pas le fait des cyclistes eux-mêmes, par exemple les pistes cyclables, mais, à la base et avant tout, il y a un énorme problème de comportement des cyclistes montréalais.

Je ne connais pas beaucoup d’automobilistes qui grillent fréquemment les feux rouges, ne respectent systématiquement pas les panneaux d’arrêt, empruntent souvent à contresens les rues à sens unique et roulent régulièrement sur les trottoirs. C’est pourtant le cas d’une grande partie des cyclistes montréalais. Les cyclistes ont des droits, bien sûr, mais ils devraient aussi accepter les responsabilités qui en sont le corollaire.

Six mesures

Je suggère donc les mesures suivantes, qui ont pour but de les responsabiliser davantage et qui, si adoptées, en feraient des usagers plus respectueux des lois et avec qui il serait enfin agréable de cohabiter.

Immatriculation — Que toutes les bicyclettes soient immatriculées, comme les véhicules automobiles. Ainsi, en cas d’accident, les propriétaires pourraient être retrouvés. De même, s’ils étaient blessés et n’ont pas de papiers, il serait plus facile de communiquer avec leurs proches.

Permis — Que les cyclistes détiennent un véritable permis de conduire, même s’il est différent de celui des automobilistes. On l’exige des automobilistes, alors pourquoi pas des cyclistes, qui assument les mêmes risques et peuvent être à l’origine d’accidents aussi graves ? Imposons au cycliste les mêmes exigences qu’à l’automobiliste. Un cycliste qui risque de perdre son permis de conduire deviendra sans doute un cycliste plus prudent et plus respectueux des lois.

Assurance — Que tous les cyclistes souscrivent à une assurance « automobile », peu onéreuse cependant, comme les autres usagers de la route. S’ils ont à l’origine d’un accident, leur dossier routier pourrait en être affecté, leur faute serait portée à leur dossier, ils seraient tenus responsables de leurs actes et les autres usagers de la route pourraient être dédommagés après entente entre leurs assureurs respectifs.

Formation — Que tous les cyclistes suivent un cours, même léger, de conduite automobile. Plusieurs n’ont pas de voiture et n’ont aucune notion de ce qu’est la circulation automobile, son flux, son rythme, ses règles les plus élémentaires. Il faut, bien sûr, critiquer l’automobiliste qui, en tournant à droite, heurte un cycliste qui, venant sur sa droite, a voulu poursuivre tout droit. Mais le cycliste aurait-il pu anticiper, pour sa part, le mouvement de l’automobiliste ?

Équipement — Que tous les vélos soient équipés d’un feu avant et d’un feu arrière puissants pour être bien vus en tout temps. Les feux actuels sur les vélos sont tout au plus une mauvaise blague.

Répression — Que des sentences sévères, mais justes, semblables à celles qu’on impose aux automobilistes, soient infligées à tout cycliste transgressant un règlement de la circulation, quel qu’il soit.

Dans ces conditions, et à ces seules conditions, je veux bien, moi, partager mes trajets montréalais avec des partenaires routiers qui seraient soudainement devenus beaucoup plus disciplinés et respectueux des lois.

31 commentaires
  • Jacques Audet - Inscrit 20 juillet 2015 05 h 57

    Conditions pour partager les routes?

    «Dans ces conditions, et à ces seules conditions, je veux bien, moi, partager mes trajets montréalais avec des partenaires routiers qui seraient soudainement devenus beaucoup plus disciplinés et respectueux des lois.»
    Cependant, les routes ne vous appartiennent pas et vous n'êtes pas législateur. Les cyclistes ont déjà le droit de les emprunter, quelles que soient les «conditions» que vous posiez! Vous avez donc l'obligation de partager les routes avec eux.
    Cette arrogance chez certains automobilistes (pas tous) est l'un des problèmes principaux. Il ne viendrait jamais à l'esprit d'un cycliste de dire de telles énormités aux automobilistes («Je daignerai partager la route avec vous, mais à condition que...»). En raison de cette attitude de propriétaires exclusifs de la chaussée, des cyclistes se font insulter, lancer des objets, cracher dessus, tasser de façon dangeureuse par des conducteurs arrogants.
    D'autres éléments de ce texte font problème. Je ne relèverai que celui-ci: «Les cyclistes n’ont aucune obligation.» Les cyclistes sont déjà assujettis au Code de la route et ils reçoivent des contraventions lorsque des policiers les surprennent à ne pas le respecter. Et cela arrive fréquemment, comme n'importe quel cycliste de Montréal pourrait le confirmer.

    • Sylvain Auclair - Abonné 20 juillet 2015 09 h 51

      À cet effet, je ferais remarquer que les cyclistes occupent les routes depuis plus longtemps que les automobiles.

  • Claude Paré - Inscrit 20 juillet 2015 06 h 36

    Changer les mentalités

    Il faudra bien admettre un jour que le réseau routier est avant tout fait pour le transport des personnes. Les différents modes de transport : vélo, marche, roulette, automobiles ne sont pas tous égaux en dangerosités et en impact sur la circulation.

    Plus le véhicule est lourd et rapide et plus il est dangereux pour les autres.

    Le comportement des personnes qui marchent, ou qui utilisent la force corporelle pour déambuler dans la cité est différent de celui de ceux qui utilisent un moteur.

    Dans tous les cas, tous les utilisateurs deviennent des piétons. C'est le but du transport de personnes : une personne se rend à destination. Il y a donc nécessairement une pyramide de la circulation dont la base est le piéton.

    Le comportement actuel des piétons, qui est semblable à celui des cyclistes, devrait moduler les règles de circulation et le respect du piéton devrait être la base du code de la sécurité routière.

    Comme cycliste et automobiliste, mon comportement est différent. Dans au moins 70% des cas, les automobilistes ne font pas de stop complet et risquent la vie des piétons. Et que dire de ceux qui forcent la jaune!

    Dans tous les cas le comportement du piéton et du cycliste n'est pas dangereux pour l'automobiliste. C'est pourquoi je propose de décaler d'un niveau les obligations des cyclistes et des piétons en leur accordant un niveau de priorité supérieur aux automobilistes. Pour le piéton et le cycliste, un feu rouge devient un stop. Un stop devient un ralentissement, etc.

    Il ne faut pas oublier chers automobilistes que les cyclistes ne possèdent sur la chaussée aucun espace dédié. De ce fait, ils risquent constamment leur vie. Les avantages qu'ils procurent à la communauté en terme de réduction des émissions de CO2 et d'espace libéré pour l'automobile devraient être pris en compte.

    Le respect premier des humains qui marchent ou qui utilisent leurs muscles pour se véhiculer devrait être le principe de base de la sécurité routière.

    • Jean Lacoursière - Abonné 20 juillet 2015 10 h 07

      Bien d'accord avec vous au sujet du Stop et du feu rouge!

  • Sylvain Auclair - Abonné 20 juillet 2015 06 h 55

    Moi aussi, j'ai des conditions

    À Montréal, je circule à vélo, à pied et à en voiture. Et ce sont les conducteurs de voiture qui sont les plus dangereux. Alors, je suggère que l'obtention et que la conserveration du permis de conduire, pour toutes les classes, soient soumis à la condition que la personne en question soit obligée de passer quelques heures par année en vélo dans une rue passante, à l'heure de pointe, tant jour que la nuit.

  • Michel Thériault - Abonné 20 juillet 2015 06 h 58

    Une blague ?

    M. de Grandmont, j'imagine qu'il s'agit d'une blague ? Du moins, je l'espère...

    • Gilles Roy - Inscrit 20 juillet 2015 12 h 28

      Blague, canular, hameçonage, coup de pub, mais quelques opinions franches, aussi. Baveux, mais frais, ai trouvé. M'a fait penser à une slush de dépanneur. Ça touche au coeur de l'été, malgré l'artificiel et le sucre en quantité...

  • Sylvain Auclair - Abonné 20 juillet 2015 07 h 06

    Autres conditions

    On pourrait retirer le permis aux automobilises qui squeezent les cyclistes (et les piétons) à leur droite alors qu'ils s'avancent pour tourner sur une flèche que le leur interdit; qui stationnent dans une bande cyclable; qui ne signalent pas leurs virages ou leurs changements de voie, qu tournent à gauche où c'est interdit.

    Quant aux amendes, laissez-moi rire. Quand avez-vous entendu parler d'un automobiliste mis à l'amende pour n'avoir pas respecté un passages-piétons ou avoir encombré un carrefour?