Non à une révolution de palais!

Gilles Duceppe
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Gilles Duceppe

À quoi bon avoir des règles internes si un citoyen, aussi méritant soit-il, peut prendre le contrôle d’un appareil partisan, comme il ravirait un sceptre, sans même que cela ne pose de questions de démocratie interne ? Les statuts et règlements, ce n’est pas une simple question d’intendance, c’est l’outil qui garantit la pérennité de l’association volontaire d’individus éclairés, sur la base d’une organisation librement consentie.

Alors que le cynisme à l’égard de la classe politique et la défiance vis-à-vis des institutions ravage les démocraties occidentales depuis plusieurs décennies, les expériences populaires qui fleurissent à travers le monde devraient pourtant être un phare pour nous tous, militants ou non. Pour paraphraser Tocqueville, les moeurs politiques changent, car « dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau ». Par l’adhésion qu’elles emportent, ces expériences populaires témoignent en creux du fait que l’ancienne manière de faire de la politique est morte et qu’un souffle nouveau doit jaillir dans l’arène politique.

Le Bloc québécois n’a rien de Buckingham Palace. M. Duceppe a une place majeure dans le mouvement souverainiste contemporain, mais rien ne justifie qu’il bénéficie, tel un monarque de droit divin, d’un quelconque droit de préemption sur la cause qu’il défend à Ottawa. Surtout, ce retour n’augure rien de bon quant à l’absence d’aggiornamento et même d’autocritique après la lourde défaite de 2011. Et ce n’est certainement pas le « pardon » accordé au Québécois à l’égard de la vague orange qui arrangera les choses.

Aussi, devant les défis électoraux qui arrivent à grands pas, le Bloc québécois doit garantir le parallélisme des formes afin d’accréditer la légitimité de son principal porte-parole. Les technologies de l’information accordent aujourd’hui suffisamment de latitude pour pallier cet impondérable. Pour ce faire, le minimum serait que le Bloc propose un vote de confiance électronique à ses militants.

7 commentaires
  • Jacques Boulanger - Inscrit 10 juin 2015 07 h 07

    Pour quoi faire ?

    Pour sauver les apparences ? Ils auraient pu jouer la grande comédie, une convention nationale expresse avec l'attirail médiatique qui s'ensuit etc. etc. Si c'est cela qui vous chagrine, c'est tant mieux mais en bout de ligne le résultat aura été le même.

  • Jacques Gagnon - Inscrit 10 juin 2015 08 h 28

    Des gens comme vous

    C'est ce manque de réalisme qui fait qu'un parti ne gagne jamais d'élection.
    Vous n'avez pas encore remarqué que les politiciens disent n'importe quoi avant l'élection.

  • Lise Bélanger - Abonnée 10 juin 2015 08 h 42

    Il est possible que je fasse erreur, mais j'ai compris que M. Beaulieu demeure en poste à la présidence du Bloc mais que le porte-parole en devient M. Duceppe.

    Ce qui prouve que M. Duceppe a des appuis importants au Québec et à l'intérieur de son parti.

    J'admire le charisme de M. Duceppe et je crois que cela va aider le Bloc.

    Cependant, ceux qui suivent M. Duceppe , à l'intérieur du Bloc, ceci est mon impression, ne sont peut-être pas tous aussi indépendantistes que ceux qui ont élus M. Beaulieu.

    Mais bon, il est peut-être là le clivage entre les deux groupes au sein du Bloc.

    Si on pouvait en finir avec les chicanes improductives et tous unis dans un même but!

    Je comprend votre point de vue juridique ou démocratique quand à la légitimité du nouvel engagement de M. Duceppe.

    Je m'en pose également quand un député change de parti, en cours de mandat etc...

    Votre suggestion est intéressante mais il me semble que le Bloc contourne cette obligation en laissant M. Beaulieu en poste. On l'écarte dans les faits mais pas en droit.

  • André Nadon - Inscrit 10 juin 2015 10 h 46

    Chercher les chiures de mouches.

    Sans vouloir promouvoir l'anarchie et dénigrer les règles de bonnes gouvernances, je ne souhaite pas que le Bloc imite le déroulement des assemblées péquiste qui se complaît dans des débats byzantins sur le sexe des anges plutôt que de débattre de gestes à poser pour faire avancer le projet d'indépandence.
    Nous avons trop entendu des '' faudrait que ''.

  • André Nadon - Inscrit 10 juin 2015 10 h 46

    Chercher les chiures de mouches.

    Sans vouloir promouvoir l'anarchie et dénigrer les règles de bonnes gouvernances, je ne souhaite pas que le Bloc imite le déroulement des assemblées péquiste qui se complaît dans des débats byzantins sur le sexe des anges plutôt que de débattre de gestes à poser pour faire avancer le projet d'indépandence.
    Nous avons trop entendu des '' faudrait que ''.