Pensées et répliques de Jacques Parizeau

L’oeuvre de Jacques Parizeau tient à un sens de l’action assez rare, mais aussi à une intelligence qui s’exprimait à travers des discours, des livres, des chroniques, des textes pour des revues, des éditoriaux et aussi quelques mots bien sentis jetés ici et là. Il faudra voir à regrouper un jour ses pensées pour en apprécier plus correctement l’importance. En attendant, voici quelques perles retrouvées dans les archives du Devoir.
 

« On se retrouve avec un parti politique qui, pendant seize ans, a fonctionné sur deux pattes — la souveraineté du Québec et la social-démocratie — et qui abandonne ses deux pattes. Avec Pierre Marc Johnson, le PQ est devenu cul-de-jatte, ça court moins vite ! »

1er octobre 1987

 

 

« Le Québec n’a pas de comptes, historiques ou politiques, à régler avec le Canada. Plus maintenant, en tout cas. La force du Québec moderne est suffisante pour qu’il puisse laisser dormir dans les placards tous les vieux squelettes du passé. L’avenir s’ouvre devant lui, et il est si excitant qu’il relègue aux oubliettes toutes les brimades et les conflits d’antan. »

11 décembre 1990

 

 

« Toutes les initiatives du gouvernement de M. Lévesque dans le but de préparer ou d’expliquer la souveraineté du Québec avant le référendum étaient condamnées à être dénoncées (et elles le furent) comme dépassant le mandat reçu lors du scrutin. […] Ce qui serait suicidaire pour le Parti québécois, c’est de ne pas se préparer à ce rendez-vous historique ou, pire encore, de n’en rien dire à l’élection pour “ réserver ” la surprise d’un référendum sur la souveraineté à un électorat qui penserait avoir élu un gouvernement comme les autres. »

20 avril 1994

 


« Je ne sais pas s’il y a plusieurs [leaders souverainistes], je sais toutefois qu’il y a seulement un premier ministre à la fois. »

9 avril 1995

  

 

« Il faut pouvoir répondre, montrer les enjeux, maîtriser les chiffres, esquisser des projets et des solutions, présenter parfois des solutions de rechange et, en tout cas, montrer qu’on possède ses dossiers et qu’on n’embarque pas ses militants, d’abord, et le public, ensuite, dans des aventures improvisées. Cela nécessite beaucoup de préparation, d’études, d’analyses, de calculs. Bien sûr, tout cela ne peut remplacer l’émotion, le souffle charismatique, le lyrisme même, sans lequel aucune grande cause ne peut aboutir. Mais cela donne aux dirigeants d’abord, aux militants ensuite et petit à petit au public l’assurance qu’on sait où l’on s’en va et comment s’y rendre. »

28 mars 2011

 


« Par rapport à celle des pays industrialisés, la dette du Québec, en pourcentage du PIB, est plus élevée que celle du Canada, mais moins que celle de la moyenne des pays de l’OCDE. Pas la peine de couper l’aide sociale pour ça. »

1er mai 2013

  

 

« Refuser de discuter de la gratuité à l’université, au nom des équilibres budgétaires, sous prétexte que ça coûterait 1 milliard, ne tient pas la route. […] Il faut cesser de se faire peur et se débarrasser de cette hantise comptable qui paralyse. Il faut aborder de front les vrais problèmes économiques du Québec : sa croissance économique trop lente, la sérieuse détérioration de sa balance des échanges extérieurs, la faible productivité d’un trop grand nombre de ses entreprises, les insuffisances de la formation professionnelle et technique. C’est à cela qu’il faut s’attaquer ! »
 

17 mai 2013

2 commentaires
  • Jean Boucher - Inscrit 3 juin 2015 09 h 42

    Réplique de Lucien Bouchard

    «...il aurait pû(Jacques Parizeau) être premier ministre du Canada...»

    Lucien Bouchard, 2 juin 2015, en direct à la télé LCN

  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 3 juin 2015 17 h 41

    L'histoire se répète

    « On se retrouve avec un parti politique qui, pendant seize ans, a fonctionné sur deux pattes — la souveraineté du Québec et la social-démocratie — et qui abandonne ses deux pattes. Avec (insérez le nom du chef actuel), le PQ est devenu cul-de-jatte, ça court moins vite ! ».