Lettres: Science et technologie à la Paul Martin

Les analystes des médias ont passé sous silence une dimension cruciale du nouveau programme gouvernemental du premier ministre Paul Martin. Pour la première fois au Canada, y compris le Québec, un premier ministre déclare l'importance qu'il attache aux sciences et à la technologie en en faisant un point clé de son programme. Cela est d'autant plus important que le Québec et le Canada sont entrés de plain-pied dans l'économie du savoir et que cette dimension de leur développement se doit de recevoir l'attention du chef du gouvernement lui-même.

Tout comme cela existe dans les grandes nations développées, telles que les États-Unis, le Japon et la Grande-Bretagne, le chef du gouvernement a l'intention de se doter «d'un conseiller national en sciences» qui travaillera en étroite collaboration avec le Conseil consultatif national des sciences et de la technologie. En se faisant, Paul Martin se démarque grandement de ses prédécesseurs.

En faisant de la création et de la croissance d'entreprises canadiennes innovatrices une priorité «grâce à une meilleure commercialisation de la recherche universitaire et à un meilleur accès à des sources de financement», Paul Martin témoigne de sa connaissance et de son appui à un axe de développement économique et social fort important pour notre pays. D'ailleurs, lors d'une allocution prononcée à Montréal récemment, Paul Martin avait abordé ce sujet avec beaucoup de maîtrise. Je suis certain que les recteurs d'universités ont pris connaissance de cette partie du programme qui valorisera davantage la recherche effectuée à l'intérieur des universités. L'OCDE, dans son étude sur la «Société du savoir et gestion des connaissances», publiée en l'an 2000, soulignait qu'une proportion non négligeable du développement économique des États-Unis au cours des 20 dernières années provenait de l'adoption du «Bay Dole Act» de 1980 qui a eu pour résultat de favoriser la commercialisation de la recherche universitaire en dynamisant les transferts de technologie.

Il est malheureux que le ministre au développement économique du Québec ne semble pas intéressé par cette dynamique importante. Au moins, nous avons un premier ministre à Ottawa qui attache beaucoup d'importance à ce sujet et qui le dit publiquement.