Bienheureux Oscar Romero, martyr des Amériques

Monseigneur Oscar Romero a été assassiné à San Salvador le 24 mars 1980 tandis qu’il célébrait l’Eucharistie dans la chapelle de l’hôpital de la Divina Providencia ; un coup de fusil l’atteignit en pleine poitrine : il mourra quelques minutes après.

Trois ans plus tôt, il avait été nommé archevêque de San Salvador. Mgr Romero était un homme pieux, humble et discret. Il fut pasteur, prophète, martyr, croyant salvadorien extraordinaire. Il a pris conscience de la situation dramatique de son pays. « J’ai été nommé évêque pour ramasser des cadavres », disait-il. C’est pour cela qu’il voulut dénoncer les causes du mal social, montrer un visage de l’Église proche des pauvres, prendre une option préférentielle pour les pauvres. Il ne cherchait pas à faire de la politique, mais, à partir de la lumière de l’Évangile, à éclairer les routes de son pays.

Il a été tué à cause de son amour pour la justice et pour les faibles. Il a toujours montré sa fidélité à l’Évangile par la défense des droits des pauvres et des démunis. Il était convaincu que, « pour être le pasteur de tous, il fallait commencer par les pauvres », les mettre « au centre des préoccupations pastorales ». Mgr Romero souhaitait un Salvador plus juste, plus attentif à ses enfants les plus nécessiteux. Au cours des homélies, Mgr Romero dénonçait la violence et l’abus de pouvoir en exhortant tout le monde à la paix et à la réconciliation.

Mgr Romero n’a jamais haï personne, pas même ses adversaires. Il a été tué parce qu’il est resté fidèle à un engagement de foi et d’amour. Sa mort ne fut pas causée par des motifs politiques, mais par la haine envers une foi pétrie de charité qui ne se taisait pas devant les injustices qui s’abattaient implacablement et cruellement sur les pauvres et sur leurs défenseurs. Aujourd’hui, dans le monde entier il est reconnu comme un homme juste qui a su défendre les droits de l’homme. En août 2014, le pape François a dit de lui : « Pour moi, Romero est un homme de Dieu. »

Ce samedi 23 mai 2015, Mgr Romero sera béatifié et reconnu officiellement « martyr des Amériques ». Aujourd’hui, El Salvador trouve de nouveau en Mgr Romero son fils le plus illustre et le plus fort soutien de son peuple. Le peuple salvadorien, lui, a canonisé son archevêque dès le jour de son assassinat ; aujourd’hui, Rome reconnaît ce verdict populaire et l’étend à l’Église entière. Il vient d’être proclamé patron de Caritas Internationalis.

Notre monde est plongé dans des guerres barbares et soumis à une économie prédatrice qui accentue les inégalités entre riches et pauvres. La démocratie cède le pas à la dictature de l’argent et la liberté est de plus en plus menacée. Les pauvres cherchent désespérément à sortir de leur misère et font face à des murs d’hostilité et de rejet. Plus que jamais nous avons besoin d’un homme comme Mgr Romero pour nous mobiliser, nous solidariser et nous mettre en marche vers un monde juste et fraternel. Qu’Oscar Romero devienne aussi un modèle pour les Églises, qui doivent remettre au coeur de leur foi l’option préférentielle pour les pauvres.

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