Touche pas à mes régions!

Le poète et auteur-compositeur-interprète Gilles Vigneault
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Le poète et auteur-compositeur-interprète Gilles Vigneault
Nous, citoyens des régions du Québec, fils et filles de bâtisseurs, gens de coeur et de courage, revendiquons le droit de poursuivre le développement de nos régions selon les principes auxquels nous croyons. Par une gouvernance décentralisée et à notre image. Par la mobilisation de toutes les forces vives de nos territoires, composés de citoyens, d’élus, d’entrepreneurs, de représentants des secteurs communautaires, culturels, de la santé, de l’éducation ou des institutions publiques. Nous voulons avant tout un développement durable de nos territoires, au bénéfice de l’ensemble des Québécois.
 

Nos origines influencent nos façons de faire, notamment par la culture du consensus, par le partage de nos savoirs et par le travail acharné. Notre but est de créer ensemble une richesse collective. Nous refusons un mode de gouvernance qui prive les régions du Québec de leurs pouvoirs décisionnels.

Nous sommes fortement attachés à nos territoires, que nos prédécesseurs ont construits avec bravoure, audace, ingéniosité, créativité, et ce, toujours dans un esprit de collaboration. Notre savoir-faire dans les domaines de l’agroalimentaire, de l’énergie, des pêcheries, des forêts et des mines a souvent traversé nos frontières.

Nous voulons des régions où tous les citoyens s’unissent pour faire en sorte que l’on demeure des moteurs de développement social et économique, qui contribuent à la prospérité de l’ensemble des Québécois.

Élan brisé

Avec ses décisions, le gouvernement du Québec brise l’élan que nous nous sommes donné en entamant une démarche de centralisation sans précédent, privant par le fait même les régions de leviers de développement essentiels à notre épanouissement, tant économique que social et culturel.

Aujourd’hui, nous nous adressons d’une seule voix au gouvernement du Québec pour lui demander de surseoir aux décisions qui concernent le développement régional.

Les régions veulent s’engager dans un dialogue avec le gouvernement et être notamment entendues dans le cadre des auditions sur le projet de loi no 28 : Loi concernant principalement la mise en oeuvre de certaines dispositions du discours sur le budget du 4 juin 2014 et visant le retour à l’équilibre budgétaire en 2015-2016. Par ailleurs, nous exigeons que le gouvernement entame une réflexion sérieuse, en collaboration avec l’ensemble des acteurs concernés, pour convenir d’une vision de développement durable des régions du Québec.

Nous croyons en un avenir prospère pour nos régions. Nous croyons aussi à la solidarité qui unit les acteurs de notre développement. Nous voulons protéger nos réussites. Nous voulons avoir le droit d’adapter les programmes pour que les gens des régions s’y retrouvent et participent à leur tour au développement d’une société forte et en pleine possession de ses moyens. Nous souhaitons la reconnaissance de l’expertise des intervenants d’ici, de ceux qui travaillent ensemble pour le bien-être des populations des régions du Québec afin que celles-ci puissent continuer de rayonner à l’extérieur de leurs frontières. Nous revendiquons un avenir pour les régions, un avenir dont nous pourrons décider des couleurs, un avenir à bâtir collectivement.

La coalition Touche pas à mes régions ! est née d’une volonté citoyenne de mobilisation pour dénoncer les mesures d’austérité du gouvernement du Québec. Elle est jusqu’à présent composée des régions Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Nord-du-Québec, Outaouais et Chaudière-Appalaches. La coalition a fait une demande pour être entendue en commission parlementaire et est en attente d’une réponse positive.


*Ont signé ce texte:

Nathalie Normandeau, ex-ministre des Régions
Fred Pellerin, conteur et auteur-compositeur-interprète
Gilles Vigneault, poète et auteur-compositeur-interprète
Rémy Trudel, ex-ministre des Régions
Gabriel Nadeau-Dubois, chroniqueur, écrivain et militant
Alex Nevsky, auteur-compositeur-interprète
Anodajay, auteur-compositeur-interprète
Christian Bégin, acteur, réalisateur, animateur
Boucar Diouf, scientifique, humouriste, chroniqueur
Emmanuel Bilodeau, comédien et humoriste
Jacques Proulx, paysan et ex-président de Solidarité rurale
Louis-Jean Cormier, auteur-compositeur-interprète
Michelle Blanc, femme d’affaires et conférencière
Édith Cochrane, actrice, animatrice
Nicole Lagacé, femme d’affaires
Nelson Minville, chanteur, parolier et compositeur
Stéphanie Boulay (les Sœurs Boulay), auteure-compositrice-interprète
Serge Bouchard, anthropologue, écrivain et animateur de radio
Daniel Bouchard, homme d’affaires
Laurence Jalbert, chanteuse
Gaston Lepage, comédien
Michel Jetté, réalisateur
Marie-Pier Arthur, auteur-compositeur-interprète
René Gauthier, homme d’affaires
Philippe Garon, auteur
Jean Dubé, professeur à l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional, Université Laval
Jean-Maurice Matte, maire de Senneterre et préfet de la MRC de la Vallée-de-l’Or
André Belisle, président de l’Association québécoise de la lutte contre la pollution atmosphérique
Sandra Dumaresq, comédienne, chanteuse
Me Guy Bertrand, avocat
Jacques Bérubé, scénariste et chroniqueur, fondateur du journal Le Mouton Noir
Julie Boivin, directrice au Carrefour des arts, des lettres et de la culture de la Mitis
Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale
Ludovic Bonnier, compositeur
Berchmans Boudreau, maire de Havre Saint-Pierre
Jean-Pierre Ouellet, recteur de l’Université du Québec à Rimouski
Rodrique Brousseau, maire de Petite-Vallée
Manuel Brault, auteur-compositeur-interprète
Geneviève Brisson, professeure au département Sociétés, Territoires et Développement de l’Université du Québec à Rimouski
Marc-Alexandre Brousseau, maire de Thetford Mines
Micheline Anctil, mairesse de Forestville et préfète de la MRC Haute-Côte-Nord
Jean-Raymond Châles, comédien
Suzanne Champagne, comédienne
Pierre Corbeil, maire de Val-d’Or
Daniel Côté, maire de Gaspé
Philippe Dancause, homme d’affaires
Dr Michel Desjardins, médecin, régionaliste impliqué
Jean-Guy Desrosiers, préfet de la MRC de Montmagny
Patrick Duguay, directeur général, Coopérative de développement régional Outaouais-Laurentides
Nicolas Falcimaigne, président du journal Ensemble
Michel Faubert, chanteur et conteur
Marie-Josée Fortin, Chaire de recherche du Canada en développement régional et territorial à l’Université du Québec à Rimouski
Jacques Gagnon, ancien maire de Les Bergeronnes et régionaliste engagé
Vincent Gagnon, musicien
Yves Galipeau, directeur général du Cégep de la Gapésie et des Îles
Alain Grenier, président de la Commission scolaire de la Côte-du-Sud
Julien Goyette, professeur au Département des lettres et humanités à l’Université du Québec à Rimouski
Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles du Québec
Mario Handfield, professeur en développement social et territorial à l’Université du Québec à Rimouski
Stéphanie Hein, présidente du Forum jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue
Karine Hébert, professeure au Département des lettres et humanités à l’Université du Québec à Rimouski
Jocelyne Huet, mairesse de Cloridorme
Johanne Jean, rectrice de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Randy Jones, maire de Gros-Mécatina
Michel Lagacé, maire de Saint-Cyprien et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup
Alain Lagacé, coordonnateur en développement régional et lien avec les pays nordiques
Paulette Lalande, mairesse de Plaisance et préfète de la MRC de Papineau
Jérôme Landry, maire de Matane
Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine
Réal Laverdière, ancien maire de Saint-Pamphile et ancien préfet de la MRC de L’Islet
Nicole Leblanc, comédienne
Guy Lessard, président du Conseil régional de l'environnement Chaudière-Appalaches
Claude Martel, maire de Baie-Comeau, préfet de la MRC de Manicouagan
Jonathan Martel, président de la Corporation de protection de l'environnement de Sept-Îles
Patrice Michaud, auteur-compositeur-interprète
Claude Morin, maire de Saint-Georges-de-Beauce
Luc Noël, préfet de la Minganie
Micheline Pelletier, mairesse de Sainte-Anne-des-Monts
Stéphanie Pelletier, écrivaine
Marny Perreault, mairesse de Saint-Fabien
Réjean Porlier, maire de Sept-Îles
Delisca Ritchie-Roussy, mairesse de Murdochville et préfète de la MRC Côte-de-Gaspé
Suzanne Tremblay, présidente de la Coalition urgence rurale
Yvon Rivard, professeur retraité de l’Université McGill et écrivain
Gaétan Robert, président de la Commission scolaire de l'Or-et-des-Bois
Martin Roch, maire de Saint-Mathieu-d’Harricana et préfet de la MRC Abitibi
Claudine Roy, chevalier de l’Ordre national du Québec, femme d’affaires et présidente de la Traversée de la Gaspésie
Gaëtan Ruest, maire d’Amqui
Josée Roussy, artiste et metteure en scène
Louise Sabourin, productrice
Maurice Sénécal, maire de Lotbinière et préfet de la MRC de Lotbinière
Monique Spaziani, actrice
Marc Tétreault, directeur général de l’Union des producteurs agricoles de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine
Véronique Thibeault, coordonnatrice de la Table régionale des organismes communautaires de Bas-Saint-Laurent
Sylvain Vachon, président de l’Union des producteurs agricoles de l’Abitibi-Témiscamingue
Laure Waridel, écosociologue et auteure
Norman Young, maire de Kipawa

22 commentaires
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 21 janvier 2015 03 h 55

    Touche pas à ma région!

    Vous pouvez ajouter le Saguenay lac St-Jean aux voix qui s'insurgent.

    Ill. Y a Montréal, il y a Québec et c'est parfois à croire que le reste compte pour des prunes.

    Soyons solidaires avec la chair de la Belle Province!..

    • Caroline St-Laurent - Inscrite 21 janvier 2015 09 h 11

      Demandez-vous pourquoi les institutions du Saguenay ne suivent pas le mouvement.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 21 janvier 2015 11 h 46

      Bonne question...

  • Guy Vanier - Inscrit 21 janvier 2015 06 h 18

    Très honorable mais.....

    Avec les 3 docteurs en place vous perdez votre temps..... Il est très trop tard.
    A la fin de leur mandat ils aurons tout détruit et nous voterons encore et encore pour eux!

  • Jean-François Trottier - Inscrit 21 janvier 2015 06 h 39

    Le consensus...

    Je félicite les auteurs et cosignataires de cette lettre, quoique personnellement j'aurais utilisé des termes plus durs à l'endroit de ce gouvernement de malheur. Peut-être suis-je trop émotif ?

    Je constate à la lecture des signataires que tous sont d'expression française ou amérindiens. Permettez-moi de m'en désoler.

    On en arriverait à croire qu'aucun anglophone ne vit en région. Est-ce que, une fois de plus, cette levée de bouclier qui débute et deviendra semble-t-il un raz-de-marée, se découpera sur le modèle linguistique ?

    Il est temps que les leaders de la communauté anglophone s'interrogent sur cette belle unanimité qui les fait voter libéral, puis se taire pour quatre ans. Tous ne vivent pas à Westmount, tous ne sont pas "riches", aucun, ou peu, ne manque de coeur et de sens commun. Cette esprit d'ouverture qui les caractérise individuellement devra un jour se réfléter dans leur comportement collectif au risque de la psychose. On ne peut plus cacher la gravité de la situation.

    Les Québécois francophone, peuple de métis toujours à la recherche du consensus, méritent mieux que cet isolement qui ressemble à du mépris.

    • Peter Kavanagh - Inscrit 21 janvier 2015 11 h 06

      Encore faudrait-il que les leaders de la communauté anglophone est été contacté.....

  • gilles lalancette - Inscrit 21 janvier 2015 07 h 20

    Je ne vois....

    Je ne vois pas de députés dans cette liste.Ou sont-ils?

  • Pierre Labelle - Inscrit 21 janvier 2015 07 h 41

    Une maladie épidémique.

    Au sein de ce gouvernement il y a une maladie épidémique qui consiste à centraliser encore et encore, Que ce soit dans le domaine de la santé, de l'éducation, du monde municipal avec Moreau, on croirait qu'un concours s'est installer pour savoir qui sera le plus grand centralisateur; aux dernières nouvelles, Barrette semblait légèrement en avance. Pour que des fédéralistes comme Nathalie Normandeau signent une lettre avec des indépendantistes tel Gilles Vigneau, il faut vraiment que le malaise soit rendu très profond. Si ce gouvernement sourd et aveugle poursuit sur cette voie, il risque de provoquer un chaos sans précédent au Québec; il n'aura que lui-même à blamer.

    • Lyette Jalbert - Inscrite 21 janvier 2015 15 h 04

      Il n'aura que lui même à blâmer et nous n'aurons qu'à payer pour tout reconstruire...