Combattre le terrorisme islamiste et ses causes

« Nos compatriotes arabes et musulmans, ces croyants sincères et épris de paix, souffrent d’être associés au fanatisme islamiste. »
Photo: Jean-Philippe Ksiazek Agence France-Presse « Nos compatriotes arabes et musulmans, ces croyants sincères et épris de paix, souffrent d’être associés au fanatisme islamiste. »

Le 7 janvier, en France, des artisans d’une presse libre sont morts sur leur lieu de travail, victimes innocentes du terrorisme islamiste, du fanatisme, de la barbarie. Comme Québécois, nous devons manifester notre solidarité la plus entière et aussi notre affection au peuple français, qui vient de vivre une si terrible épreuve.

Certains voudraient nous faire croire que le pays victime de cette tragédie est, au fond, responsable de ce qui lui arrive, comme le prétend Pierre Mouterde dans une récente édition du Devoir. Les dirigeants de la France ne sont pas sans reproches, certes, et font l’objet de critiques, à commencer par celles de leurs propres citoyens, car c’est un grand pays républicain, libre et démocratique. Mais en dénigrant la France aujourd’hui, on risque fort de se transformer en idiots utiles et en alliés objectifs du terrorisme.

Aucun engagement politique, aucune revendication ne peuvent justifier de tels actes de barbarie. Le fanatisme a déjà fait trop de morts, chez nous et ailleurs dans le monde. Cette violence aveugle et abjecte, on doit la combattre sans répit. L’éradication du terrorisme islamiste, partout dans le monde, sera le fruit d’une action concertée des nations. La riposte doit être bien ciblée contre les réseaux et les nébuleuses islamiques, y compris par le recours à des mesures militaires.

Un autre combat

Au-delà de cette nécessaire et difficile bataille, il y a un autre combat à mener, plus difficile encore, contre les causes profondes de ce terrorisme : l’intégrisme religieux, l’obscurantisme, l’intolérance et la haine, mais aussi l’ignorance, les inégalités, la misère, l’humiliation.

Les nations riches du Nord, comme le Québec, doivent prendre conscience que l’organisation des rapports sociaux, économiques et politiques au niveau mondial doit entrer dans une nouvelle ère. Que faire en effet pour bâtir un monde plus égalitaire entre le Nord et le Sud, où la richesse sera mieux partagée, où la pauvreté et l’exclusion reculeront vraiment ?

Voilà un grand défi qui exige plus que des réponses simplistes ou des incantations en faveur de la justice et de la paix. Les solutions sont souvent complexes et ardues à mettre en oeuvre, mais on doit y travailler.

Il faut continuer de faire appel à la tolérance et au respect mutuel, à l’esprit d’ouverture envers nos compatriotes arabes et musulmans, envers ces croyants sincères et épris de paix qui souffrent d’être associés au fanatisme islamiste et stigmatisés comme des boucs émissaires.

C’est à la communauté musulmane elle-même de faire un sérieux examen des dérives de l’islam, tout en dénonçant et en combattant le terrorisme islamiste et l’intégrisme religieux, ces deux fléaux qui, dans une large mesure, sont à l’origine de l’islamophobie.

Or, que peut-on constater en visitant le site du Collectif québécois contre l’islamophobie, fondé et dirigé par notre compatriote québécois d’origine marocaine Adil Charkaoui ? Pas un seul mot de dénonciation du terrorisme et de l’intégrisme, mais plutôt des appuis à des islamistes radicaux arrêtés et accusés pour des crimes reliés au terrorisme. Et, surtout, de multiples attaques contre les Québécois accusés d’être islamophobes, en particulier lorsqu’ils affirment leur volonté de vivre au sein d’une nation libre et démocratique fondée sur la laïcité, à l’exemple de la France.

La lutte contre le terrorisme islamiste et l’intégrisme religieux est plus que jamais une nécessité, au Québec comme ailleurs, alors qu’un si grand malheur vient de frapper la France, pays des Lumières et mère patrie de la grande majorité des Québécois.

20 commentaires
  • Pierre Brassard - Inscrit 14 janvier 2015 03 h 44

    Bravo

    Bravo pour votre lucidité. Le collectif d'Adil Charkaoui est heureusement ultra-marginal.

    ll fait surtout du bruit sur les réseaux sociaux.

  • Daniel Guibord - Inscrit 14 janvier 2015 04 h 10

    L’heure juste


    Téléchargez le manifesto d'Anders Behring Breivik et vous allez avoir l'heure juste au lieu de la propagande que veulent vous faire avaler les médias d' « information » de nos « démocraties »

    Google > Anders Behring Breivik manifesto video

    • Michel Vallée - Inscrit 14 janvier 2015 10 h 56

      @Daniel Guibord

      «Téléchargez le manifesto d'Anders Behring Breivik et vous allez avoir l'heure juste...»

      Ce Breivik, n'est-ce pas le type qui avait révélé «l'heure juste» à une soixantaine de Norvégiens à coups de TNT et de fusil d’assaut ?

    • Daniel Guibord - Inscrit 14 janvier 2015 17 h 54

      @Michel Vallée

      Les gestes qu'a posés Anders Behring Breivik ne changent rien à la véracité de son manifesto vidéo.

    • Michel Vallée - Inscrit 14 janvier 2015 23 h 49

      @Daniel Guibord

      «Les gestes qu'a posés Anders Behring Breivik...»

      Les gestes qu'il a posés sont l'oeuvre d'un dément.

  • François Ricard - Inscrit 14 janvier 2015 04 h 55

    Une réforme de l'islam

    Il y a, dans la pensée islamique, une dualité constamment présente.
    Est-ce que l'Islam est une religion de paix? Oui. Est-ce que l'Islam préconise la guerre aux Kafirs (non-croyants)? Oui. Est-ce que l'Islam est une idéologie religieuse? Oui. Est-ce que l'Islam est une idéologie politique? Oui.
    Comment dire une chose et son contraire?
    En Occident, nous avons une logique unique: si deux idées se contredisent, l'une des deux est fausses.
    Mais pas dans l'Islam. À cause du principe d'abrogation. Les deux idées sont vraies. Cependant la plus récente est considérée meilleure. Dans le Coran première mouture pondu à La Mèque, le Coran expose une religion de paix. Dans sa seconde mouture écrite à Médine, l'Islam devient politique et violent. Et les deux vérités proviennent de la bouche d'Allah.
    Le président égyptien vient d'ailleurs d'adresser un plaidoyer à tous les imams pour une réforme majeure de l'islam.
    " ...nous devons révolutionner notre religion."

  • Jean-François Trottier - Inscrit 14 janvier 2015 07 h 36

    Juste à côté...

    Il me semble que je suis un peu à coté du propos mais une image préoccupante me hante.

    Quand je vois les jeux électroniques de guerre, ceux où un seul combattant démolit des armées entières à lui seul parce que, contrairement à l'ennemi, il a une "mission", je ne puis voir qu'un djihadiste.

    Loin de moi l'idée de vouloir censurer ces jeux, ce serait inutile, d'autant plus que je ne crois pas que tous les terroristes "spontanés" aient eu ces manettes aux mains. Je m'en sers pour en arriver au problème d'identification profond des jeunes hommes de notre petit monde.

    En se voyant vainqueur de centaines d'ennemis, le jeune homme quelque part triomphe de ses propres inhibitions et de son inanité. Il est investi d'un but qui ressemble au divin et croit trouver enfin sa place dans l'univers.

    C'est donc à un mal identitaire que nous nous retrouvons confrontés, et ça n'a rien d'étonnant.

    Dès le plus jeune âge tous les petits gars se font répéter "sois un homme", "sois toi-même" (comme si on avait la moindre idée de ce qu'on est à 7 ans!), "dis ce que tu penses et fais ce que tu dis"....

    Contraitrement aux petites filles, dont le jeune âge est considéré comme un idéal (voir toutes les dames âgées qui s'habillent comme si elles avaient 14 ans), beaucoup de petits gars n'ont pas le droit de vivre leur enfance, doivent être responsables dès leur entrée à l'école ou avant,

    Non, je ne dis pas que c'est plus facile pour les petites filles. Je tente seulement de situer un problème chez beaucoup de petits gars.

    À force de devoir créer leur propre chemin depuis toujours, et ne sachant pas ce qu'est leur chemin, certains peuvent très bien se tromper de route sous la pression ressentie intérieurement parce que leur "devoir " dépasse leur intégration sociale.

    La manque de rites d'initiation n'est pas un malheur en soi mais l'indication d'un manque sérieux.

    Il faut laisser la chance à chaque enfant d'être un enfant, et redonner un sens à l'expérience.

  • Cyril Dionne - Abonné 14 janvier 2015 07 h 57

    L'intégrisme et la religion musulmane

    « C’est à la communauté musulmane elle-même de faire un sérieux examen des dérives de l’islam, tout en dénonçant et en combattant le terrorisme islamiste et l’intégrisme religieux, ces deux fléaux qui, dans une large mesure, sont à l’origine de l’islamophobie. »

    Il y a-t-il de meilleur exemple que celui de l'Égypte ? Ce pays, le troisième le plus peuplé d'Afrique derrière le Nigéria et l'Éthiopie, s'était donné un gouvernement théocratique en la personne des Frères musulmans. Lors du dernier changement politique forcé, il fut remplacé par Abd Al-Fattah Al-Sisi qui n'a pas été élu démocratiquement (l'élection était une farce), mais il a pris le pouvoir à la suite d'un coup d'état qui a renversé le gouvernement légitime en place. C'est un dictateur et un pantin de la puissance américaine qui continue d'appliquer la loi de la charia comme si rien n'avait changé. Pour les occidentaux et les dépendants du pétrole, "touche pas à mon canal de Suez"

    Et il n’y a pas deux années de cela, l'ex président égyptien Mohamed Morsi, dûment élu par la population en majorité musulmane, lors de sa première allocution aux Nations Unies, avait affirmé que la liberté d’expression s’arrêtait à l’endroit où débutait le droit divin : « Les insultes à l’endroit du prophète de l’islam, Mahomet, doivent être rejetées et nous ne les permettrons pas, ni en paroles ni en actes ».

    Alors, la réforme de l'islam, on n'y croit pas. Malheureusement, l'intégrisme religieux fait partie de la religion musulmane.

    Et encore malheureusement, « Si vis pacem, para bellum ».