Le temps d’être généreux… et cohérent

Un sondage montre que la majorité de la population sous-estime largement l’écart entre les plus aisés et les moins fortunés.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Un sondage montre que la majorité de la population sous-estime largement l’écart entre les plus aisés et les moins fortunés.

C'est le temps de la grande guignolée. Divers organismes caritatifs vous sollicitent afin de recueillir des fonds et des denrées qui permettront aux plus démunis de vivre le temps des Fêtes dignement. Pourtant, alors que la majorité d’entre nous vont se réveiller le 1er janvier avec un mal de tête, des familles pauvres vont renouer avec la misère.

Espérer régler la pauvreté à coup de dons serait aussi naïf que de croire encore au père Noël. Plutôt que de s’arrêter aux symptômes de ce fléau, comme l’itinérance, la solitude, la détresse psychologique, etc., il faut s’attaquer à sa source ; les injustices socio-économiques. Faut-il souligner que les politiques d’austérité du gouvernement Couillard ne feront rien pour régler ce problème ?

Un mal répandu

Les Québécois, comme les Canadiens, croient qu’il faut en faire plus pour éradiquer la pauvreté, montre le plus récent sondage de l’institut Broadbent. Ce même sondage indique aussi que la majorité de la population sous-estime largement l’écart entre les plus aisés et les moins fortunés. C’est peut-être pourquoi la lettre de la jeune « mère pauvre » de Rosemont, publié la semaine passée, a touché autant de Québécois. La pauvreté est malheureusement une réalité quotidienne pour trop de Québécois. En effet, environ 10 % de ceux-ci ont un faible revenu, selon le centre d’étude sur la pauvreté de l’exclusion.

Alors que l’Institut de la statistique du Québec relevait que le pouvoir d’achat des Québécois avait diminué pour la première fois en 17 ans, les conséquences de la pauvreté sont de plus en plus connues. Les travaux de chercheurs tels que Richard G. Wilkinson ou Kate Pickett montrent que la pauvreté est un facteur important pouvant mener à des grossesses à l’adolescence, à une mauvaise hygiène de vie, à des niveaux de stress toxiques, à des problèmes mentaux, etc. Une récente étude menée par David Stucler et Sanjay Basu témoigne d’une hausse fulgurante des taux de suicide, de consommation de drogue et d’infection au VIH dans les pays européens qui ont connu des mesures d’austérités. Quoi qu’on en dise, la pauvreté coûte cher à une société.

Des solutions connues

Avec un peu d’imagination et de courage, la pauvreté peut devenir un vestige du passé. Plusieurs mesures peuvent être mises en application. Par exemple, les employés à faibles revenus devraient recevoir un salaire minimum vital, comme cela se fait déjà dans la coopérative financière Vancity. Le salaire minimum vital correspond au salaire minimum qu’un employé doit être payé pour pouvoir remplir ses besoins essentiels, comme se nourrir et se loger.

La meilleure option connue à ce jour pour éradiquer la pauvreté est pourtant celle du revenu minimum garanti, comme le montrent plusieurs études, dont les travaux d’Eve-Lyne Couturier de l’Institution de recherche et d’information socio-économiques. Si cette mesure était mise en application, chaque individu recevrait de l’État un salaire minimum qui serait fixé au-dessus du seuil de pauvreté en plus de son salaire habituel. Ceux qui n’ont pas besoin de cette somme supplémentaire devraient payer plus d’impôts pour financer une telle mesure.

En ce temps des Fêtes, faites donc le plus beau cadeau que vous ne pourriez pas faire à ceux qui vivent dans la détresse : parlez à vos proches des conséquences de l’austérité et de la pauvreté. Il faut que nos gouvernements se penchent sérieusement sur les causes réelles de la pauvreté. Ainsi, dans un avenir proche, nous n’aurons plus besoin de grandes guignolées pour assurer un peu de dignité à ceux qui se trouvent dans la misère.

34 commentaires
  • Céline Métivier - Abonnée 22 décembre 2014 07 h 56

    Le ministre Blais et l'abandon de ses idées

    C'est d'autant plus choquant que le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, semble avoir renié son vibrant pladoyer pour un revenu garanti pour tous publié en 2001. http://www.editionsboreal.qc.ca/catalogue/livres/r

  • Christian Montmarquette - Abonné 22 décembre 2014 08 h 33

    La pauvreté coûte 25 milliards par année au Canada


    Un récent rapport du «Conseil national du bien-être social» révélait que la pauvreté nous coûte la somme colossale de «25 milliards» par année au Canada. Alors qu'il n'en faudrait que la moitié pour la combattre.

    En ces périodes d'austérité et de recherches d'économies des fonds publics, il est totalement inconséquent, voire carrément irresponsable, de ne pas s'attaquer au problème. Et qui plus est, en abandonnant à elle-même une importante partie de la population dans la souffrance et l'état d'urgence permanents.

    Pour régler définitivement ce problème, il faudrait, comme le mentionne l'article, absolument instaurer un revenu minimum décent et garanti pour tous. Ce que seul Québec Solidaire propose au Québec.

    Christian Montmarquette

    Référence:

    «Rapport du Conseil national du bien-être social - La pauvreté coûte cher»

    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

    .

    • Michel Vallée - Inscrit 22 décembre 2014 12 h 55

      @Christian Montmarquette

      «La pauvreté coûte 25 milliards par année au Canada»

      C’est donc dire que la pauvreté est un moteur de l’économie et qu’elle fait travailler, qu’elle fait vivre bien des gens, notamment les agents du contrôle social qui animent les instances judiciaires (juges, avocats, policiers, gardiens de prison, agents de libération et de probation, etc.), les fonctionnaires de l’Aide-sociale ainsi que le personnel médical des centres hospitaliers qui reçoivent et traitent les désespérer.

      Sans compter l’allégement fiscal dont bénéficient les grands contributeurs de la Charité publique.

      On ne le dira jamais assez : la pauvreté est une richesse pour la société…

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 décembre 2014 16 h 53

      À Michel Vallée,

      J'espère que vous ironosiez.

      Parce que faire rouler l'économie sur le dos de la misère et souffrance humaine, est assez immoral merci!

      L'esclavage et le fouet aussi, ça faisait rouler l'économie..

      - Seriez-vous aussi en faveur du retour à l'esclavage?

      Christian Montmarquette

      .

    • Michel Vallée - Inscrit 22 décembre 2014 19 h 05

      Dans ma précédente, il faudrait lire :

      [...] qui traitent les désespérés.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 23 décembre 2014 08 h 19

      «la pauvreté coûtent annuellement 25 milliards de dollars, alors qu'il n'en faudrait que la moitié pour que tous les Canadiens puissent vivre au-dessus du seuil de la pauvreté»

      Il existe déjà ici au Canada une forme de revenu minimum pour tous avec la pension de vieillesse (SV, pour sécurité vieillesse) et la sécurité revenu garantie (SRG). Ces deux programmes sont réservés aux personnes de 65 ans et plus et ce chiffre passera a 67 ans d'ici quelques années. Le coût de ces programmes étaient respectivement en 2007 de 24.7 et 7.3 milliards$ pour un totale de 32.6G$. Et le document de référence ici prévoyait pour 2017 un somme de 53.8G$.
      http://www.edsc.gc.ca/fra/publications/evaluations

      Vous comprendrez que si un tel programme de revenu minimum qui ne s'adresse qu'aux personnes âgées coûte un tel prix il est impossible que les chiffres présentés dans votre article soient le moindrement crédibles.


      Autre point qui ne tient pas: «Tout le monde veut travailler, insiste M. Sepherd». Encore une fois c'est donner dans l'angélisme et se raconter des histoires sur la nature humaine.

      Mais m. Sepherd a raison quand il ajoute: «mais il faut soutenir les gens pour les aider à devenir indépendants».
      Dans les options qui permettent cette aide il faudrait peut-être commencer par ne pas discriminer et accepter un peu plus les gens comme ils sont. Exemple l'idée d'exiger un CEGEP pour être travailleuse de garderie, ou un BAC pour être infirmière, est discriminatoire, est une forme d'exclusion pour des gens qui ne sauraient passée autant de temps sur les bancs d'école.

      Un projet de revenu minimum est un défi absolument énorme, on ne peut l'avancer sur mode léger composé que d'exposer de bonnes intentions comme le fait QS.

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 décembre 2014 09 h 53

      À Jean-Yves Arès,

      «Autre point qui ne tient pas: «Tout le monde veut travailler, insiste M. Sepherd». Encore une fois c'est donner dans l'angélisme et se raconter des histoires sur la nature humaine.» - Jean-Yves Arès

      Il y a bon an, mal an 250,000 chômeurs et 250,000 prestataires de l'aide sociale au Québec..

      Vous allez les prendre «Où »? .. les 500,000 emplois qui ne sont pas au rendez-vous pour faire travailler tout ce beau monde??

      S'il existe des programmes comme l'aide sociale et l'assurance-emploi, et espérons-le, un jour, le revenu minimum garanti, c'est justement parce que le plein-emploi n'existe pratiquement nulle part au monde et que l'alternative serait d'envoyer un demi-million de vos concitoyens à la rue.

      Et sachant qu'un itinérant coûte 42,000$ par année en frais de toutes sortes.. Ce n'est comme pas très exactement la meilleure idée.

      - Cm

      .

    • Michel Vallée - Inscrit 23 décembre 2014 12 h 42

      @Christian Montmarquette

      « [...] Faire rouler l'économie sur le dos de la misère et souffrance humaine, est assez immoral [...] L'esclavage et le fouet aussi, ça faisait rouler l'économie [...] - Seriez-vous aussi en faveur du retour à l'esclavage?»

      Le ton moralisateur de votre réplique illustre à merveille les motifs pour lesquels je n’ai aucune affinité avec les zélateurs de Qs, en dépit que nous soyons vous et moi sur le fond des alliés objectifs (ce que singulièrement je suis obligé de préciser, malgré la nature évidente de mes interventions…).

      Je caricaturais, je traçais à gros traits une évidence, parce qu’il est indéniable que la pauvreté est un moteur de l’économie, de la même façon que des carrières professionnelles s’épanouissent par le biais de la répression à tous crins.

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 décembre 2014 15 h 39


      À Michel Vallée,

      Peut-être trouvez-vous mon ton «moralisateur».

      Mais je préfère et de loin, être perçu comme un moralisateur, qu'être dépourvu de moralité, comme nos gouvernements le démontrent tous les jours.

      Un peu plus de morale et d'éthique, ne nous feraient pas de torts, dans un monde politique immoral grassement truffé de corruption.

      Targué des gens de «zélés», parce qu'ils se sentent concernés par la souffrance de autres, fait preuve, en ce qui me concerne, de ce mal du siècle que l'on appelle l'indolence.

      Car des 25 milliards que nous coûtent collectivement le problème de la pauvreté, la majorité sont attribuables à des problèmes de santé.

      Iriez-vous jusqu'à dire qu'il faut être «zélé» pour se préoccuper de la santé de ses concitoyens ?

      Si c'est bien le cas.. Vous me voyez très heureux de ne pas faire partie du camps des indolents.

      - Cm

      .

    • Michel Vallée - Inscrit 23 décembre 2014 22 h 43

      @Christian Montmarquette

      «Targué des gens de «zélés», parce qu'ils se sentent concernés par la souffrance de autres, fait preuve, en ce qui me concerne, de ce mal du siècle que l'on appelle l'indolence.»

      Plutôt que d’opposer le zèle à l’indolence, il faut considérer le zélateur dans le sens d’un adepte qui défend inconditionnellement une cause, ce à quoi on peut opposer une attitude critique, réfléchie, pondérée.

  • Sylvain Auclair - Abonné 22 décembre 2014 08 h 43

    Indépendance

    Étant donné que le système de soutien du revenu est en partie fédéral et en partie provincial, on ne peut pas instaurer un tel système sans faire l'indépendanceé

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 décembre 2014 10 h 22

      À Sylvain Auclair,

      Il est odieux d'essayer de faire de la stratégie politique sur le dos des plus démunis-es et de rendre une responsabilité sociale essentielle de l'État tributaire et conditionnelle à une indépendance politique du Québec qui ne viendra peut-être jamais.

      D'autant plus que Québec Solidaire a prouvé que l'intauration d'un revenu mininum décent et garanti, est non seulemet réaliste, mais démontré dans un budget chiffré et équilibré.

      Cadre budgétaire de Québec Solidaire :

      http://www.quebecsolidaire.net/wp-content/uploads/

      .

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 décembre 2014 17 h 46

      Et comment tient-on compte de la pension de vieillesse et de l'assurance-emploi? Un vrai revenu garanti devrait remplacer TOUS les programmes conditionnels de soutien du revenu.

      En tout cas, c'est le fédéral qui va être content. Le Québec paie, et le fédéral empoche des impôts supplémentaires, qu'il pourra dépenser pour soutenir l'industrie pétrolière albertaine...

      En fait, le même problème se pose déjà pour nos frais de scolarité plus bas. Pour chaque tranche de 1000$ que nous payons via l'impôt provincial plutôt que directement, par les frais de scolarité, le Québec perd environ 100$ au profit des autres provinces: ces 1000$ nous coûtent donc 1100$. Cela fait partie des deux milliards de pertes annuelles _nettes_ au profit du ROC calculées par Stéphane Gobeil dans Un gouvernement de trop.

      Je sais, on a de l'argent à jeter par les fenêtres au Québec. Après tout, les Ontariens et les Albertains sont si pauvres et méritent notre compassion.

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 décembre 2014 08 h 48



      À Sylvain Auclair,

      Le le revenu minimum garanti peut-être introduit progressivement comme l'a déjà mentionné Françoise David; en commençant par le plus urgent soit l’élimination de l'aide sociale.

      Les autres éléments comme l'assurance-emploi et les pensions de vieillesse pouvant être négociés avec le fédéral par des transferts et compensations. Ceci, sachant que ni l'assurance-emploi, ni les pensions de vieillesse ne tombent de toute manière guère sous les 1200$ nécessaires par mois proposés par QS.

      Dans votre première assertion, vous faisiez de la stratégie politique sur le dos d'une cause humanitaire. Dans votre deuxième, vous faites de l’obstruction comptable pour tenter de justifier l’impuissance et l'inaction politique du Québec.

      Quand on ne veut pas faire quelque chose, toutes les raisons sont bonnes pour ne pas le faire, alors que.. «La politique peut tout faire, sauf changer un homme en femme.» ..disait Jacques Parizeau..

      Si le Québec se tenait le moindrement debout devant le fédéral, il pourrait assez facilement sortir de ce régime devenu aussi indigne qu'est l'assurance emploi avec les compensations nécessaires.

      «Le revenu minimum garanti ne procède pas d'un calcul mathématique, mais d'une volonté politique.» - Michel Chartrand

      - Cm

      .

    • Sylvain Auclair - Abonné 23 décembre 2014 12 h 07

      Monsieur Montmarquette,

      La seule manière de se tenir debout devant le fédéral, c'est l'indépendance. On ne pourra jamais reprocher au gouvernement d'Ottawa de faire ce qu'il juge le mieux pour l'ensemble du Canada, même si ça nuit à un petit 22% de la population qui veut n'en faire qu'à sa tête. Et pour l'assurance-emploi, je vous souhaite bien du plaisir si vous voulez demander une modification constitutionnelle.

      En passant, je suis pour des études universitaires gratuites, pour des garderies gratuites et pour un vrai revenu minimum garanti, mais je dis simplement que, dans les circonstances actuelles et dans le régime fiscal actuel, ça ne servirait finalement qu'à enrichir les autres provinces.

      L'idée d'être capable d'instaurer un RMG pourrait d'ailleurs être un excellent argument pour l'indépendance (mais, pour ma part, j'attendrais une élection après l'indépendance: faire la souverainté d'abord, puis ensuite décider du chemin que le Québec veut emprunter).

    • Jean-Yves Arès - Abonné 23 décembre 2014 12 h 44

      «Le revenu minimum garanti ne procède pas d'un calcul mathématique, mais d'une volonté politique.» - Michel Chartrand

      Si vous voulez vous enligner sur de tels propos vous devez au minimum vous retirez de tout ce qui peut entrainer l'opinion des agences de cotations, ce qui veux dire en gros de gouverner sans avoir recour a aucune dette...

      Ce qui ajoute un peu pain sur la planche !

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 décembre 2014 13 h 13


      À Jean-Yves Arès,

      Les agences de notations sont des organismes partiaux, sans aucune crédibilité, qui ne disposent que du pouvoir que nos gouvernements veulent bien leur accorder.

      Ce sont nos charmants gouvernements néolibéraux qui choisissent de se mettre à genoux devant ces voleurs à cravates, qui sont en fait, des banques privées en parfaits conflits d'intérêts avec la complicité des invertébrés politiques qui nous dirigent pour augmenter leurs profits.

      Et qui ? ..se cache derrière les agences de notation?

      Les grands actionnaires de «Standard & Poor’s» sont majoritairement des banques d’investissement qui utilisent les informations de «Standard & Poor’s » pour spéculer et gagner plus d’argent grâce aux prédictions auto-réalisatrices de l’agence de notation comme l’a déjà expliqué une étude du Fond monétaire international (FMI).

      Référence :

      «Qui se cache derrière Standard & Poor’s» :

      http://www.abadinte.com/2011/12/qui-se-cache-derri

      .

    • Jean-Yves Arès - Abonné 23 décembre 2014 18 h 40

      QS dit vouloir augmenter sa crédibilité sur les questions financières, faite un effort et argumenter autre chose que les agences de crédits sont composées de mauvaises personnes, dont d'illustre caisse de retraite de fonctionnaires de l'Ontario...

      Vous n'aimez pas les agences de crédit? Bien bravo, moi non plus. Personne n'est obligé a se soumettre a leurs opinions. Mais ceux qui ont du capital a gérer, et a prêter eux, veulent les avoir leurs opinions.

      Parce que comme c'est là toutes les actions des gouvernements depuis le début des années 80 passent par la dette. Jetez un coup d'oeil a la page 26 ici, et comprenez que la situation actuelle est de plus du double de la situation de 2001.
      http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2005RB-06.


      Le résultat découle spécifiquement ''des volontés politiques''.

      Encore une fois, expliquer le comment.
      Les bons sentiments seuls ne suffisent pas.

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 décembre 2014 19 h 41


      À Jean-Yves Arès,

      «Les bons sentiments seuls ne suffisent pas.» - Jean-Yves Arès

      Sachez bien, Monsieur Arès, que la gauche propose bien d'autres choses que «des bons sentiments» pour solutionner les problèmes économique du Québec, Des solutions que les économistes néolibéraux de Cirano n'abordent jamais et dont voici neuf exemples concrets:

      1) Sachons que les entreprises ont baissé leur impôts de «40%» depuis 40 ans et qu’il serait temps qu’elles fassent leur juste part.

      2) 800 millions seraient immédiatement disponibles si le gouvernement remettait la taxe sur les profits des banques et des institutions financière inutilement retirée par le gouvernement Charest.

      3) L’État du Québec économiserait plus de «deux milliards» par année, s’il créait Pharma-Québec tel que proposé par Québec solidaire pour négocier le prix de ses médicaments.

      4) Les gains de capitaux devraient être imposables non pas à «50%» mais à «100%» comme les revenus de travail.

      5) Les redevances minières sont beaucoup trop faibles et devraient être radicalement augmentées; encore des millions en perspectives.

      6) Plusieurs études démontrent désormais que l’élimination de la pauvreté ferait économiser plusieurs milliards (6 milliards par année selon certains) en frais de santé à l’État du Québec

      7) Instaurer plus de paliers d’impositions et taxer les grandes fortunes pour faire en sorte que les plus riches fassent leur juste part.

      8) Renforcer la lutte à l’évasion fiscale. (170 milliards par année au Canada, dont 30 milliards seulement au Québec.)

      9) Et que dire de la création d'une banque publique et nationale du Québec? Pourquoi laisser tous les profits uniquement aux banques privées?

      Comme on le voit, ce ne sont pas les solutions qui manquent pour renflouer les coffres de l’État et régler le foutu de problème du déficit et le financement de nos programmes sociaux.

      Christian Montmarquette

      .

  • Jean-François Trottier - Inscrit 22 décembre 2014 09 h 18

    Oui... et non

    Monsieur Mireault,
    vos propos sont empreints de bonne volonté et surtout de bon sens, tant humanistes qu'économiquement viables. C'est rare.
    Il me semble qu'il y manque une petite touche: l'État ne pourra soutenir les plus pauvres et la macro-économie sociale que s'il s'assure non seulement d'une caisse solide mais aussi de la capacité de jouer un rôle majeur comme partenaire capitaliste dans le développement et le roulement économique de notre coin de Terre.
    On parle de capitalisme d'État, de ce que Parizeau a commencé à implanter dans les années soixante avec la Caisse et qu'il a amélioré dans les années 80 avec Québec inc.

    Il faut aller plus loin en ce sens et modifier le système d'aide aux PME (logistique et numéraire) en s'assurant d'un retour cers les caisse d'État en cas de réussite. Pareil, mais à plus grande échelle, avec les grandes corporations, entre autres les minières. Un peu via impôts, un peu via dividendes.

    Pour ma part je ne vois pas comme y arriver sans État indépendant. Il est possible que je manque d'imagination.

    C'est ce modèle qui nous a permis de supporter la fuite des capitaux des années 60-70 tout en grandissant. C'est aussi le seul qui peut nous enrichir de l'apport des plus pauvres en leur donnant la chance de participer à tout point de vue à notre vie, sociale, économique surtout.

    La lenteur de l'État à réagir aux soubresauts des marchés évite les bulles spéculatives et aussi les crises y engendrées. Elle assure un coussin monétaire en cas d'accident, et elle redonne au capitalisme ses lettres de noblesse: créer et entretenir une masse critique de capital pour soutenir l'initiative privée dans une région précise, dans ce cas la nôtre.

    Ça ne peut s'exprimer de la part des gens que par le vote. Le PQ n'a plus cette volonté, QS n'a aucun discours économique. Alors j'attends...

    J'attends qu'un vrai économiste se lève, pas un pantin des banques, ni un vert aux visées prosélytiques, un vrai.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 22 décembre 2014 16 h 52

      Les économistes peuvent conseiller les gouvernements, pas les diriger. Nous avons eu Bourassa, Parizeau, Landry. Et nous avons toujours eu une pléthore d'économistes dans les Conseils des Ministres, ce qui n'a pas empêché les décisions électoralistes et les politiques nuisibles.

      L'économie est un outil, pas une science. Ses fidèles ne font pas de bons dirigeants...

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 décembre 2014 09 h 01

      À Jean-François Trottier,

      Il est faux d'affirmer que Québec Solidaire n'a aucun discours économique, puisqu'une des assises fondamentales de sa création, est juestment de combattre le néolibéralisme économique au Québec.

      Et concernant le revenu minimum garanti, sachez que Québec Solidaire a démontré que l’instauration d'un revenu minimum décent et garanti est non seulement réaliste, mais clairement élaboré dans un budget chiffré et équilibré.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      «Cadre budgétaire de Québec Solidaire - 2014» :

      http://www.quebecsolidaire.net/wp-content/uploads/

      .

  • Christian Montmarquette - Abonné 22 décembre 2014 09 h 28

    Aide sociale : «Une prestation au seuil de la misère»


    Le seul de «faible revenu» (nouvelle appellation officielle du seuil de pauvreté) était fixé à «17,978 $» après impôts pour une personne seule en 2011 par «l’Institut de la statistique du Québec». Alors que la prestation d'aide sociale pour une personne seule est de «7,488 $» à ce jour.

    Il y a donc un écart de près de «10,000 $» entre ce qui est moralement et socialement acceptable et la prestation de subsistance accordée par le gouvernement, Ce qui, on en conviendra, équivaut à laisser carrément tomber les prestataires dans la misère et se retrouver avec une partie de la population si pauvre, qu'elle finit par engendrer des coûts de santé équivalents au double de ce qu'il en coûterait pour .combattre la pauvreté.

    Or donc, maintenir la pauvreté au Québec, autant du point de vu social que du point de vu économique, est un très mauvais calcul. Et cette situation lamentable démontre que le Québec est constamment dirigé par des incompétents, qui plus est, coûtent une fortune au Trésor public en laissant en plan par dessus le marché, une situation que l'on pourrait facilement qualifier de violence économique étatisée.

    Christian Montmarquette

    «l’Institut de la statistique du Québec» : Tableau du seuil de faibles revenus

    http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/conditions

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    • Michel Vallée - Inscrit 22 décembre 2014 13 h 15

      @Christian Montmarquette


      Vous faites peu de cas de l’augmentation de 1,06 % dès le 1er janvier 2015 que le gouvernement Couillard consent à ceux et celles qui sont aux prises avec une contrainte sévère, soit un mirobolant trente deux sous supplémentaire par jour (0, 32 ¢), une augmentation qui, selon le Ministère, reflète le coût de la vie…

      De quoi s’acheter quotidiennement deux gommes «ballounnes» supplémentaires…