Désinformation de Greenpeace: trop, c’est trop

Le Québec peut se montrer très fier des résultats obtenus par son industrie forestière.
Photo: iStock Le Québec peut se montrer très fier des résultats obtenus par son industrie forestière.

Le gouvernement du Québec est intervenu cette semaine en dénonçant les actions de Greenpeace dans le dossier de Best Buy. En tant que responsable et gestionnaire de la forêt, le ministre Laurent Lessard s’est dit interpellé par les déclarations de l’organisation environnementale : « On veut les rencontrer [Best Buy] pour leur parler du régime québécois qui est le plus sévère non pas [seulement] au Canada, mais dans le monde », a martelé le ministre. Le ministre a affirmé que son ministère est très actif sur le marché international, pour défendre le régime forestier québécois que respecte Résolu. Le Conseil de l’industrie forestière du Québec supporte cette initiative du ministre.

En tant que leader mondial en matière de certification des pratiques forestières, le Québec peut se montrer très fier des résultats obtenus par son industrie forestière. Plus de 80 % des forêts publiques sous aménagement au Québec font l’objet d’une certification environnementale selon l’une des normes reconnues internationalement. Plusieurs entreprises forestières comme Tembec, Domtar, Norbord, Louisiana Pacific, Arbec, Kruger, Résolu, etc. sont certifiées à 100 %, et ce, depuis de nombreuses années. Qui plus est, plus de 50 % de la forêt boréale est exempte de coupe forestière.

Déjà des processus

Nos industriels se sont impliqués dans les processus de certification qui auront permis des avancements notables des pratiques en vigueur au Québec. Les solutions apportées dans le blogue de M. Mainville afin que Produits forestiers Résolu retrouve la certification FSC sur deux de ses territoires d’approvisionnement ignorent complètement des dimensions pourtant reconnues mondialement. En fait si Résolu appliquait la recette proposée par Greenpeace, il ne lui resterait plus, à toutes fins utiles, qu’à fermer plusieurs de ses installations, et ce, au détriment des travailleurs et des communautés.

La campagne de désinformation menée présentement par Greenpeace, même si elle est dirigée contre Produits forestiers Résolu, attaque l’ensemble de l’industrie forestière du Québec en dévalorisant les efforts consacrés tant par le gouvernement, pour la mise en place du nouveau régime forestier, que par des entreprises forestières à se conformer aux standards d’aménagement forestier durable les plus avancés dans le monde. En fait, les causes de la suspension des certificats FSC de Résolu n’ont rien à voir avec leurs pratiques forestières sur le terrain. Elles relèvent, pour l’essentiel, de responsabilités gouvernementales.

Pourquoi Greenpeace ne mentionne-t-elle pas que le Québec est un « leader » mondial de la certification forestière ? Pourquoi Greenpeace dénigre-t-elle les normes de certification autres que le FSC ? Pourquoi Greenpeace ne souligne-t-elle pas que la foresterie au Québec privilégie l’aménagement des forêts naturelles plutôt que la création de forêts artificielles ? Pourquoi Greenpeace n’utilise-t-elle pas l’exemple du Québec pour améliorer la gestion du patrimoine forestier mondial, qu’il s’agisse de forêts boréales, tropicales ou équatoriales ?

Les clients qui plient aux menaces de Greenpeace devront s’approvisionner à partir d’autres fournisseurs, dans d’autres pays, provinces ou États. Dans le meilleur des cas, ils ne pourront que rencontrer les mêmes standards. L’acharnement de Greenpeace contre la meilleure gestion forestière au monde nous laisse perplexes quant aux objectifs réels qu’il poursuit.

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16 commentaires
  • Robert Henri - Inscrit 17 décembre 2014 07 h 47

    En attendant, les arbres ont un peu de répit.

    En attendant, les arbres ont un peu de répit.

  • Marcel Lemieux - Inscrit 17 décembre 2014 08 h 44

    M. Tremblay,

    Votre association tant qu'à moi a perdu toute crédibilitée suite à l'exploitation outrageuse de nos forêts

    Marcel Lemieux
    En mémoire de cette dévastation le pétrole "Coulera pas chez nous"

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 17 décembre 2014 09 h 21

    M.Tremblay

    Que signifie FSC ? J-P.Grise

    • Sylvain Auclair - Abonné 17 décembre 2014 10 h 32

      Forest Stewardship Council.

      Extrait de Wikipédia:
      Le FSC (Forest Stewardship Council) est une organisation internationale indépendante, non-gouvernementale et à but non lucratif.
      Le FSC a été créé en 1993 suite au Sommet de la Terre de Rio (juin 1992) par :
      des entreprises de la filière bois (industries forestières, groupes de distribution) ;
      des mouvements sociaux (syndicats, communautés locales, organisations représentatives des peuples indigènes...) ;
      des organisations écologistes.
      Ces organisations et individus faisaient alors le constat de l'insuffisance des actions internationales pour protéger les forêts, face à une déforestation importante, notamment en zone tropicale. À Rio, les négociations forestières internationales n'ont en effet conduit qu'à une déclaration de principe des États, sans mesures véritablement contraignantes.

    • André St-Pierre - Inscrit 17 décembre 2014 13 h 05

      Forest Stewardship Council, un organisme de certification qui évalue les pratiques des exploitants de la ressource forestière.

  • Sylvain Auclair - Abonné 17 décembre 2014 09 h 29

    Quelles normes?

    Quels sont les organismes, indépendants de l'industrie, bien entendu, qui assurent l'établissement et le respect des normes dont parle avec tant d'enthousiasme M. Tremblay?

  • Michel Vallée - Inscrit 17 décembre 2014 11 h 59

    L’industrie forestière n’a qu’à laisser ça et là quelques lisières d’arbrisseaux pour que le site échappe à l’appellation de coupe à blanc

    Lorsque l’on monte en véhicule routier vers Radisson et que l’on sillonne les routes forestières au Nord de Matagami, on a le loisir d’observer l’étendue à perte de vue des coupes forestières et de constater que la morphologie du sol a été complètement bouleversée par la machinerie.

    À mon avis, la terre ainsi bouledozée à des kilomètres à la ronde et totalement ravinée engendre une multiplication des trous d’eau, et cette modification morphologique soudaine va favoriser la prolifération de certaines espèces d’insectes, va modifier la faune –notamment aviaire- et changer la flore.

    Par ailleurs, il importe de souligner que l’industrie forestière n’a qu’à laisser ça et là quelques lisières d’arbrisseaux pour que le site échappe à l’appellation de coupe à blanc, même s’il apparaît à l’observateur qu’il s’agit à l’évidence d’une coupe à blanc…

    Et puis, un arbre ne croît que durant la belle saison ; autant dire que plus on coupe au Nord, plus la période annuelle de croissance est écourtée et plus de temps est nécessaire à l’arbre pour atteindre la maturité. Et plus l’arbre est petit, plus la cueillette doit être importante pour être rentable.

    Tout ça pour dire que si désinformation il y a, c’est de l’industrie forestière qu’elle provient.