Nous, omnipraticiens, sommes très inquiets

Cette loi déshumanise la médecine en faisant des patients des numéros. Elle encourage une médecine à la chaîne, où les patients vulnérables et complexes seront les plus atteints.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Cette loi déshumanise la médecine en faisant des patients des numéros. Elle encourage une médecine à la chaîne, où les patients vulnérables et complexes seront les plus atteints.

En tant que médecins omnipraticiens, nous sommes inquiets depuis le dépôt de votre projet de loi 20. Pour justifier celui-ci, vous manipulez les statistiques en faisant fi des congés de maternité, des préretraites, de l’enseignement et du travail administratif dans le calcul du nombre de jours travaillés par les omnipraticiens. C’est faire preuve de démagogie afin de manipuler l’opinion publique. Vous ne semblez pas réaliser les conséquences à long terme qu’auront vos solutions magiques. Vous oubliez que votre objectif, comme ministre, est de vous assurer du bon fonctionnement du système de santé.

Produit sans consultation, le projet de loi 20 entraînerait une diminution des services de qualité à la population. Cette loi déshumanise la médecine en faisant des patients des numéros. Elle encourage une médecine à la chaîne, où les patients vulnérables et complexes seront les plus atteints. Les médecins seront forcés de quitter les centres hospitaliers, laissant les urgences et les étages dans quelles conditions ? Le départ des omnipraticiens des hôpitaux augmentera la charge de travail des spécialistes, qui sont déjà sollicités par la loi 20 qui leur demande aussi d’augmenter leur débit. Comment seront-ils capables de tout absorber ?

Voici des solutions qui pourraient améliorer l’accès à des soins de première ligne de qualité et améliorer son efficacité : favoriser le travail interdisciplinaire entre autres en augmentant le nombre d’infirmières praticiennes ; améliorer le ratio infirmières/médecin dans les cliniques de première ligne ; développer des plateaux techniques pour faciliter la prise en charge ; implanter un système informatique universel efficace ; repenser, voire abolir les activités médicales particulières (AMP) ; et viser une approche centrée sur le patient pour reconnaître la complexité des patients.

Chercher ensemble la solution

La concentration de pouvoir entre les mains du ministre est inédite et son aspect punitif va à l’encontre des valeurs québécoises. Nous reconnaissons qu’il y a un problème actuellement dans l’accessibilité aux soins de première ligne, et nous devrions trouver la solution ensemble plutôt que de nous la faire imposer. Une telle loi rendrait la profession de médecine de famille moins attrayante, découragerait les étudiants à faire ce choix de carrière et limiterait encore plus l’accès aux soins. Il n’est pas normal que déjà, à l’heure actuelle, seulement de 35 % à 40 % des étudiants en médecine du Québec se dirigent vers la résidence en médecine familiale. Il faut se questionner sur ces chiffres et repenser un climat de travail qui favoriserait l’attrait de la profession.

Le soulèvement des médecins est clair. Le nombre d’apparitions publiques se multiplie, comme le démontrent les lettres ouvertes aux médias, à votre intention et aux députés qui affluent de tous les coins du Québec. Cette indignation est également démontrée par le Regroupement des médecins québécois contre le projet de loi 20 qui a rassemblé plus de 2000 membres en quelques jours. Ce groupe accueille tous les médecins qui protestent contre votre projet de loi et qui cherchent des solutions.

Plusieurs questionnements y sont soulevés. Comment allez-vous intégrer la pratique des médecins de famille qui ont développé des expertises pointues dans certains domaines, mais qui ne répondent pas à vos quotas ? Comment espérez-vous augmenter l’attrait pour la médecine familiale dans un contexte aussi coercitif ? Comment allez-vous gérer le fait que les médecins vont devoir laisser leurs responsabilités cliniques dans les hôpitaux ? Comment allez-vous assurer une prise en charge adéquate pour les patients vulnérables dans une approche qui privilégie la quantité sur la qualité ?

Bref, plusieurs questions restent sans réponse. Ce projet semble avoir été écrit sans aucune consultation et fait de manière à dénigrer notre profession. Nous vous invitons à retirer le projet de loi 20 et à entreprendre un dialogue avec les différentes parties prenantes (Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Fédération des médecins spécialistes du Québec et représentants des patients) pour développer des objectifs communs dans le but d’offrir de meilleurs services et une meilleure accessibilité en première ligne.

* Éric Contant, Julia Vallières-Pilon, Jean-Philippe Blondeau, Michelle Van Stappen, Philippe Amireault, appuyés par plus de 450 omnipraticiens. Voir la liste complète.

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30 commentaires
  • Jean-François Caron - Abonné 12 décembre 2014 06 h 07

    Les statistiques sont claires

    Quand la remuneration de l'acte augmente, le nombre d'actes par medecin diminue en nombre inverse. Les medecins visent des revenus. Il faut des batons.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 12 décembre 2014 08 h 53

      Parlons de la rémunération à l'acte d'un omni...

      J'ai été toujours choquée par la rémunération de vétérinaires quand ils ont chargé un examen complet pour mes chats ( souvent imposé avant un vaccin)! Jamais au grand jamais, un médecin de famille pourrait rêver de se rapprocher de cette rémunération pour un acte similaire!

      Votre généralisation est déplorable et relève du "bashing" systèmatique...

      Bientôt il ne restera plus personne pour recevoir vos coups de bâton et vous serez assis 4 heures à l'urgence avec votre appendicite aigue...

    • Jean-François Caron - Abonné 12 décembre 2014 10 h 07

      Sol

      Etes-vous en conflit d'interet sur ce sujet?

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 12 décembre 2014 13 h 20

      Non! Jean-François...Je suis choquée par les honoraires demandés par les vets, les chiros et tous les professionnels non affilliés à une agence gouvernementale...

      J'ai bien peur que Barette n'ait sonné le glas de L'universalité des services de santé...et j'ai bien peur que ce ne soit pas par hazard...

    • Mélanie Boidreault - Inscrite 12 décembre 2014 16 h 31

      Et de quelles statistiques parlez vous M Caron?

    • Simon Villeneuve - Inscrit 12 décembre 2014 18 h 07

      Je suis d'accord avec le fait qu'augmenter le salaire n'est pas la solution... mais couper de 30% ceux qui prennent le temps de bien faire les choses ne règlera rien non plus !!
      Il faut un vrai travail d'équipe avec des infirmières et autres professionnels, comme en ontario...

      Autre statistique malhonnête du Dr Barrette lorsqu'il dit que la diminution du nombre d'actes par médecins = moins de travail ou de "service". Il faut comprendre que prendre 1 min pour traiter une verrue = 1 acte au même titre que prendre 45 minutes pour annoncer un cancer et expliquer la suite du traitement... Vous trouvez que celui qui traite 15 verrues dans sa matinée travaille plus et celui qui voit deux dépression, une femme enceinte, deux enfants malades et un suivi de diabète ? Le premier charge pourtant 15 actes alors que le second "seulement" 6... (paresseux !)
      c'est que le bon Dr Barrette veut nous faire croire et c'est le deuxième médecin qu'il veut pénaliser avec la loi 20.

    • Jean-MArtin Payeur - Inscrit 12 décembre 2014 19 h 17

      Depuis quelques années, les codes d'actes médicaux ont été épurés et simplifiés et plusieurs sont maintenant tributaires de la quantité de temps consacré à un patient particulier.

      Par exemple, si je vois un patient très instable à l'urgence et que je dois le réévaluer 4 fois durant la même soirée, dans le passé, pour le même patient, il y aurait eu 4 actes de déclaré alors qu’il y a dorénavant qu’un seul. Le nombre d’acte par médecin omnipraticien, s’il est comparé aux dernières années, est donc une statistique qui ne reflète pas bien le travail fait par un médecin vu ces changements. Il faut comparer des pommes avec des pommes.

  • Sol Wandelmaier - Inscrite 12 décembre 2014 06 h 10

    Un coup de massue maladroit, destructif...

    ....et très lourd de conséquences négatives pour l'ensemble des patients ( surtout des vulnérables) et du système de santé globalement...

    M. Barette, ex-spécialiste, a très peu d'expérience de la réalité de la médecine familiale sur le terrain...et sa loi 20 trahit ce fait.

    Non seulement le recrutement à l'urgence va devenir plus difficile, mais les "plein-pieds géographiques", c'est-à-dire les médecins s'occupant exclusivement d'un étage d'hopital vont disparaitre progressivement...

    En mettant une "épée de Damoclès" au-dessus de la tête des omnipratitiens, du point de vue du volume à fournir, ces gros dossiers que sont ceux des accidentés du travail, des patients psychiatriques ou des ainés avec 14 pathologies vont continuer à circuler dans le vide sans que personne ne veuille les prendre en charge...

    Dans le montant d'heures travaillées par un médecin de famille, il n"est jamais comptabilisé le nombre d'heures à remplir des formulaires de toutes sortes qu"il ne peut refuser, à contrôler les résultats de laboratoire et donner des directives à leur sujet, à parler téléphoniquement aux patients ou leur écrire des courriels, à dialoguer avec pharmaciens, physiothérapeutes, autres consultants...Personne ne comptabilise les heures en réunions administratives pour le fonctionnement du groupe de collègues ou des heures indispensables en éducation continue...

    Depuis que le système de santé a été déstabilisé dans les années 90, chaque vague successive de gouvernement a essayé de redresser la situation avec des règles de plus en plus oppressives et coercitives; et chacune de ces règles a contribué à aggraver les conditions de travail des généralistes, à démotiver les jeunes générations de MDs et a incité les médecins à trouvé des échappatoires de toute sorte à ces règles...

    • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 12 décembre 2014 10 h 59

      M. Barrette est-il un vrai médecin?

      Il possède les diplômes nécessaires, certes, mais a-t-il jamais vu un patient? Un radiologiste est un monsieur qui interprète des radiographies mais à qui personne ne demande de voir ou d'entendre un malade. Sauf erreur, monsieur Barrette pourrait avoir passé sa carrière entière sans voir un seul malade.

      À mon avis, ce n'est pas là un véritable médecin. C'est un super technicien.

      Desrosiers
      Val David

    • Jacques Gagnon - Inscrit 12 décembre 2014 13 h 15

      Ce que vous dites en sommes madame Wandelmaier, c'est que donner des soins implique de la gestion et du temps accordé aux relations, aux interactions entre les acteurs et patients.

      Au lieu de reconnaître ce fait, le gouvernement actuel s'emploie à jeter le discrédit sur les gestionnaires, qu'il appelle honteusement les bureaucrates, des êtres toujours superflus. Au lieu de taper sur la tête de tout le monde, il serait avisé de voir avec eux comment il peut intégrer des outils de gestion qui soulageront les soignants et leur permettra d'être plus efficace. Le dossier de santé électronique en est un bel exemple, le docteur Barrette lui-même reconnait que c'est un désastre.

    • Yvette Lapierre - Inscrite 12 décembre 2014 19 h 39

      Mes nombreux chats ont cessés d'être vaccinés depuis plusieurs années. Aucun n'a développé les maladies sensées êtres "couvertes" par les vaccins. Les vaccins sont au mieux inutiles et au pire nocifs. Voilà mon expérience de la chose, tous mes chats défunts sont décédés d'autres maladies non ciblées par les vaccins tels les cancers etc. Une Arnaque!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 12 décembre 2014 07 h 24

    Bref !

    « et viser une approche centrée sur le patient pour reconnaître la complexité des patients. » (Lettre au ministre de la Santé Gaétan Barrette, texte collectif)

    Des solutions proposées avec courtoisie, celle relevant de l’approche bio-médicale inquiète, et ce, pour deux raisons-motifs :

    A L’approche hospitalo-centriste ne convient plus étant donné du phénomène agissant de l’interdisciplinarité à l’aube du 21ème siècle, et ;

    B La notion de « patient » tend à être sollicitée par celle de « citoyen » de la santé et services sociaux, une notion de vision plus universelle et humaine de la personne et de l’environnement !

    Bref ! - 12 déc 2014 -

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 12 décembre 2014 08 h 55

      M.Blais...J'ai toujours des difficultés à comprendre vos textes et vos idées...SVP, expliquez!

  • Claude Bernard - Abonné 12 décembre 2014 09 h 17

    Comment font-ils en Ontario

    Si les médecins ontariens réussissent à voir deux ou trois fois plus de patients par année, comment font-ils?
    Ils travaillent plus d'heures et sont plus efficaces ou mieux organisés ou il y a moins de rencontres ou moins de paperasse ou quoi?
    Ou il y a moins de suivis et d'examens d'utilité douteuse etc...
    Quel journaliste ira voir pour nous éclairer?
    Ne parlons pas de Grande Bretagne où les médecins auraient 4 ou 5 fois plus de patients.

    • Jean-Yves Marcil - Inscrit 12 décembre 2014 10 h 40

      Question qui demande réponses : explications ou infirmation !

    • André Le Belge - Inscrit 12 décembre 2014 12 h 48

      Moins de travail en hôpital.
      Une autre solution serait de créer une spécialité de médecine générale hospitalière afin d'enlever aux omnipraticiens l'obligation de procurer des soins en milieu hospiatalier et ainsi de se consacrer à pleine tâche à leur cabinet. Cette solution est pratiquée dans la plupart des pays d'Europe occidentale.
      Mais que voulez-vous l'Europe c'est pas icitte!

    • joan michaele - Inscrite 12 décembre 2014 13 h 37

      Ils travaillent moins d'heures dans les hopitaux, font plus d'heure en bureau

  • Dominic Bouchard - Abonné 12 décembre 2014 11 h 00

    En ontario...

    Pour répondre à M. Bernard, la situation de l'Ontario (et de la Grande Bretagne) est très différente de celle du Québec. En effet, depuis la venue des AMP (activités médicales particulières) au début des années 90, les médecins "de famille" québécois ont été appellés à venir combler les pénuries en milieu hospitalier, sous peine de voir leur rémunération coupée de 30%. Cette mesure a réussi à régler la pénurie de médecins en milieu hospitalier mais a déplacé le problème ailleurs, et c'est ainsi que le "trou" s'est créé en première ligne. Pour donner un exemple concret, les médecins omnis du Québec passent 43% de leur temps en établissement, contre 21% pour le reste du Canada. Les médecins de famille ontariens et anglais ont très peu de responsabilité hospitalières et peuvent donc être plus efficaces en bureau. Le travail en milieu hospitalier demande une expertise accrue et est souvent exigeant en terme de nombre d'heures passées à l'hôpital, ce qui fait que le médecin de famille devient moins disponible pour sa clientèle ambulatoire. Notez bien que selon les statistiques de la RAMQ que Dr Barrette cite pour insinuer que les omnis québécois sont paresseux, une journée de bureau de 8 à 16h compte pour autant qu'un 24h de garde à l'unité d'hospit, où le médecin doit passer la journée à l'hôpital, et ensuite se déplacer au besoin pour les urgences jour-soir-nuit, et retourner travailler le lendemain, peu importe s'il a dormi ou non! Évidemment quand vous venez de faire 7 jours de suite à être de garde 24h sur 24, vous avez besoin d'un jour de congé ou deux! Sans compter que les "117 jours" que Dr Barrette cite est aussi une moyenne comprenant aussi les médecins en congé de maternité, maladie, et préretraités!! Évidemment ça semble ridiculement peu, ce qui sert le propos du Ministre, mais qui ne représente pas la réalité! Il faut toujours se méfier de ce genre de statistique citée hors contexte..

    • Claude Bernard - Abonné 12 décembre 2014 18 h 02

      M. Bouchard,

      On pourrait croire qu'il y a des médecins dans les hopitaux en Ontario comme au Québec, ou bien je n'ai pas compris votre réponse.
      Je croit savoir qu'il y a plus de médecins par habitant ici; alors quelque chose cloche dans les explications reçues.
      Ce que aiderait, serait une comparaison chiffrée et exhaustive de la situation entre les deux provinces.
      Dans le cadre de commentaires au Devoir, c'est naturellement impossible.

    • Simon Villeneuve - Inscrit 12 décembre 2014 18 h 11

      M. Bernard, en ontario les médecins de famille passent deux fois moins de temps en hopitâl qu'ici... Conséquence directe des pénalités (AMP) que le gouvernement a instauré il y a déjà plusieurs années au Québec... pour le reste de la différence avec l'ontario voir mon commentaire plus bas...

    • Claude Bernard - Abonné 12 décembre 2014 20 h 42

      M. Villeneuve,

      Si le Gouvernement a été obligé de forcer les médecins à travailler dans les hopitaux, contrairement à l'Ontario, cela ne peut pas expliquer la différence dans le nombre de patients.
      Si nos médecins passent deux fois plus de temps dans les hôpitaux, est-ce à dire qu'ils y sont inutilement ou qu'ils sont moins efficaces que leurs confrères ontariens?
      De plus en plus, il me parait que l'explication tient au nombre d'heures travaillées, me trompai-je?

    • Etienne Boiteau - Inscrit 12 décembre 2014 21 h 22

      M Bernard, je ne vois pas ce que vous ne saisissez pas. Dans un mois constitué de 4 semaines de... disons 50 heures (200h dans votre mois), si on vous demande (scénario 1) d'aller faire une tâche X (hôpital) pendant 40% de votre temps, vous allez y passer 80h et il restera 120h pour faire la tâche Y (bureau). 2e scenario: si on vous demande de faire 20% de tâche X, vous en ferez 40h et vous pourrez faire 160h de tâche Y. Donc en bout de ligne, le scénario 2 (Ontario) vous donnera l'équivalent de presque une semaine complète de plus pour faire du bureau dans le mois, donc une semaine de plus pour voir des patients en suivi (et en accumuler des nouveaux).

      Oubliez le nombre d'heures totales pour comparer les omnis canadiens, l'Ontario et toutes les provinces qui ne demandent pas aux omnis de faire autant "d'hôpital" qu'ici ne pourront pas rivaliser avec les heures accumulées ici par les gardes hospitalières où les omnis doivent souvent se déplacer.

    • Mélanie Boidreault - Inscrite 12 décembre 2014 22 h 31

      M Bernard, votre question est intéressante...
      Effectivement, les médecins de famille québécois voient moins de patients par semaine que les médecins ontariens. Par contre, la différence ne vient pas du fait qu'ils travaillent moins (des sondages ont montré que les moyennes d'heure au Québec et en Ontario sont similaires soit environ 50h/semaine). les raisons sont multiples... Premièrement, nous sommes très en retard concernant l'informatisation des dossiers. les dossiers papiers font perdre un temps fou... Des études démontrent qu'on peut être jusqu'à 20% plus efficace en utilisant les dossiers informatiques. Le Dossier Santé Québec est en train d'être déployé.... On est vraiment en retard par rapport à nos voisins. Deuxièmement, les autres professionnels de la santé sont sous utilisés, très souvent par manque de budget. Nos voisins ont beaucoup plus accès à de telles ressources. ici, Le médecin généraliste doit souvent, faute d'accès, jouer le travail du psychologue, du travailleur social, de l'infirmière.... Aussi, plusieurs maladies chroniques pourraients être suivi étroitement en collaboration médecins-infirmiere, medecins-inhalotherapeute... Etc... Encore là, les ressources manques... Les maladies chroniques seraient mieux comtrolés, les patients auraient moins souvent besoin de voir le docteur... Au lieu de ça, on se fait couper de tout bord tout côté... On se fait rabattre les oreilles qu'on a pas de budget....

      Si les médecins de famille avaient plus de ressources, les patients seraient mieux suivi en externe, ils seraient moins souvent hospitalisés, on aurait moins besoin de médecins de famille dans les hôpitaux, il y aurait plus de médecins de familles dans les bureaux, les patients seraient mieux suivis en externe..... Et ainsi de suite....

      Mais vous savez, les politiciens ne voient pas plus loin que 4 ans.... Ils ne pensent pas à long terme, chacun défait ce que son prédécesseur en croyant avoir trouvé la bonne solution... Et on s'enfonce...