Une lecture de novembre pour se souvenir

Des soldats canadiens près de Boesinghe, en Belgique, en 1917
Photo: Associated Press Des soldats canadiens près de Boesinghe, en Belgique, en 1917

Chaque 11 novembre qui revient, nous prenons le temps de nous souvenir des sacrifices faits par les soldats canadiens pour notre pays. J’ai récemment terminé la lecture de At the Sharp End : Canadians Fighting the Great War 1914-1916 (Viking Canada), du jeune historien canadien Tim Cook, le premier de deux volumes consacrés aux expériences de nos soldats pendant la Première Guerre mondiale.


Le tome I couvre la période de 1914-1916, des camps de recrutement à Valcartier jusqu’à la bataille de la Somme. Le livre contient plusieurs extraits de lettres de jeunes soldats nous permettant de ressentir intimement les conditions horribles dans lesquelles ils se sont trouvés pendant le conflit. On y trouve aussi un récit de l’évolution des tactiques militaires de l’époque. La description des conditions dans les tranchées est cauchemardesque. À la suite des bombardements, des attaques et des contre-attaques, il ne reste que de la boue, des corps partiellement enterrés, des rats et encore de la boue. Des scènes d’horreur qui se déploient de la frontière suisse jusqu’à la mer du Nord, une distance de près de 700 kilomètres. Ce livre nous rappelle de manière éloquente à quel point il est important d’essayer de résoudre nos différends de façon pacifique afin d’éviter à tout prix d’en arriver aux armes.

 

Il y a quelques années maintenant, j’ai eu la chance de parcourir la France et la Belgique à vélo avec mon fils afin de visiter plusieurs sites de cette guerre tels qu’Ypres, Passchendaele, Vimy et Beaumont-Hamel. Nous avons pu observer les nombreuses rangées de pierres tombales dans les cimetières militaires, chacune représentant un soldat mort au combat. En arrivant à Albert, en France, nous avons également visité la tombe de mon grand-oncle, Harry Scott, un jeune avocat de Montréal décédé au combat le 21 octobre 1916. Malgré les trop malheureux événements associés à ces endroits, nous avons fait un voyage des plus instructifs dont je garde un excellent souvenir.

En cette journée hautement symbolique qui souligne non seulement la bravoure de nos soldats, mais également la signature de l’armistice mettant fin à la Première Guerre mondiale, je crois qu’il est important que nous nous rappelions le courage extraordinaire de ces braves hommes et femmes, dont bon nombre ont perdu la vie pour améliorer le sort du monde. Nos anciens combattants connaissent le prix de la guerre. N’oublions jamais leur sacrifice.

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5 commentaires
  • michel lebel - Inscrit 11 novembre 2014 06 h 35

    Une longue route...

    Oui! Il ne faut jamais oublier, jamais! Mais hélas les guerres continuent toujours. La paix n'est possible que sans une révolution intérieure de l'Homme, de chaque personne. La route sera longue, mais l'espoir, l'espérance doit demeurer.


    Michel Lebel

  • Gilles Parent - Inscrit 11 novembre 2014 07 h 29

    Je ne peux oublier...

    Je suis né en 1946. Je me souviens qu'en 1949/50, ma grand-mère m'amenait en promenade près de la gare Jean-Talon à Montréal. Un jour, croyant sans doute que je serais trop jeune pour me souvenir ou comprendre, elle me dit: tu sais Gilles, à chaque fois que j'arrive à un coin de rue, je crois que je verrai ton grand-père. Il avait été rapporté mort au combat le 3 septembre 1918. Lorsque je suis allé en France la première fois en 1967, j'ai pu voir le cimetière où il reposait: le Dury Mill British cemetery, entre Cambrai et Arras. Je lui ai rapporté plusieurs photos. Cette femme que j'ai tant aimé est morte quelques mois plus tard.

  • Patrice Dionne - Abonné 11 novembre 2014 08 h 19

    Un livre en français!

    Il me semble que le devoir aurait pu insister pour que l'on nous suggère une lecture en français! Et Dieu sait s'il y en a!

    • Jacques Boudreau - Inscrit 11 novembre 2014 09 h 32

      Quelle étroitesse d'esprit !!!

      Monsieur Geoffrey Kelley a fait parvenir un texte émouvant à la rubrique « Idées et Libre opinion » du quotidien Le Devoir, qui est ouverte à tous les lecteurs. Il a bien le droit de rendre compte du livre qu'il a lu, que ce livre soit rédigé en anglais, en français, en allemand... ou en russe !!!

      Si vous avez un autre livre à suggérer, suivez l'exemple de Monsieur Kelley et faites parvenir un texte au quotidien Le Devoir, plutôt que de rédiger un texte mesquin comme celui-ci...

  • Yvon Bureau - Abonné 11 novembre 2014 08 h 43

    Et aussi les blessés

    M. Kelley, merci pour ce texte nécessaire et bien rendu.

    Il y a eu les tués. Malheureusement.

    Aussi, ayant travaillé 30 années dans un Centre de réadaptation physique, je pense aussi aux personnes mutilées, aux nombreuses années dans lesquelles elles ont vécu après, sans bras, sans yeux, sans oreille, sans jambe, sans peau intacte, sans partie de cerveau, sans..., sans... Et cela pendant des années et des années...

    Tué, on perd sa vie. Et c'est fini.
    Mutilé, on perd bien des parties de vie... et ce n'est pas fini, et ça dure longtemps et profondément. Et c'est pour la vie.