Samuel de Champlain, un père fondateur

Samuel de Champlain par George Agnew Reid
Photo: Bibliothèque et Archives Canada Samuel de Champlain par George Agnew Reid

Nous avons récemment été surpris d’apprendre que le gouvernement fédéral songeait sérieusement à nommer le pont projeté, reliant Montréal à la Rive-Sud, « pont Maurice-Richard » plutôt que de conserver l’actuel nom de Champlain. Sans enlever quoi que ce soit à Maurice Richard, qui fut un grand joueur de hockey et qui contribua en son temps à l’éveil de la fierté des Canadiens français, ce choix souligne la méconnaissance de l’importance historique majeure de Samuel de Champlain à la fondation du Canada.

Géographe, navigateur et explorateur d’exception, Samuel de Champlain a, avec beaucoup de vision et de ténacité, réussi à fonder un établissement permanent à Québec, la source même de ce que sont devenus le Québec et le Canada actuels. Son oeuvre d’explorateur est intimement liée au grand fleuve qu’est le Saint-Laurent et à sa source, les Grands Lacs, plus particulièrement le lac Huron sur lequel il navigua en 1615. Les ponts Jacques-Cartier et Champlain sont complémentaires sur le plan de la mémoire des origines du Canada. Amputer les noms de l’un ou de l’autre nous semble inapproprié. Champlain était aussi un grand humaniste dont de nombreux succès reposaient sur des alliances fécondes avec plusieurs nations amérindiennes qu’il a côtoyées. Les Québécois peuvent être fiers d’avoir un tel homme à la source de la civilisation canadienne et québécoise qui a suivi.

Consensus nécessaire

Un changement de nom pour un ouvrage d’une telle envergure devrait d’abord faire consensus auprès des historiens et des autorités en toponymie. On ne peut effacer ainsi un personnage historique très respecté tant au Québec qu’en Acadie, au Canada et aux États-Unis. Pour ce nouveau pont, devant avoir une durée de vie très longue, le nom de Champlain serait plus évocateur d’un héritage à très long terme pour les nouvelles générations que celui de Maurice-Richard.

Les représentants d’enseignants d’histoire, d’historiens et de didacticiens que nous sommes savent aussi très bien qu’il est hasardeux de nommer un ouvrage aussi important d’une personne nous ayant récemment quittés, ne serait-ce qu’à cause du manque de recul. Au surplus, un tel changement de nom, inutile et non demandé, entraînera des coûts importants pour un gouvernement qui pense au péage pour financer ce pont.

Enfin, nous avons un devoir de mémoire et une obligation pour la conservation de notre patrimoine. En somme, il faut respecter notre histoire et maintenir, pour le nouveau pont, le nom de ce grand homme que fut Samuel de Champlain. Si l’on veut une distinction avec l’ancien pont, aussi bien le nommer conformément aux règles de toponymie : Samuel-de-Champlain.

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23 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 7 novembre 2014 04 h 28

    Monsieur Lebel, démissionnez !

    "Je suis un amateur de hockey, je suis un amateur d’histoire, d’art et de pizza aussi" a précisé sur ce sujet le ministre Lebel, pour justifier sa mauvaise proposition de choisir un autre nom pour le pont qui remplacera le Pont Champlain.
    Dans cette phrase, selon moi, le ministre illustre non-seulement très bien toute la médiocrité de ses connaissances générales, mais expose ouvertement à tous, le mépris véritable qu'il éprouve envers l'histoire de son propre peuple. Cela explicant à mon avis pourquoi il préfère cette nation canadienne qui tente d'uniformiser tout le monde en proposant un usage égal pour tous de l'anglais au Canada, à cette nation québécoise qui tente de conserver l'usage public généralisé de la langue française au Québec, malgré la mode du temps et la tendance générale porsuivie par les tenants d'une économie de marché dérèglementée.
    Ce sentiment à propos de l'histoire, celui qu'il annonce ici publiquement mettre sur un pied d'égalité celui qu'il porte "au hockey" et "à la pizza", est un affront si direct à la lutte séculaire et tant coûteuse de notre société que certains y ont sacrifiés leur vie, ne vaut quant à moi que l'obligation à démissionner de ses fonctions.
    Il serait honteux qu'un élu québécois puisse prétendre au mérite de la confiance des électeurs et assurer des responsabilités de ministre, alors qu'il jette lui-même un doute si considérable sur cette échelle des valeurs tordue qu'il présente coimme sienne, en faisant une telle déclaration publique ?
    Monsieur Lebel, démissionnez !
    C'est la seule chose logique qui vous reste à faire selon moi pour ne pas donner un message définitif d'abaissement de la fonction de ministre au pays.
    Que ce pays soit le Canada pour vous, ou le Québec pour moi, cela ne change rien à cette obligation morale.

    • Gérard Pitre - Inscrit 7 novembre 2014 15 h 23

      À Yves Côté, comment ne pas être d'accord avec le contenu de votre commentaire? Avez-vous remarqué que le peu de québécois colonisés élus au parti conservateur ministres et simples députés sont à peu près tous des nouilles. Comment un peuple qui se respecte peut-il choisir pour le représenter de tels insignifiants? Quelle connerie et ânnerie que de venir nous dire qu'il est un amateur de pizza? Quel rapport avec l'Histoire et la controverse qu'il a suscitée avec tout le lot de son incompétence et ignorance crasses? Oui foutez-nous le camp au plus vite que l'on ne vous voie plus la bette, on vous a assez vu et entendu. Lisez donc ou relisez-le le livre le «Principe de Peter» afin que vous prenniez conscience de votre niveau d'incompétence. Toutes ces nouilles de ministre autant à Ottawa qu'à Québec mériteraient un congédiment sur le champ. C'est surréaliste que d'être gouverné par des têtes de linottes. Rendez-nous service le ministre Lebel et compagnie, foutez le camp qu'on ne vous voit plus. Vous êtes terne et morne, même les morts sont plus vivants que ces deux de pique qui nous gouvernent. Triste constat. Gérard Pitre

  • Denis Miron - Inscrit 7 novembre 2014 06 h 16

    Partis-âneries politiques...

    «Les représentants d’enseignants d’histoire, d’historiens et de didacticiens que nous sommes savent aussi très bien qu’il est hasardeux de nommer un ouvrage aussi important d’une personne nous ayant récemment quittés, ne serait-ce qu’à cause du manque de recul.»
    Tout à fait d’accord avec vous, mais que s’est-il passé lorsqu’on a décidé de rebaptisé l’aéroport de Dorval du nom de PET(… plus haut que le trou), alors que c’est à l’aéroport de Mirabel que ce nom aurait dû être attribué car ce projet était de A à Z, son œuvre, sa réalisation. Pourquoi les libéraux ont-ils refusé de lui apposer sa signature ? Stratégie de diversion dans le but provoquer une amnésie collective au plan de l’histoire, car le résultat de ce projet des libéraux est non seulement un échec lamentable mais aussi un désastre cataclysmique pour les plus belles terre agricoles du Québec.
    « Un changement de nom pour un ouvrage d’une telle envergure devrait d’abord faire consensus auprès des historiens et des autorités en toponymie.» Ce n’est pas la première fois qu’on détourne le fond de l’histoire pour l’asservir à des fins de partis-âneries politiques. Sur ce plan, force est de constater que les libéraux n’ont rien à envier aux conservateurs.

    • Nicole D. Sévigny - Inscrite 7 novembre 2014 14 h 45

      Bien dit m. Miron...et vlan !
      et j'aime bien titre "partis-âneries politiques" ...

      J'espère que Mirabel et M.Jean Bouchard, maire de la ville du même nom, réussira à contrecarrer le fédéral et ses sbires de "Aéroport de Montréal"
      qui veulent le démantellement entier de l'aéroport de Mirabel.

  • Gilles Bousquet - Abonné 7 novembre 2014 06 h 24

    Faudrait compléter le nom de Champlain

    À la Place de (pont Champlain) faudrait ( pont Samuel-de-Champlain). On ne dit pas (pont Cartier) mais (pont Jacques-Cartier) ou restaurant Champlain mais Hélène-de-Champlain.

    Pourquoi juste Champlain pour ce pont ? Pour faire court ?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 7 novembre 2014 07 h 53

      Le prénom est un détail.

    • Jean-Yves Marcil - Inscrit 7 novembre 2014 07 h 57

      Et ce changement de nom pourrait aussi répondre au besoin de cet amateur "d'histoire, de hockey et de pizza" que monsieur Lebel prétend être.
      Petite remarque cependant: on dit bien le pont Mercier, le pont Viau,le pont Victoria, le pont Laviolette, la ville de Laval...

    • Pierre Grégoire - Inscrit 7 novembre 2014 08 h 52

      Je vous donne raison. Vos deux exemples le démontrent.

    • Jean-Louis Parent - Abonné 7 novembre 2014 10 h 11

      Je signale à M. Marcil que la dénomination exacte et complète du "pont Mercier" est en fait "Pont Honoré-Mercier".

    • Gérard Pitre - Inscrit 7 novembre 2014 15 h 28

      À Jean-Pierre martel. Non le prénom n'est pas un détaille, vous faîtes erreur. Autrefois sur les paquets de cigarettes de Benson & Hedges il y avait une phrase qui disait ceci:«Les détails font la perfection, mais la perfection n'est pas un détail». Le nouveau pont devra se nommer Samuel de Champlain pas de discussion la dessus. Gérard Pitre

  • André Poirier - Abonné 7 novembre 2014 08 h 48

    Aéroport de Dorval

    À voir les dégâts d'eau à cet éroport ces jours-ci, on devrait plutôt l'appeler l'aéroport Trou d'eau.

    • Gilles Bousquet - Abonné 7 novembre 2014 12 h 40

      C'est pour mieux commémorer PET, un vrai panier perçé avec ses gros déficits...canadiens, pendant son premiérerat.

  • Guy Beausoleil - Abonné 7 novembre 2014 08 h 49

    refaire l'histoire

    Peut-être qu'un stratège Conservateur a-t-il déjà pensé a nommer le nouveau pont: "1812".