Quand 2014 rappelle «1984»

La novlangue des textos que les jeunes maîtrisent mieux que le français réduit le champ de la pensée à la manière de celle de «1984».
Photo: Michaël Monnier Le Devoir La novlangue des textos que les jeunes maîtrisent mieux que le français réduit le champ de la pensée à la manière de celle de «1984».

Lettre au Dr Yves Bolduc, ministre de l’Éducation

Monsieur le Ministre Bolduc, au début de chaque session, je fais passer un petit test de culture générale à mes étudiants de niveau collégial, une quinzaine de questions sur des personnages importants dans l’histoire des idées, mais aussi sur quelques mots du vocabulaire.

Résultats : la très, très grande majorité des étudiants ne sait pas qui est Copernic, Galilée, Darwin ou Sigmund Freud, encore moins Homère, Platon, Descartes ou Jean-Jacques Rousseau. Ils feront la connaissance de ces grands penseurs, s’ils persévèrent, dans l’un ou l’autre de mes cours.

Mais pour aborder leurs oeuvres, ils se doivent de connaître le sens des mots, de maîtriser un ensemble de concepts. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas ce vocabulaire qui leur permettrait de réfléchir sur le monde en général. Ainsi, ils ignorent ce qu’est de la propagande, un démagogue, une utopie, une personne dogmatique ou sceptique. Pour ce dernier terme, je dois les mettre en garde de ne pas confondre un faux sceptique avec l’antiseptique et encore moins avec la fosse septique…

Ainsi, lorsque je m’adresse à eux, je ne dois rien tenir pour acquis. Si je tente de leur expliquer une idée ou un fait historique, je dois m’assurer qu’ils comprennent les mots que j’utilise. Mais comment le savoir ? Rarement lèvent-ils la main pour m’interroger sur le sens d’un mot qu’ils viennent d’entendre. Je dois alors prendre les devants et les questionner. Bien souvent, pour leur faire comprendre un concept nouveau, je dois définir un autre terme que j’utilise dans mon explication et ainsi de suite… Drôle de paradoxe que soulève d’ailleurs Normand Baillargeon dans son excellent ouvrage Légendes pédagogiques (Poète de brousse), livre que vous avez très certainement lu, étant donné vos fonctions. Ainsi, nous dit-il, « une simple définition qu’on consulte ne peut être comprise que si on connaît déjà une très grande part de ce qu’on y lira ». En fait, pour acquérir du vocabulaire, il faut avoir du vocabulaire, avoir des connaissances, en somme une culture générale qui nous permet de lire entre les lignes et de comprendre un texte ou le sens d’une définition. Et c’est bien souvent cette culture générale qui fait défaut chez nos étudiants. Enfants de la réforme, on leur a appris à développer leurs compétences transversales, oubliant que celles-ci devaient s’ancrer, pour avoir du sens, dans des connaissances solides et diversifiées.

Texto et novlangue

Vous me direz, Monsieur le Ministre, à la manière de Stéphane Laporte, que « l’humanité n’a jamais autant écrit », que nos étudiants n’ont jamais été autant en contact avec l’écrit et la lecture. Regardez-les, ils sont toujours en train de texter sur leur téléphone intelligent ! Justement. En gardant à l’esprit que le média dicte la forme que prendra le message, quel est le type de communication que favorise l’exercice du texto sur ces téléphones ? Une communication extrêmement pauvre en vocabulaire, lui-même exprimé la plupart du temps sous forme d’abréviations : « Marc, cv ? qtf ? T ou ? »« Chu a maison, tkt, ttyl… » En clair, cela donne : « Marc, comment ça va ? Qu’est-ce que tu fais et où es-tu en ce moment ? »« Je suis à la maison. Ne t’inquiète pas. Talk to you later »

Monsieur le Ministre, vous avez sans doute lu 1984, le roman de George Orwell. Dans ce chef-d’oeuvre, la planète est sous le contrôle de trois grandes puissances qui se font la guerre. En Océania, là où se situe l’action du roman, les dirigeants politiques sont à mettre sur pied et à imposer d’une manière graduelle la novlangue, une langue construite sur mesure non pas pour étendre le champ de la pensée des gens, mais plutôt pour le réduire, la contrôler et empêcher ainsi toute forme de contestation du régime en place. Comment veulent-ils y arriver ? En réduisant année après année le nombre de mots disponibles pour la construction et l’expression de la pensée. Dans cette langue artificielle, l’utilisation des abréviations est d’ailleurs fortement encouragée puisque, en plus de réduire le nombre de mots, elles ont aussi le mérite de pouvoir être prononcées rapidement et d’éveiller le minimum de réflexion dans l’esprit de celui qui parle.

Selon les objectifs du régime politique d’Océania, le novlangue deviendra la seule langue en usage vers l’année 2050, supplantant et faisant sombrer dans l’oubli l’ancilangue, le standard english oldspeak.

Le rôle du gouvernement

Heureusement, 1984 n’est qu’un roman d’anticipation, une fiction. Toutefois, je vous sais assez perspicace, Monsieur le Ministre, pour deviner pourquoi j’évoque ici cette oeuvre de George Orwell. Dans une démocratie comme la nôtre, on s’attend à ce que le gouvernement, contrairement à celui d’Océania, mette tout en oeuvre, par l’entremise du ministère de l’Éducation, pour que les jeunes trouvent les moyens nécessaires pour que s’épanouisse leur personnalité, pour que leur pensée se fasse plus sagace, subtile, clairvoyante, critique et autonome. Mais ceci passe, entre autres, par une excellente maîtrise de la langue parlée et écrite, par l’accès à des livres et la pratique de la lecture et par l’acquisition d’une formation et d’une culture générales des plus riches ; trois objectifs sur lesquels je vous sens hésitant — et le mot est faible — depuis que vous avez été nommé ministre de l’Éducation.

En somme, ce que j’attends de vous, Monsieur le Ministre, c’est que vous nous aidiez, nous les enseignants, dans notre mission qui consiste à tirer les étudiants vers le haut, non vers le bas, à faire en sorte que nos élèves puissent s’élever, non s’enfoncer dans la médiocrité. Et ceci ne se fera pas en succombant à la tentation de tout niveler par le bas, mais bien en visant l’excellence et le dépassement. C’est qu’il faut être vigilant, Monsieur le Ministre. L’an 2050 est déjà à nos portes…

65 commentaires
  • Michel Vallée - Inscrit 6 novembre 2014 02 h 13

    « '' [...] Qu’on consulte [...] ce qu’on... '' ».


    En parlant d'aller vers le haut, plutôt que cette fâcheuse allitération j'aurais préféré lire : que l'on consulte... ce que l'on...

    • Réjean Bergeron - Abonné 6 novembre 2014 08 h 40

      Citation de Normand Baillargeon.

    • Marc Davignon - Abonné 6 novembre 2014 09 h 14

      Ha! La novlangue!

      Etre en haut. Est-ce toujours dans le but d'écraser ces adversaires, car on les voit venir de loin? Où est-ce pour avoir une meilleure perspective du monde qui nous entoure?

      À vous de choisir?

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 6 novembre 2014 09 h 22

      `@ MV Quand on se veut plus que parfait...on oublie le message et on tire sur le messager...

      Vous auriez pu signaler la justesse du propos de m.Bergeron...et sachez que les deux se disent et s'écrivent: ce qu'on et ce que l'on....etc.

      Est-ce que votre mission est de tirer sur tout ce qui et tous ceux qui défendent la langue française et l'éducation en français ici, chez nous.
      (Il vous faut lire Orwell...et faire le rapprochement avec... le Québec)
      Pourquoi? Parce que les affairistes y travaillent très fort!

    • Jean-François Trottier - Inscrit 6 novembre 2014 09 h 37

      L'usage auquel vous faites référence n'est d'aucune utilité pour la compréhension du texte. En fait, utiliser "que l'on" au lieu de "qu'on" relève de l'euphonie et n'est en rien plus français.
      Les deux ont cours indifféremment et le "L apostrophe" est toléré mais pas particulièrement encouragé.

      Par contre, "la très, très grande majorité des étudiants ne sait pas qui est Copernic, Galilée, Darwin ou Sigmund Freud..." devrait se lire "la très, très grande majorité des étudiants ne sait pas qui sont Copernic, Galilée, Darwin ou Sigmund Freud". Il y a plusieurs personnes ici, d'où le pluriel.

      Enfin, M. Bergeron, tout en louant votre texte je crois que c'est peine perdue, à moins que L'ON (ben quoi!) me prouve que M. Bolduc lit quoi que ce soit. J'en doute.

    • Michel Vallée - Inscrit 6 novembre 2014 16 h 21

      « '' Une simple définition qu’on consulte ne peut être comprise que si on connaît déjà une très grande part de ce qu’on y lira'' » - Normand Baillargeon


      M. Bergeron aborde la pauvreté du vocabulaire des «texto» dans une perspective de culture générale.

      À mon avis, l’absence de la liaison euphonique qui relie les mots d’un énoncé en langue française caractérise aussi la novlangue.

      Il m’a donc semblé pertinent de relever dans la citation de Normand Baillargeon l’absence remarquable de ce «l’» on ne peut plus français, lequel évite la rocaille cacophonique qui met à mal la sonorité harmonieuse de la langue, et en l’occurrence oblitère une allitération qui, à tout le moins, prête à rire.

      À ce sujet, des esprits plus compétents que moi en la matière se sont déjà prononcés. Ainsi, on notera que :


      « ''L’on'' est, dans la langue écrite, un substitue élégant de ''on'' […]

      « Selon une règle traditionnelle des grammairiens, '' l’on'' est demandé, pour l’euphonie, après ''et, ou, où, qui, que, quoi, si '', parfois aussi après ''lorsque'' […]

      « Pour l’euphonie on préfère ''que l’on'' à ''qu’on'' devant un mot commençant par une syllabe prononcée ''kon'' : ''ce que l’on conçoit'' (plutôt que : ''ce qu’on conçoit''…) »

      - «Le Bon usage», septième édition, 3ième tirage, § 587, rem., N.B., p. 404-493.

    • Michel Vallée - Inscrit 6 novembre 2014 17 h 39

      Errata

      Il aurait plus convenable que je transcrive dans ma précédente :

      « ''L’on'' est, dans la langue écrite, un substitut...»

      De même, la référence est dans «Le Bon usage» aux pages 493 et 494.

    • Patricia Posadas - Abonnée 6 novembre 2014 18 h 14

      Le don de faire dévier une discussion vers le néant.

    • Réjean Bergeron - Abonné 6 novembre 2014 18 h 14

      Voir le commentaire de Christine Tellier plus bas:

      @Jean-François Trottier. Loin de moi l'idée de vouloir alimenter un débat de grammairiens, mais ceux-ci notent que dans les coordinations différées, l'accord se fait parfois avec le premier élément seulement, les autres étant entendus comme des additions après coup. Et Grevisse de citer Michelet : « Une grande chose commençait; quel en serait le progrès, l'issue, les résultats [...]? »

    • Michel Vallée - Inscrit 6 novembre 2014 23 h 02

      @Patricia Posadas

      «Le don de faire dévier une discussion vers le néant.»

      Le néant en question étant ce à quoi se réfère M. Réjean Bergeron dans sa lettre d’opinion, si l’on suit l’illustration que recèle mon commentaire initial.

      À ce sujet, je relevais l’allitération en «kon» de l’énoncé, ce qui n’enlève rien à la pertinence du constat de M. Baillargeon, bien au contraire :

      «''Une simple définition que (l’on) consulte ne peut être comprise que si (l’on) connaît déjà une très grande part de ce (que l’on) y lira'' ».

      Ainsi, ce sont des lectures antérieures qui nous permettent de relever que la phrase que je citais en exemple ne respecte pas les règles de l’euphonie, telles que le prescrit –notamment- Maurice Grevisse dans «Le Bon usage».

      À mon avis, la culture à laquelle le constat de M. Baillargeon fait allusion se nourrit d’éclectisme.

    • Michel Vallée - Inscrit 6 novembre 2014 23 h 13

      @Réjean Bergeron

      «Voir le commentaire de Christine Tellier plus bas: @Jean-François Trottier [...] (les) grammairiens [...] notent que dans les coordinations différées, l'accord se fait parfois avec le premier élément [...] »

      Mon commentaire se bornait à l'euphonie, ce qui relèverait plutôt de la stylistique que des règles d'accord.

  • Carolin Cloutier - Inscrit 6 novembre 2014 05 h 00

    Bravo!

    Cher M. Bergeron, prof. de philosophie,
    vous avez écrit une très bonne lettre au Dr Bolduc, ministre de l'éducation. Cela dit, c'est toute une culture qui est en voie d'effacement puisque les écrivains ont disparu des médias et qu'on ne les entend presque plus. L'aviez-vous remarqué? Revoir *Farenheight 451* viendrait compléter le *1984* que vous savez. Je ne veux pas ajouter à votre anxiété, mais voilà: la conscientisation de l'effacement de la littérature est nécessaire à l'heure du Rapport Demers qui menace toute la formation générale au collégial. Ce rapport répond-t-il a une demande politique qui cherche à supplanter les mécanismes ayant présidé à la levée des Carrés Rouges et du Printemps-érable en 2012? On pourrait le croire. Hélas, trois fois hélas.
    A bon entendeur,
    France Boisvert, prof. de français dt litterature au collégial

    • Réjean Bergeron - Abonné 6 novembre 2014 13 h 21

      Intéressant votre propos. Merci.

    • Claude Poulin - Abonné 6 novembre 2014 17 h 12

      Au sujet de cette épreuve uniforme de français qui fait l'objet de débat dans le milieu collégial, je voudrais dire ceci: les données officielles nous apprennent que sur les trois critères que compte cet examen, soit compréhension, structure et maîtrise de la langue, le premier donne un taux de réussite de 96,2 %, le second 99,5 % et le dernier 83,1 %. On devrait donc se réjouir d'un tel succès et conclure qu'il n'y a rien à changer. C'est bien mal connaître la vérité sur les modifications à la baisse appliquées à cet exercice au fil des années qui ont permis d'obtenir de tels succès.
      Ce qu'il faut savoir, c'est que le niveau de difficulté de cette épreuve a sérieusement baissé au cours du temps, de même que ses critères d'évaluation. De plus, depuis le secondaire jusque dans les classes de français au collégial, on prépare les étudiants - avec des guides, manuels et autres recettes éprouvées - à subir ce genre d'exercice pour s'assurer qu'ils ne seront pas trop nombreux à échouer (15 % actuellement). Cela est connu du miieu de professeur de littérature.
      Il faut donc aborder ce problème avec plus d'objectivité. Les effets délétères que souligne l'étude qu'a reçue le ministre pour la catégorie des étudiants que l'on sait (les étudiants du secteur professionnel) sont bien réels. Pourquoi ne pas le reconnaître?
      D'autre part, en ce qui a trait aux étudiants du secteur général, les professeurs d'université qui reçoivent ces étudiants en savent long sur le caractère bidon de cet exercice.
      Claude Poulin, Québec

  • Yvan Dutil - Inscrit 6 novembre 2014 07 h 07

    L'ignorance est généralisée

    «... la très, très grande majorité des étudiants ne sait pas qui est Copernic, Galilée, Darwin ou Sigmund Freud, encore moins Homère, Platon, Descartes ou Jean-Jacques Rousseau.»

    Je ne veux pas vous faire de la peine, mais c'est aussi le cas de la très grande majorité de la population. Dans un certain aveuglement humaniste, les intellectuels refusent de voir ce simple fait.

    Pour ce qui est des abréviations, je vous rappelle que les textes écrit en hiéroglyphes en sont bourré, comme les classiques en latin.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 6 novembre 2014 07 h 33

    L'appauvrissement de la pensée

    Il y a au mois quatre décennies que d'éminents professeurs tentent d'alarmer le citoyens au sujet de l'apuvrissement du langage sous toutes ses formes et les répercussions sur la capacité des gens de participer activement et consciemment à l'édification d'une société bien gouvernée. Mais tant de gens, et de pédagogues ont crû que l'avancement technologique devait se faire au détriment de la qualité de l'expression de la langue et de la pensée. Aujourd'hui, l'enseignement de la grammaire, de l'orthographe est fait de manière expeditive, et les textes utilisés aux fins d'analyse sont médiocres et sur des sujets banals ne suscitant aucune réflexion. Pourrions-nous faire marche arrière quand la majorité est incapable de voir l'utilité du développement d'un langage plus articulé? J'en doute. Nous retournons inexorablement à un modèle de société qui sera composé d'illettrés et d'une classe d'élites servant les intérêts des Maîtres et non de la société. Les esprits trop vifs et rebelles seront vite réprimés. La question est de savoir de combien de temps disposons-nous encore pour s'exprimer librement, et quand serons-nous â accepter que la démocratie et un leurre? Les résultats des élections mi-mandat aux États-Unis sont des signes précurseurs de ce que nous réserve l'avenir.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 6 novembre 2014 10 h 39

      Désolée pour les fautes... j'ai écrit ce commentaire sur le train, sur mon iPhone, avec un seul doigt...!

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 7 novembre 2014 07 h 35

      J'accepte votre compliment, monsieur Bédard, avec humilité.

    • Réjean Bergeron - Abonné 7 novembre 2014 10 h 16

      J'aime beaucoup votre réflexion. Elle pose de grandes questions! C'est à se demander si l'image ne vient pas prendre sa revenge après avoir été tassée suite à l'invention de Gutenberg. Avec ce monde d'écrans, l'expression une image vaut 1000 mots prend vraiment son sens...

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 7 novembre 2014 12 h 59

      L'image est effectivement est un complément à l'écrit. Ce qui semble actuellement faire défaut dans la communication est la qualité et la profondeur du message, qui ont été remplacés par un déferlement d'informations moins rigoureuses, ou jetables, aux sources suspectes. Je dois par contre admettre qu'Internet et un couteau à deux tranchants, car l'on a maintenant accès à toutes sortes d'informations pertinentes qui étaient autrefois inaccessibles aux communs des mortels. Mais cette abondance d'informations rigoureuses ou jetables, si facilement accessibles et copiables, semble prendre la place du raisonnement et de l'imagination inviduels. Il semble y avoir des courants de pensée unique auxquels beaucoup d'internautes adhèrent simplement pour suivre ce qui leur semble être une tendance... cela me rappelle ce que ma mère me répétait souvent "Si tout le monde se jette en bas du pont, vas-tu le faire aussi?"

      Et voilà où je veux en venir : on n'encourage pas du tout le surpassement personnel. On réduit les attentes, plutôt que d'élever la barre pour pousser les individus le plus près de l'excellence. Je sais qu'en France les enseignants se plaignent aussi du règne de la médiocrité, et qu'effectivement, les programmes scolaires sont conçus pour répondre aux besoins économiques, et nous vivons à une époque où les entreprises recherchent une main-d'oeuvre docile, mobile et abordable, et les dirigeants des pays recherchent des citoyens facilement dupés... or, l'éducation développe l'esprit critique et l'ambition du dépassement. L'éducation ouvre les yeux et l'esprit sur ce qui nous entoure. Alors pourquoi les nations n'investissent plus dans l'éducation pour tous, mais surtout l'éducation de qualité?

    • Sylvie Verreault - Inscrite 7 novembre 2014 13 h 28

      Oh merci Jocelyne Lapierre de le dire! Merci! Aujourd'hui, tu es mon pot! On se sent moins seule!

      Il faudrait que le petit bijou de livre suivant soit ajouté au corpus des ouvrages obligatoires du programme du Secondaire IV et V :
      "Petit cours d’autodéfense intellectuelle", auteur Normand Baillargeon, LUX Éditeur.
      Ma fille a découvert ce livre à 18 ans; une référence proposée par un prof du Cégep Saint-Laurent, programme Cinéma. Ça a été un total déclencheur pour elle. Un tournant. J'ai alors su qu'elle étant sauvée.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 7 novembre 2014 15 h 40

      Merci madame Verreault, je prends bien note de ce livre de référence.

      La question que je pose à la toute fin de mon commentaire précédent est réthorique et devrait plutôt se lire comme suit : "Alors, pourquoi les nations n'investissement plus dans l'éducation pour tous, mais surtout n'investissent plus dans l'éducation de qualité accessible à tous?"

  • Victor Raiche - Inscrit 6 novembre 2014 08 h 12

    WOW !

    Mais comprendra-t-il ?

    P.S. Comment dit-on 'wow' en texto ?

    • Réjean Bergeron - Abonné 6 novembre 2014 13 h 22

      La traduction en novelangue va suivre...