Bâtir le pays réel

Le chef de la CAQ, François Legault, estime que son parti est le seul parti nationaliste qui a fait le bon diagnostic en ce qui a trait au déclin tranquille de l’économie québécoise.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef de la CAQ, François Legault, estime que son parti est le seul parti nationaliste qui a fait le bon diagnostic en ce qui a trait au déclin tranquille de l’économie québécoise.

Plus rien ne sera jamais pareil au Québec. L’élection du 7 avril dernier, qui s’est jouée sur la possibilité d’un troisième référendum, constitue un tournant historique. Le paysage politique ne se divisera plus entre les souverainistes et les fédéralistes, comme cela fut le cas ces quarante dernières années.

Les Québécois ont fait un constat. Notre économie est en panne et continue de perdre du terrain par rapport aux autres provinces canadiennes. Nous devons cesser de minimiser la signification de la péréquation que reçoit le Québec, car ne plus dépendre de la péréquation est essentiel pour que nous puissions retrouver la liberté et la confiance que nous avons perdues comme peuple.

Le temps est venu de donner un coup de barre et de rassembler nos forces pour nous redonner le pouvoir d’agir. Il faut assainir les finances publiques sans augmenter le fardeau fiscal des Québécois et il faut un grand projet de développement économique. La Coalition avenir Québec a proposé le Projet Saint-Laurent, un projet pour créer de la richesse en misant sur l’innovation.

Pour un nationalisme d’ouverture

C’est en misant sur une économie forte que nous pourrons retrouver la maîtrise de notre destin. On pourra ainsi mieux affirmer notre identité, notre langue et faire reconnaître pleinement ce que nous sommes. Le Québec est le seul État en Amérique du Nord à représenter une majorité de francophones. Cela vient avec des responsabilités.

À la Coalition avenir Québec, nous proposons, dans l’immédiat, deux mesures concrètes qui vont dans ce sens :

1) Le gouvernement fédéral doit reconnaître qu’il faut préserver l’intégralité de la loi 101, et celle-ci doit être appliquée pour que le français soit pleinement respecté comme langue de service et de travail, y compris dans les entreprises à charte fédérale ;

2) Le Québec doit pouvoir compter sur les pleins pouvoirs en matière d’immigration. Il doit être le seul à fixer les seuils et à choisir les immigrants.

Nous sommes décidés à travailler dans un esprit de collaboration, et non de confrontation, avec le gouvernement fédéral. Mais soyons clairs : le Québec doit pouvoir compter sur les pleins pouvoirs en matière de langue et d’immigration.

Entre l’obsession référendaire du PQ et le fédéralisme mou du Parti libéral, il existe un espace pour un nationalisme d’affirmation, constructif et moderne. Un nationalisme d’ouverture qui préfère se concentrer sur les attentes et les besoins des Québécois, plutôt que de cultiver des querelles qui, à la longue, finissent par être stériles. Un nationalisme d’ouverture, qui représentera un peuple sûr de lui-même, s’identifiant à son histoire, sa langue, sa culture et son territoire.

La Coalition avenir Québec est dorénavant la seule alternative crédible au Parti libéral. Les dernières élections dans Lévis le confirment. C’est normal : la Coalition est le seul parti nationaliste qui fait le bon diagnostic en ce qui a trait au déclin tranquille de notre économie.

Longtemps, une bonne partie de nos concitoyens ont rêvé au pays imaginaire. C’est une période importante de notre histoire que nous n’avons pas à renier, bien au contraire. Elle fait partie de nous. Mais les circonstances ont changé. Il est temps aujourd’hui de se tendre la main pour bâtir le pays réel. Et, par-delà nos divergences, de mettre nos forces en commun pour commencer le redressement de ce Québec que nous aimons.

19 commentaires
  • Nicolas Bouchard - Abonné 3 novembre 2014 07 h 23

    Le pays « réel » d'un homme manquant de réalisme

    Ce qui est bon pour un Québec-pays est effectivement bon pour un Québec-province et vice versa. Je ne peux qu'être d'accord avec M. Legault sur ce point.

    Mais il est toujours étonnant de voir un politicien faire de la pensée magique pour ensuite nous la présenter, pensant que cela suffira à aller contre vents et marées de la réalité. La souveraineté ne descends jamais en bas de 30-33%, ce qui est statistiquement très important car prêt du point de bascule, qu'on ne l'oublie jamais.

    Bien futé est celui qui peut prédire le futur en politique. Surement qu'un Legault en 1956 aurait prédit la disparation des Libéraux pour être remplacé par un nouveau parti tellement les choses semblaient aller mal pour eux. Je crois que l'on a ici surtout un cas de quelqu'un prenant ses désirs pour la réalité.

    Au moins M. Legault a été honnête cette fois. Son 10 ans sans référendum vient de s'étirer ad infinitum et soudainement, il veut plutôt signer la constitution comme Philippe Couillard mais... dans 10 ans. Il semble adorer promettre des choses dans un délai tellement long en politique qu'il n'aura jamais à les accomplir. Un peu comme Raël et la date d'arrivée de ses amis extraterrestres. Le Monsieur ne saura peut-être même plus en vie à ce moment…

    Il aurait été bien que M. Legault fasse cette déclaration de son fédéralisme avant l'élection du 7 avril. Les nombreux souverainistes ayant voté pour lui ne doivent pas être trop contents aujourd'hui.

    Nicolas B.

    • Gérard Pitre - Inscrit 3 novembre 2014 16 h 25

      À Nicolas Bouchard. J'approuve à cent pour cent votre commentaire. Legault est un politicien sans substance, sans contenu et sans vision d'avenir, un bon vendeur de «chars». Tout ce qui compte pour lui c'est de prendre le pouvoir et exercer son «power trip». Il critique les libéraux et avec raison, mais s'il était à leur place il ferait pire qu'eux et ce sont les libéraux qui critiqueraient les caquistes. C'est toujours la même chanson. Ils proposent des solutions vis-àvis le fédéral que tous les gouvernements du Québec par le passé ont essayées et se sont cassées la gueule, mais pour lui c'est pas suffisant, il faudrait que le Québec recoive encore une claque en pleine face du fédéral parce que tout ce qu'il propose Ottawa va lui fermer la porte au nez et il reviendra au Québec beau jean comme devant. C'est pitoyable, c'est triste à en mourir de voir des politiciens tous partis confondus ayant si peu de jugeotte et de contenu. Où est la relève de nos politiciens hommes d'État des années soixante & soixante-dix tels que les René Lévesque, les Jean Lesage, les Daniel Johnson père, les Paul Gérin Lajoie et cie?Nous le peuple nous sommes orphelins de ces hommes de têtes, de culture et de rêves. Lorsque j'écoute ces pseudos hommes politiques, tout parti confondu, j'ai juste le goût d'aller me promener dans un cimetière piquer une jasette avec les morts, car c'es beaucoup plus vivant de jaser avec les morts de de supporter les ânneries de ces mots ambulants que sont nos politiciens patentés d'aujourd'hui. Pour paraphraser une marotte connue: Père pardonnez leur, car ils ne savent ce qu'ils font et ce qu'ils disent. Aujourd'hui n'importe quel tartanpion qui a de la gueule et capable d'endormir les plus insomniaques, décide de se présenter en politique et hop, il est élu. Où est la jugeotte de ceux et celles qui votent avec leurs pieds au lieu de voter avec leur intelligence et leur conscience?. si quelqu'un a la réponse, donnez-la nous. «Requiem in pace» pour tous les Le

  • Normand Ouellet - Inscrit 3 novembre 2014 08 h 03

    Trouver le ruban gommé de circonstance


    Cher M. Legault, êtes-vous sûr que vous nous contez pas, ainsi qu'à vous même, des histoires! Je crois que les citoyens sont prêts pour un type de politique davantage participative au jour le jour avec des mécanismes de prise de décision collectifs et un réel partage de l'information et des analyses pertinentes. Pourtant on persiste dans le sillage des bergers illuminés qui prennent en main le destin du troupeau et invente des réthoriques pour charmer et plaire.

    Cette belle langue tout en rouleau qui tente par tous les moyens d'attirer les mouches. Il es malheureux de voir nos enchanteurs politiques discourir en cherchant la saveur qui ralliera le plus de mouches possibles sur le ruban gommé. Il s'agit d'un lancer de ruban au quatre ans! Pourquoi nos politiciens ne travaillent-ils pas à mettre sur pied des processus continus de votation des citoyens au lieu de toujours tenter de nous envoûter avec des discours. Nous avons les moyens technologiques d'exercer le pouvoir de façon davantage collective mais cela effraie nos élites politiques.

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 3 novembre 2014 08 h 07

    Le projet St Laurent

    Donné le fleuve à Trans Canada pour en faire une autoroute du pétrole.

  • François Dugal - Inscrit 3 novembre 2014 08 h 19

    Le gouvernement central

    Le gouvernement central et fédéral ne cédera jamais un pouce sur rien. Penser le contraire est une affabulation délirante ou l'interlocuteur est pris pour une valise.
    Quelquefois, il faut regarder la réalité en face.

  • Robert Beauchamp - Abonné 3 novembre 2014 08 h 48

    Le fonds

    Charles Sirois le bailleur de fonds, Franços Legault le «brailleur» de fond.