Digne des ex-régimes socialistes de l’Europe de l’Est!

Monsieur le premier ministre,

Il est maintenant évident que votre ministre de la santé a l’intention de faire adopter son projet de loi 10 malgré l’opposition généralisée qu’il suscite. La nécessité d’alléger les structures administratives du système ne justifie aucunement le changement majeur projeté par votre ministre. Ce projet de loi, s’il est adopté, va enfermer de façon définitive notre système de santé dans une bureaucratie étouffante. De plus, alors que le système a besoin d’être dépolitisé, comme vous l’avez déjà affirmé, il va l’être davantage. Selon tous les témoignages, il ne fait aucun doute que le projet va déresponsabiliser et démotiver tous ceux qui, à un titre ou autre, travaillent dans des conditions déjà difficiles à offrir les soins et les services dont la population a besoin. Il va aussi écarter des milliers de Québécois et de Québécoises qui apportent leur aide au bon fonctionnement de nos hôpitaux. Enfin, les changements proposés ignorent l’apport considérable et essentiel des organismes communautaires et des aidants naturels auprès des malades chroniques et des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Vous qui avez été ministre de la santé, vous savez qu’il est impossible pour un ministre de gérer à distance un système aussi vaste et complexe que celui de la santé. Vous avez aussi été en mesure de constater l’importance de dépolitiser le système compte tenu des difficiles décisions qui doivent être prises malgré les pressions.

Monsieur le premier ministre, vous devez ramener le projet de loi 10 à son objet premier, soit la simplification des structures administratives régionales de notre système de santé. Autrement, ce projet digne des ex-régimes socialistes de l’Europe de l’Est va donner les mêmes terribles résultats que dans ces pays. De nouveau, j’aurais sincèrement préféré ne pas avoir à vous transmettre cette lettre.

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10 commentaires
  • Yv Bonnier Viger - Abonné 3 novembre 2014 06 h 46

    Privatiser le système

    Il est devenu tellement évident que le projet de loi 10 n'a aucun sens pour tous les gens qui connaissent la gestion des systèmes de santé et de services sociaux, qu'il faut chercher ailleurs que dans le titre du projet de loi pour en comprendre la signification.
    L'idée sous-jacente est fort probablement de déstabiliser le sytème et le rendre tellement inefficace que les propositions des firmes privées qui rodent autour depuis plusieurs années deviendront acceptables et bienvenues.
    Le véritable titre du projet de loi 10 est : Loi pour préparer le démantèlement du système public de santé et de services sociaux et pour favoriser la privatisation de ses secteurs les plus rentables.

  • Sauve stephane - Inscrit 3 novembre 2014 07 h 37

    Vous venez de découvrir le pot aux roses...

    ...à moins que ce soit le pot de vin.

    Couillard a quitté son poste de ministre de la santé en plein milieu de mandat. Pour aller faire quoi ?

    Pour commencer la privatisation du système. Voici ce qu'il disait dans un communiqué de presse après sa démission:

    "«Je suis très heureux d'avoir l'occasion de participer à la croissance de Persistence Capital Partners, un fonds qui vise à améliorer l'efficacité du système dans son ensemble. Nous partageons les mêmes valeurs et objectifs pour les soins de santé au Canada, soit d'offrir des soins de qualité aux patients, en plus de répondre à l'évolution des besoins des usagers du système de santé»"

    Le début de la privatisation de notre système de santé a commencé avec Bouchard. Il s'achèvera avec Couillard et ses complices.

    Hydro-Québec suivra.

    A moins qu'on se lève.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 3 novembre 2014 08 h 03

    Vous êtes braqué sur le maintient du statu quo mon Gastoguay.

    Un bras politique au dessus de la bureaucratie est nécessaire, sinon c'est le règne du ''nous on fait ce qu'on veut'', sans avoir a rendre compte avec l'utilisation des multiples entourloupettes comptables. Le politique, lui, est imputable.

    Écouter le ministre Barette ici, son plan de match est clair et ses arguments tout a fait solides.


    http://ici.radio-canada.ca/emissions/faut_pas_croi

    • Pierre Grégoire - Inscrit 3 novembre 2014 09 h 30

      Le minstre Barrette est à la Santé ce qu'est le ministre Bloduc a l'Éducation.
      Deux administrateurs amateurs qui nous parlent constamment de budgets, de coupures, sans jamais souffler mot des enjeux humains de leurs ministères.
      Un ministre devrait inspirer son personnel, rassurer la population et administrer les dudgets.
      Monsieur Castonguay, alors ministre de la santé, l'a fait avec un brio jamais égalé par aucun de ses successeurs.
      Aussi, quand il se prononce sur la réforme Barette, n'y voyez pas de partisannerie ( les deux sont libérauux ), n'y voyez pas un avis figé dans le temps.
      Quand je lis l'avis de monsieur Castonguay, j'en prends bonne note et lui accorde infiniment plus de crédibilté qu'à monsieur Barrette.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 3 novembre 2014 12 h 59

      « parlent constamment de budgets, de coupures, sans jamais souffler mot des enjeux humains »

      Tout le contraire pour m. Barrette, il donne sans arrêt des exemples qui démontrent que le patient est laissé a lui même a se débrouiller pour trouver les possibilités de suite de traitement. J'ai moi même exprérimenter un ''rappeler dans trois mois pour une prise de rendez-vous'' pour une intervention qui était urgente, et pour apprendre que le service qu'on me conviait a y trouver une place 3 mois plutard était prévu être fermé a ce moment...

      Je ne met aucunement en doute le travail qu'a fait monsieur Gastonguay par le passé, mais cela n'en fait pas le meilleurs des conseillers pour faire évoulé ce système qui peine a plusieurs niveaux.

      Et vous desservez les enjeux humains si vous laisser aller les budgets a la dérive.

  • Robert Beauchamp - Abonné 3 novembre 2014 09 h 09

    La vraie stratégie

    Ce gouvernement qui cherche à «tout» gouverner et diriger a trouvé le truc. La démarche de centralisation efffectuée dans le domaine de la santé semble contraire à la démarche de décentralisation dans le réseau de l'éducation. Qu'en est-il? Sinon qu'en déstabilisant ces deux grands systèmes, cela permettra de justifier des interventions de bureaucrates drectement de Québec, et de politiciens interventionnaistes qui auront finalement l'impression d'avoir mis enfin la main sur ces immenses réseaux. C'est une dé-régionalisation en règle, que pour y parvenir je ne m'y prendrais pas autrement. M. Couillard, vous auriez dû avoir la franchise de nous mettre dans le coup. Mais non, vous ne nous considérez pas sans doute suffisamment intelligents pour comprendre, à moins que vous ne sachiez carrément pas mesurer les impacts de ces décision. Dans les 2 cas vous faites preuve dun manque d'honnêteté intellectuelle flagrant à notre endroi,t de condescendance et d'arrogance.

  • Hélène Paulette - Abonnée 3 novembre 2014 09 h 46

    Merci Monsieur Castonguay...

    Merci, d'abord pour votre système de Santé. Merci ensuite de vous lever, encore et toujours, pour le défendre. Car vous êtes parmi les rares personnes à bien le connaître et le comprendre. Mas dites-moi, franchement, ne regrettez-vous pas d'avoir cédé, à l'époque, à la puissante corporation des médecins et ses menaces et d'avoir accepté qu'ils demeurent des "entrepreneurs" du privé dans un système public, malgré la flagrante contradiction. Contradiction qui prend tout son sens lorsque des médecins deviennent Ministre de la Santé... On peut presque parler de "confliit d'intérêt".